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Groupe national loup : statu quo inquiétant

L'association Eleveurs et Montagnes a participé au Groupe National Loup qui s'est tenu à Paris le mardi 17 mai 2016. Cette réunion s'est soldée une fois de plus par un statu quo inquiétant : rien n'est annoncé pour aider les éleveurs qui font face à une prédation toujours croissante.

En attendant le 36e loup

L'attentisme est aussi de mise pour les loups : alors que 35 bêtes ont été prélevées sur le quota de 36, il faudra attendre le prélèvement du 36e loup pour qu'un nouveau tir de prélèvement puisse être décrété par les préfets. Quand ce quota sera atteint, alors seulement 2 loups supplémentaires seront prélevés, puis à nouveau 2, jusqu'à atteindre le nombre de 6. Ce système alambiqué est censé répondre aux contraintes imposées par l'Europe. Mais le résultat est surtout dramatique pour les éleveurs qui sont laissés sans moyens de défense, seuls face aux loups.

10% de loups en plus par meute

L'ONCFS n'ayant pas communiqué de chiffres globaux sur la population de loups, le GNL n'a annoncé aucun niveau de prélèvement pour 2016-2017. On reste dans le flou alors même que les représentants de l'ONCFS présents au GNL ont reconnu que le nombre de loups par meute est en augmentation d'au moins 10% et que 4 meutes supplémentaires ont été identifiées !
(Voir ci-dessous les chiffres communiqués par l'ONCFS lors du GNL.)

Différer les mesures et éviter les prises de position

L'ONCFS et le Museum d'Histoire naturelle vont se livrer à une nouvelle étude, encore une, censée évaluer si l'espèce est en bonne voie de conservation sans qu'on ait la moindre idée des critères qu'ils vont appliquer. Une seule chose est sûre : le pastoralisme et l'élevage, eux, ne sont pas en bonne voie de conservation du tout et tout le monde semble s'en moquer ! Les résultats de l'étude ne seront pas connus avant des années ! Voilà encore une mesure faite pour temporiser alors que pour les éleveurs, il y a urgence à intervenir.
Incroyable mais vrai, une fois de plus, les éleveurs ont encore été accusés de ne pas savoir se défendre. Et une représentante de la CEREMA est venue nous expliquer que nous ne savons pas nous y prendre avec les loups...Tous ces éléments n'ont qu'un seul but pour le gouvernement : différer les mesures et éviter les prises de position.

Un dialogue inutile

Des projets censés nous aider à faire face à la prédation ressortent du chapeau dont on sait déjà qu'ils n'auront pour effet que d'engraisser des entreprises sur le dos des éleveurs. Pour nous aider à nous défendre, on nous propose... d'installer des cabanes pastorales alors qu'il faudrait déjà améliorer le confort des cabanes existantes !
Nous dénonçons donc une situation qui n'évolue pas et l'absence totale de prise en compte des difficultés des éleveurs. Dans ces conditions, tout dialogue avec le gouvernement s'avère inutile. Nous n'accepterons pas d'être condamnés à subir la prédation sans nous défendre.

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Bilan 2015
Des chiffres accablants

Selon les représentants de l'ONCFS présents au Groupe National Loup, les chiffres de 2015 montrent que les attaques de loups sont en augmentation de 15% sur les communes attaquées de manière occasionnelle auparavant et de 5% sur les communes attaquées plus fréquemment. 24 départements français sont désormais concernés. La région PACA concentre à elle seule 72% des victimes, dont 40% dans les Alpes-Maritimes. Les départements sur lesquels l'expansion et l'augmentation de l'espace occupé par les loups augmentent le plus sont les départements 04, 05, 12, 43 et 48.
Depuis le 31 décembre, les tirs de prélèvement ne sont plus autorisés.

34 meutes dont 4 nouvelles

Entre 2014 et 2015, on est passé de 30 à 34 meutes en France. Le nombre de loups par meute augmente lui aussi. Les 4 nouvelles meutes repérées se trouvent sur les départements 04, 06 et 83.

2437 constats ont été dressés en 2015 et 8941 victimes reconnues, soit 5% de plus qu'en 2014. Les bêtes disparues ne sont toujours pas prises en compte. Les indemnisations ont coûté 2,9 millions d'euros en 2015 et le nombre de victimes est en augmentation.

Quant au coût des mesures de protection, il explose et atteint 18,7 millions d'euros à lui seul. Jusqu'où ira-t-on ?