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E&M confirme sa dimension régionale et fédère les éleveurs

ag-em-forcalquier-avril-2013Plus de 300 éleveurs se sont réunis à Forcalquier lundi 8 avril pour assister à l'assemblée générale de l'association E&M. Avec un conseil d'administration qui s'élargit aux professionnels des Alpes maritimes notamment, l'association confirme son implantation régionale et reste leader sur les questions liées à la prédation

Les éleveurs étaient venus de tous les départements de la région PACA mais aussi d'Ariège et même des Pyrénées pour la première assemblée générale de l'association régionale Eleveurs et Montagnes. Preuve que la question du loup continue de fédérer une profession particulièrement éprouvée par sa présence. Suite à cet élargissement, plusieurs éleveurs d'autres départements que le 04, qui a vu naître l'association, ont souhaité faire partie du conseil d'administration. Parmi eux, des représentants des Alpes maritimes, département le plus touché par la prédation l'an dernier, du Var et du Vaucluse.

L'AG a débuté par les interventions d'Yves Derbez, président d'E&M ; « Serrons-nous les coudes et le loup n'aura pas le dernier mot », a-t-il martelé. Il a ensuite redit les avancées réalisées, notamment vis-à-vis du grand public qui commence à changer de regard sur le loup et a être conscient des difficultés des éleveurs. Ce changement est le résultat de la communication entreprise depuis deux ans par l'association. Yves Derbez a insisté sur la vigilance qui est de mise pour s'assurer de l'application du nouveau Plan d'action national loup.

E&M ne s'occupe que de la prédation !

Frédéric Esmiol, seul représentant des chambres d'agriculture de la région PACA à avoir répondu à l'invitation, a ensuite renouvelé tout son soutien aux éleveurs. Yves Derbez a par ailleurs déploré l'absence des représentants de certains syndicats et des autres chambres, rappelant au passage que « l'association E&M ne leur fait pas concurrence mais est complémentaire de leur action ». « E&M ne s'occupe que de la prédation !», a-t-il précisé.

Christophe Castaner, député des Alpes-de-Haute-Provence et Véronique Caron, nouvelle sous-préfète de Barcelonnette, ont ensuite tour à tour redonné la position de l'Etat et estimé que le nouveau Plan d'action loup constituait un progrès par rapport au précédent. Leur départ, juste après leurs discours, a été perçu comme un refus de dialogue de la part des éleveurs.

Obtenir l'application réelle du nouveau plan loup

Personne dans la salle ne se satisfait de la situation actuelle et tout l'enjeu reste maintenant pour E&M d'obtenir l'application réelle du nouveau plan d'action loup 2013-2017. « L'an dernier, ils auraient pu tirer deux loups dans les Monges mais ils n'en ont tiré qu'un, alors que le quota n'était pas atteint, a affirmé un éleveur présent à ce moment-là dans le secteur. Dans ces conditions, à quoi bon fixer un quota de loups à abattre ? »

Bruno Bêche et Louis Dollo, de l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées, ADDIP, ont conseillé eux aussi aux éleveurs de se serrer le coudes. « Sinon, vous êtes morts », leur a asséné Bruno Bêche, rapportant l'expérience vécue par les habitants des Pyrénées avec la réintroduction de l'ours.

Mieux informer les éleveurs

Laurent Garde, écologue au CERPAM, a rappelé que les éleveurs ont massivement respecté les consignes et mis en place les mesures de protection pour un résultat limité. L'augmentation du nombre de victimes interroge sur la maitrise de la situation par l'Etat. Avant que le loup ne considère l'homme comme une proie, il est urgent de lui réapprendre le risque de l'humain.

Selon les représentants des Pyrénées, la présence du loup pénalise non seulement les éleveurs mais aussi tous les utilisateurs de la montagne : les randonneurs et les touristes, les cueilleurs de champignons, etc.

Face à des éleveurs souvent excédés, à bout et désabusés, Yves Derbez a redit la volonté de l'association de les soutenir et de mieux les informer sur leurs droits en cas de présence de loup. Ce sera le principal axe de travail de l'année à venir pour Eleveurs et Montagnes.

Nota: Suite à la diffusion de ce compte-rendu, Laurent Garde nous a demandé de préciser qu'il n'a pas évoqué de risque d'attaques de loups sur l'homme, mais un risque de prédation croissante et de moins en moins maîtrisée sur les troupeaux.