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E&M interpelle les élus à Saint-Firmin

Yves Derbez, président de l'association E&M était présent au départ du championnat de France cycliste des élus, le 13 septembre, à Saint-Firmin (Hautes-Alpes). L'occasion pour lui de demander le soutien des élus aux éleveurs pour obtenir que les ministres concernés viennent sur place se rendre compte de la gravité de la situation de la profession dans la région PACA, mise en grande difficulté par les attaques de loups. Des attaques qui font des victimes parmi les brebis, les chiens et bien d'autres animaux encore. Yves Derbez leur a rappelé que les éleveurs ne sont pas les seuls concernés par le risque loup. A terme, ce sont toutes les activités liées à la montagne qui sont menacées par sa présence en surnombre. Le président d'E&M demande donc que le loup soit enfin régulé, selon les dispositions du plan loup, toujours inappliqué à ce jour.

Discours d'Yves Derbez à l'occasion du championnat de France cycliste des élus

Saint-Firmin, 13 septembre 2013

Mesdames Messieurs les élus
Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux de me trouver aujourd'hui, à Saint Firmin. Ça me donne l'occasion de saluer mes collègues des Hautes Alpes au nom de l'association Eleveurs et Montagnes.
Vous le savez, les éleveurs du sud de la France sont en très grande difficulté à cause des attaques de loups. Il y a quelques jours encore, près du col du Parpaillon, un éleveur a subi deux attaques entre la fin de la semaine dernière et le début de cette semaine. En plus des brebis tuées, 75 de ses bêtes ont disparu et 2 de ses patous sont blessés. Ça fait un éleveur de plus qui envisage d'abandonner le métier. Les loups attaquent partout, sans arrêt, nuit et jour, dans certains secteurs, plusieurs fois par semaine. Brebis, vaches, chiens, chats, chevaux... tout est bon pour le loup.
Aujourd'hui, je m'adresse à vous, élus des Hautes-Alpes et d'autres départements, vous qui êtes venus aujourd'hui profiter des beautés de nos montagnes.
Nous, les éleveurs, avons besoin de votre soutien pour arrêter la prolifération du loup. Nous ne sommes pas les seuls à être menacés. Comme nous, tous ceux qui VIVENT de la montagne, tous ceux qui HABITENT la montagne sont concernés.
Nous risquons tous, si rien n'est fait, de voir notre activité anéantie, à cause du loup. Quand les touristes sauront qu'ils risquent d'être suivis par des loups, ils déserteront nos stations de ski. Les randonneurs y regarderont à deux fois avant de partir en montagne... La peur du loup, nous la vivons déjà quotidiennement. Le grand public va bientôt la découvrir à son tour.
Le loup menace ces sites magnifiques sur le plan écologique et économique. Ces paysages qui nous entourent sont le résultat d'un équilibre façonné par l'homme depuis des millénaires. Si vous ne faites rien, le pastoralisme disparaitra, et avec lui, non seulement une filière économique rentable, qui fait vivre nos vallées, mais également tout un équilibre naturel.
En pleine crise économique, on a cru que défendre nos emplois serait une priorité... Mais non. En France, le loup compte plus que nos emplois ! On préfère le laisser se multiplier au-delà du raisonnable, quel que soit le prix à payer pour nous.
Comment voulez-vous qu'un jeune s'installe s'il sait que le loup risque d'anéantir tout son travail ? Comment lui faire admettre qu'il devra veiller sur ses bêtes nuit et jour, sans répit, travailler plus de 80h par semaine, abandonner toute vie de famille, pour lutter contre le loup ?
Nous avons fait preuve de beaucoup de patience et de bonne volonté. Nous avons participé à l'élaboration du Plan d'action national loup. Pour quel résultat ? 24 loups à abattre, soi-disant. Un chiffre purement théorique. En fait, le plan loup est inapplicable. Les tirs de défense renforcés n'aboutissent pas.
Nous demandons aux ministres de l'écologie et de l'agriculture de venir sur place, se rendre compte par eux-mêmes de ce qui se passe ici. Mesdames et Messieurs les élus, je vous demande de relayer cet appel, de faire entendre la voix des habitants des Alpes jusqu'à Paris.
Le temps presse. Il nous faut des actes, du concret !
Nous sommes en COLERE.
Nous sommes en DANGER.
Nous sommes à BOUT.
Il faut que nos ministres le comprennent avant qu'il ne soit trop tard ! Aidez-nous !