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Foire de Thoard: Yves Derbez demande le soutien de Gilbert Sauvan

DSC 0499 lightLors de son intervention à la Foire aux agnelles et aux béliers de Thoard, mercredi 21 août, le président d'E&M a sollicité le président du Conseil général du 04, Gilbert Sauvan, pour lui demander d'obtenir que les ministres de l'écologie et de l'agriculture viennent sur place se rendre compte des dégâts occasionnés par la présence du loup. Il a également fait le constat que la plan loup est inapplicable sur le terrain.

A la foire de Thoard, le nombre d'éleveurs présents est de moins en moins important, montrant à quel point la profession est mise à mal par la prédation. Témoin, ce GAEC dont les bêtes qui devaient être montrées à la foire brillaient par leur absence : elles ont été dévorées par le loup quelques jours auparavant... Tous les intervenants ont été unanimes pour dire la gravité de la situation, même Mme le Préfet des Alpes de Haute Provence ! Mais comme le dit Yves Derbez, pour autant "rien ne bouge, rien n'avance".

 

Erratum

Suite à la publication dans le discours d'Yves Derbez du paragraphe concernant le tir par l'ONCFS d'un loup organisé dans l'alpage du Col bas, dans la vallée de l'Ubaye, l'ONCFS nous a informés que cette information était fausse puisque l'ONCFS n'a pas participé à ce tir. Nous tenions donc à rectifier et à rétablir la vérité.

 

Discours d'Yves Derbez, président d'E&M

Foire de Thoard, 21 août 2013

 

Madame Le Préfet,
Mesdames vice-président du Conseil régional,

Monsieur le vice-président du Conseil général,Messieurs les élus
Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux d'être à nouveau parmi vous pour cette foire de Thoard. Ça fait déjà plusieurs années que nous nous retrouvons ici. Et chaque année, je vous dis que la profession est menacée par le loup. Chaque année, je tire la sonnette d'alarme. Cette fois-ci, j'aurais bien aimé vous annoncer de bonnes nouvelles... Pour changer... J'aurais bien aimé vous dire enfin que le loup est régulé, que le plan loup est appliqué, que nous pouvons respirer un peu... Malheureusement, ce n'est pas le cas.

Non. Les choses ne s'améliorent pas. En réalité, elles s'aggravent !

Comme vous le savez, l'association Eleveurs et Montagnes avait d'abord choisi le dialogue. Nous pensions que cette voie était la meilleure pour arriver à faire prendre en compte la difficulté de notre situation. Nous avons participé aux réunions du Groupe national loup. D'une certaine manière, nous avons été entendus. L'augmentation du nombre de loups à prélever était un bon signe. 24 loups, ça faisait bien sur le papier ! ça faisait plus riche ! On se disait que c'était déjà mieux que rien...

Mais aujourd'hui, que se passe-t-il en réalité ? Rien ! Absolument rien ! Il faut bien se rendre à l'évidence : rien ne bouge, rien n'avance. Et la situation des éleveurs continue à s'aggraver !

Il y a quelques semaines, on nous avait promis à grand renfort médiatique, l'intervention d'hélicoptères pour localiser des loups dans les Alpes maritimes. Enfin, on allait venir en aide à nos collègues du 06 ! Enfin, on a cru qu'on allait nous soutenir. On a attendu... Et on n'a jamais vu le moindre hélicoptère au-dessus du 06 !
Certains éleveurs ont déjà renoncé et ont abandonné le métier.

Pendant ce temps, les loups changent. Ils sont de plus en plus menaçants. Les hommes craignent pour leur propre sécurité. Ils s'arment aussi pour se défendre au cas où ils seraient eux-mêmes attaqués. Jusqu'où ira-t-on ? Un éleveur attaqué par les loups est tombé dans un ravin en voulant protéger son troupeau. Il est resté inconscient plusieurs heures. Faudra-t-il qu'il y ait un mort pour qu'on fasse quelque chose ?

A force d'être alertés par nos collègues, nous avons fini par lancer un appel au secours au président de la République. Pas pour faire joli ! Mais parce que nous sommes vraiment désespérés. Et nous lui avons juste demandé une bricole, trois fois rien : envoyer les deux ministres de l'écologie et de l'agriculture sur place, juste pour qu'ils voient par eux-mêmes ce qui se passe ici. Ça parait peu de choses pourtant...
Notre appel a été relayé par tous les médias de France et même par les médias étrangers. Que notre président et ses ministres ne nous disent pas qu'ils ne l'ont pas entendu ! Pensez-vous que nous avons reçu une réponse de leur part ? Pas la moindre ! Et leur silence finit par nous faire très mal aux oreilles.

Et en ce qui concerne l'application du plan loup, même constat d'échec ! Les préfets ont bien demandé que des loups soient prélevés mais en vain !

Cela prouve donc que le Plan loup est totalement inapplicable sur le terrain. A quoi bon annoncer 24 loups puisque aucune bête n'est prélevée ? Pas cinq, pas dix, pas quinze... PAS UNE SEULE bête depuis des mois ! Et pendant ce temps, la situation des éleveurs est de plus en plus tendue, les attaques sont en augmentation et les victimes aussi.

Et si jamais l'Etat avait eu l'idée de s'adresser aux louvetiers pour leur demander de faire le boulot, on imagine bien qu'ils ne pourront pas le faire seuls. Ils sont bien trop peu nombreux. Quant aux chasseurs, maintenant que la chasse va ouvrir, ils vont avoir plus envie de chasser du gibier que des loups. Et on les comprend ! En d'autres termes, les loups peuvent dormir tranquilles. Mais nous, nous ne dormons plus.

Je voudrais profiter de sa présence ici pour saluer M. le président du Conseil général et le remercier à nouveau puisque, grâce à son intervention et à celle de Jean-Louis Bianco, nous avons pu rencontrer le ministre de l'agriculture en 2012.
Nous avons alors pu mesurer à quel point Paris est loin des Alpes ! Dans les ministères, on ne mesure pas la gravité de la situation. C'est un problème abstrait, quelques lignes sur un rapport administratif...

M. Sauvan, je me tourne vers vous pour vous demander si vous pouvez obtenir que nos ministres de l'écologie et de l'agriculture fassent le déplacement et viennent nous rencontrer. Je sais que nous pouvons compter sur votre soutien mais le temps presse. Les éleveurs sont à bout. Le temps du dialogue et des belles paroles est révolu. Il nous faut des actes, du concret. Nous sommes en colère. Nous sommes en danger. Il faut que nos ministres le comprennent avant que l'histoire ne finisse TRES TRES mal.