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Quatre brebis égorgées, un projet d'élevage brisé

Haute Savoie : Le loup attaque au pied des Dents de Lanfon. Au hameau de Villard-Dessus, commune d'Alex, c'était hier jour de deuil. Dans la neige blanche, quatre petites masses sombres alignées. Ce sont Câline, Luna, Moutonne et Noisette. Des moutons d'Ouessant. Presque des peluches.

« Cette défense du loup à outrance, c'est un scandale »

Jean-Baptiste Salignac, jeune éleveur originaire de Charente, n'en finit plus d'avoir les yeux rougis. Dans la nuit, le loup a fait son œuvre, fauchant du même coup quatre vies animales – Prune, blessée, n'était hier soir pas au mieux – et un beau projet d'homme. Celui de créer une bergerie pour cette race ancienne dont on compte seulement 3 000 têtes en France. Un projet à la fibre naturelle, avec tonte écolo et visite pédago. « Je venais juste de louer un terrain de 3000m², on y était. » Mais dans la cour de la maison, les lambourdes et montants de bois qui préfiguraient la naissance prochaine de la bergerie vont prendre la pluie plus longtemps que prévu. Dur à vivre.

« Il y a dix jours, je me suis renseigné auprès de personnes normalement avisées pour savoir s'il y avait des risques avec le loup. Pas de problème. Et voilà ! Cette race ancienne c'est tout ma vie, c'est l'origine du mouton. Avec n'importe quelle autre race vous avez 50 têtes en deux ans, là il y a un agnelage par an et un agneau par agnelage. Et le pire, si encore il avait mangé quoi que ce soit mais non. Ici le loup a tué pour rien. La nature je suis pour à 100 % mais je vous avoue que cette défense du loup à outrance, c'est un scandale. » Colère.

« Pas un seul coup de fil, ça aussi c'est dur »

Et inquiétude aussi. Le grand canidé est venu au plus près de maisons, n'hésitant pas à sauter une clôture haute d'1,20m. Une fois dans l'enclos, un jeu d'enfant. « On les a toujours enfermées, mais c'est une race très rustique, qui a besoin d'être à extérieur. J'ai suivi les traces, ils venaient des Dents de Lanfon. » M. Salignac est formel.

Aujourd'hui, l'éleveur remet tout en cause. Son projet bien sûr, il en rêve encore. Mais ne se voit pas le vivre sous la menace. Permanente, invisible et foudroyante. Pas question de faire venir les 25 autres moutons d'Ouessant qu'il a en Charente. L'homme, extrêmement touché, a besoin de temps. Et de soutien aussi. « Je n'ai pas reçu un seul coup de fil, ça aussi c'est dur. »

Jean-Baptiste Salignac, très ému, en appelle aux messages de soutien. Son adresse : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Article publié par le Dauphiné Libéré le 31 janvier 2012