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Loup : Les éleveurs français et italiens font face à l'unisson

Une première rencontre entre chercheurs et éleveurs franco-italiens sur la prédation s'est tenue le 19 juin 2012. De part et d'autre de la frontière, les éleveurs sont désespérés et réclament une meilleure régulation des populations de loups.

En France, l'Italie est citée comme un exemple de cohabitation réussie entre les bergers et le loup. Les tirs de prélèvement y sont interdits. Pourtant, à Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence), le 19 juin 2012, c'est un tout autre état des lieux qu'ont dressé des chercheurs et des éleveurs italiens, invités par les associations Eleveurs de montagne et Les Indignés de l'Ubaye.

« Vivre avec le loup est impossible, constate Marzia Verona, éleveuse dans le Piémont. Avant, nous ne montions que deux ou trois fois par semaine dans les alpages, ce qui nous laissait du temps pour faire les foins dans la vallée. Désormais, nous devons rester auprès du troupeau jour et nuit. Nous redoutons sans cesse une attaque. »

En Italie, les petites exploitations laitières de 40 à 50 têtes sont encore nombreuses. Or ces éleveurs n'ont pas les moyens de se payer un berger et la présence du loup met en péril leur devenir.

« Les populations sont en constante augmentation, constate Michel Corti, chercheur à l'université de Milan. Les mesures de protection ne suffisent plus. L'an dernier, dans le seul Piémont, on a dénombré 343 ovins et caprins tués, ainsi que 48 bovins, sans parler des cadavres jamais retrouvés. »

Un constat qui rejoint celui des éleveurs français. « Le nombre de pertes explose : 5.000 en 2011, alors que les mesures de protection augmentent de façon exponentielle », s'alarme Laurent Garde, du Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée.

De part et d'autre de la frontière, les éleveurs sont désespérés et réclament une meilleure régulation des populations du prédateur. A l'issue de la rencontre, les participants ont décidé de créer un groupe de travail franco-italien sur le loup.

Des populations sous-évaluées

Français et Italiens contestent les chiffres concernant les populations de loups. « Les méthodes de comptage basées sur les cris et les traces dans la neige ne sont pas fiables, insiste le chercheur Michel Corti. En Italie, les estimations officielles sont comprises entre 600 et 1.000 têtes, alors que nous estimons qu'il y en a plus de 2.000. »

C.H.

Article publié par la France Agricole le jeudi 21 juin 2012