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Italie – Le loup bouleverse l'organisation pastorale des vallées

Contrairement à ce qui se dit en France, les choses ne se passent pas bien non plus en Italie. Démonstration faite lors d'une rencontre entre éleveurs et associations dans le Piémont italien, début septembre

Le loup était au centre des échanges qui se sont déroulés dans le Piémont italien, les 7 e t8 septembre dernier, dans le cadre d'une rencontre organisée par l'association Amamont entre plusieurs associations italiennes et suisses.
Le dimanche 8 septembre, la vallée Grana, au nord-ouest de Cuneo, a reçu la délégation dans le musée ethnographique de Coumboscuro.
Le loup est présent dans le Piémontais depuis une dizaine d'années. En Italie, les éleveurs se posent les mêmes questions qu'en France : pourquoi les premiers loups qui seraient arrivés "naturellement" en France depuis l'Italie en 1992, ne se sont-ils pas arrêtés sur ces contreforts piémontais si propices à leur espèce ?

L'embroussailement gagne du terrain

Historiquement, il y avait autrefois une grande rivalité entre les vallées basses (pauvres) et les vallées hautes (riches). Si les vallées hautes possédaient quelques parcelles de châtaigniers dans les vallées basses, elles gardaient jalousement en revanche ses larges espaces pastoraux des altitudes. Aujourd'hui, avec une pointe d'ironie, les intervenants ont fait remarquer que le loup a au moins réussi à réunir les vallées hautes et basses dans une lutte commune !
Il y a 10 ans encore, dans le piémontais il était très commun de trouver de petits groupes d'ovins, de 5 à 10 brebis "tondeuses" chez la plupart des propriétaires et dans les petites exploitations pluri-agricoles. L'été, l'ensemble des groupes, petits et moyens, était réuni sous la garde d'un berger. Le loup a détruit cette tradition et par là même l'entretien des petites parcelles - l'embroussaillement gagne chaque année de plus en plus de terrain.
Dans le Piémontais, toute l'organisation a changé : les grands troupeaux réunissant plusieurs propriétaires se font de plus en plus rares. Même les groupements de 200 brebis sont décimés, surtout par temps de brouillard.

Veaux et mules attaqués

Un éleveur a remplacé ses ovins par des bovins au fond d'une des vallées, pensant qu'il aurait moins de problèmes. Mais les loups ont attaqué plusieurs de ses veaux cette année ainsi qu'une mule. Les Italiens ont remarqué que la taille des meutes s'agrandit, signe que les loups sont bien nourris.
En Italie aussi, le loup change aussi de comportement. Il n'hésite plus à attaquer près des bâtiments. Au nord des Appenins, les loups ont attaqué 4 chiens de protection. "Une raison de plus de ne pas s'embarquer avec les chiens de protection", estiment les éleveurs piémontais. Contrairement aux éleveurs des Abruzzes, les Piémontais rechignent à prendre des chiens de protection.
Pour clore la rencontre, la délégation a proposé que l'on crée un parc ethnographique pour sauver l'homme, l'élevage et la montagne d'extinction, un parc pour sauver les derniers mohicans alpins ! http://www.ruralpini.it/Inforegioni-09.09.13-ZPS-a-salvaguardia-del-montanaro.htm

http://www.alteterre.org/2013_03_01_archive.html