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Défense passive

Défense passive

Article publié le 11 septembre 2013 par Vosges Matin

UN JOUR, UNE HISTOIRE - La Bresse Plusieurs fois victime du loup, l'éleveur vosgien de brebis Jean-Yves Poirot dispose d'un droit de tirer sur le canidé. « Un soulagement intérieur », dit-il

LA CARABINE À CANON LISSE est dans la voiture, prête à servir. L'année dernière déjà, la préfecture des Vosges avait autorisé Jean-Yves Poirot à utiliser une arme pour protéger son cheptel, mais ce droit était temporaire. Cette fois, il peut dégainer jusqu'au moment où le rude climat du vieux massif l'obligera à rentrer ses 350 brebis à la bergerie, pour l'hiver. « Soit fin novembre, début décembre, si le temps le permet », dit-il. Bref, encore plusieurs semaines d'angoisse. Et en cas de raid meurtrier, le retour des constats, de la paperasse, de la polémique et de la presse. Les médias, le Bressaud de 42 ans les a longtemps côtoyés autrefois, mais pas pour la même raison. Athlète de haut niveau en ski nordique, il s'est frotté aux cadors de la discipline sur les parcours enneigés de France et d'ailleurs. La compétition lui a forgé une jolie notoriété et cette solide expérience qu'il décline désormais aux autres à l'école de ski de Gérardmer grâce à ses diplômes de moniteur de glisse. Comme beaucoup d'autres montagnards, Jean-Yves Poirot a donc deux jobs : l'hiver sur les pistes, le reste de l'année dans sa ferme.

« J'ai même sollicité l'armée...»

Mais avant ce mois de mai 2011 et la mort d'un agneau puis d'un poulain victime des crocs du canidé, jamais il n'aurait pensé qu'un sport très différent du sien le rattraperait. « Je ne suis pas chasseur, mais j'ai pratiqué le biathlon. Je sais à peu près viser », sourit-il, conscient de la très maigre probabilité d'atteindre une cible douée pour se fondre dans le paysage. « Le loup est malin, mais ce droit est un soulagement intérieur, il me permet au moins de ne pas rester les bras croisés quand mes moutons se font bouffer ». Pour l'éleveur, le tir à canon lisse prévu dans le Plan loup de l'État, « n'est qu'un moyen de défense passive, sans plus, et l'augmentation du quota de prélèvement à 24 loups est inefficace s'il n'est pas effectivement respecté ». Président du syndicat ovin de son département, l'homme est en phase avec l'ensemble de ses collègues : « la cohabitation avec le prédateur est impossible. J'ai un chien Patou, j'ai renforcé l'électrification des clôtures de mes parcs, je dispose aussi d'un aide-berger, mais j'ai encore subi 9 attaques pour 14 moutons tués cet été. J'ai aussi sollicité les militaires pour des manœuvres autour de mes parcs avec des armes chargées à blanc, mais un gradé m'a expliqué que l'armée avait d'autres chats à fouetter... ». Depuis 2011, le Bressaud a perdu une cinquantaine de bêtes. Un coût financier qu'il évalue à 5.000 euros ou « l'équivalent de 65 agneaux non vendus ». Il a certes obtenu « 1.500 euros d'indemnisation, mais quid des 20 % à payer de ma poche pour l'aide-berger et les pertes indirectes ? Les nuits blanches, le stress des brebis, l'agnelage en berne, toute cette galère psychologique, les défenseurs du loup ne la vivent pas à notre place ». Cet été, des louveteaux sont nés quelque part dans la montagne...

1971 : naissance à Épinal

1989 : Brevet de technicien agricole

1993 : salarié dans l'exploitation familiale

1994 : diplôme de ski nordique

1998 : diplôme de ski alpin à Chamonix

2004 : succède à son père à la tête de la ferme

2011 : premières attaques, 38 bêtes tuées

2012 : 10 attaques, 15 victimes

2013 : 9 attaques, 14 moutons tués

Patrice COSTA

Vallées - Loup : L'arrêté préfectoral de prélèvement d'une bête court jusqu'au 20/9

Vallées - Loup : L'arrêté préfectoral de prélèvement d'une bête court jusqu'au 20/9

Article publié par Haute-Provence-Info le 10 septembre 2013

L'arrêté concerne une partie du Haut-Verdon
L'arrêté préfectoral émanant de la préfecture des Alpes de Haute-Provence N° 2013-1810 pris le 19 août dernier autorisant le prélèvement d'un loup (male ou femelle, jeune ou adulte) sur les territoires pastoraux des communes de la Mure-Argens, Saint-André les Alpes – Thorame Basse et Haute- en rive droite du Verdon et au sud et à l'est de la route départementale D2 court jusqu'au 20 septembre 2013. Soit 10 jours encore. Le tir de prélèvement –l'arrêté stipule la liste des personnes autorisées et les modalités- peut avoir lieu de jour comme de nuit jusqu'à cette date et dans la mesure où les troupeaux sont exposés à la prédation de canis lupus.

Rappelons pour mémoire que de lourds dommages chez un éleveur ont été constatés fin août à la Javie (Pays Dignois) et que d'après les témoignages, le loup ne serait pas étranger à cette prédation.

 

SAVOIE - Un troupeau d'ovins attaqué par un loup à Bessans

SAVOIE - Un troupeau d'ovins attaqué par un loup à Bessans

Article publié par Le Dauphiné Libéré le 10 septembre 2013

Emmanuelle Courtet: "il nous manque 30 agneaux et 17 brebis" Deux brebis tuées, trois blessées, près de vingt toujours recherchées
Aux portes du village lundi matin, un troupeau de brebis de race Thônes-et-Marthod, appartenant à Martial Zanellatto et Emmanuelle Courtet, présidente du Groupement intercantonal de développement agricole de Haute-Maurienne, a été attaqué par un loup que plusieurs témoins ont observé, soit à l'oeil nu, soit à la jumelle. L'agitation du troupeau a été constatée depuis le village, mais le temps que l'éleveur parvienne sur les lieux, à pied, les dégâts étaient déjà importants, avec des agneaux dévorés et le troupeau dispersé. On recense d'ores et déjà deux brebis tuées, trois blessées dont une embarrée, et 17 recherchées, ainsi que 30 agneaux.

L'attaque a eu lieu tout près du village, en limite du Parc national de la Vanoise. Ce qui a pu être rassemblé du troupeau a été redescendu au village, avec près d'un mois et demi d'avance sur les prévisions, ce qui risque d'impacter lourdement l'exploitation puisqu'il faudra nourrir les bêtes plus longtemps au lieu de les laisser pâturer.
Frédéric THIERS

"Le loup est revenu" - avant-première à la foire de Barcelonnette

couverture-le-loup-est-revenuGrâce au nouveau livre écrit par Anne Vallaeys, le loup devient la vedette de la rentrée littéraire 2013. Le nouveau livre d'Anne Valleys édité par Fayard sera disponible dans toutes les librairies à compter du 2 octobre prochain. A noter qu'il sera présenté en avant première à Barcelonnette, à l'occasion de la foire de la Saint-Michel, samedi 28 septembre. L'auteure donnera une conférence suivie d'une séance de dédicace.

Son récit s'appuie sur une abondante bibliographie, des analyses sérieuses, mais aussi de nombreux témoignages sur la vie en montagne recueillis notamment dans la Vallée de l'Ubaye. Yves Derbez, président d'Eleveurs et Montagnes, a fait partie des éleveurs rencontrés par l'auteure. L'ouvrage se lit comme un roman et sensibilisera le grand public aux problèmes posés par le retour des loups.

 

Présentation du livre par l'éditeur

La bergère humecte la cigarette qu'elle vient de rouler. «C'est harassant, dit-elle, d'avoir le loup comme adversaire.»
Canis lupus est revenu... Sur l'ensemble des massifs alpins, des Pyrénées au Cantal, jusqu'en Vosges, dix-neuf meutes sauvages peuplent vingt-neuf « territoires à loups». Mais l'expansion géographique du loup se mesure surtout en milliers d'ovins tombés sous ses crocs. Symbole d'une nature reconquise pour ses partisans, cauchemar pour les gardiens de troupeaux, la réapparition du prédateur divise dans les alpages. La montagne serait-elle redevenue le lieu d'un combat? Troupeaux et bergers devront-ils déserter, abandonner les estives au profit du sauvage, dévoreur de brebis?

Anne Vallaeys a parcouru les confins du Mercantour, en Ubaye, où depuis toujours vivent des générations de bergers et d'éleveurs. Sur la trace des loups, jour après jour, la voyageuse a gravi les vallons, contourné les falaises et les précipices. Pour comprendre...
Son récit ébranle les représentations convenues du prédateur séduisant, le loup, et de ses proies, les brebis. Il démonte les stéréotypes et les faux-semblants d'une nature « vraie » qui aurait tous les droits. 

Lauréate du prix Joseph-Kessel pour Médecins sans frontières, la biographie (Fayard), Anne Vallaeys est l'auteur entre autres, de Dieulefit ou le miracle du silence (Fayard).

 

Ndlr: Elle a également co-écrit avec Alain Dugrand la saga des "Barcelonnettes", énorme succès en librairie.

 

Le loup est revenu, éditions Fayard, 19 € TTC

Italie – Le loup bouleverse l'organisation pastorale des vallées

Contrairement à ce qui se dit en France, les choses ne se passent pas bien non plus en Italie. Démonstration faite lors d'une rencontre entre éleveurs et associations dans le Piémont italien, début septembre

Le loup était au centre des échanges qui se sont déroulés dans le Piémont italien, les 7 e t8 septembre dernier, dans le cadre d'une rencontre organisée par l'association Amamont entre plusieurs associations italiennes et suisses.
Le dimanche 8 septembre, la vallée Grana, au nord-ouest de Cuneo, a reçu la délégation dans le musée ethnographique de Coumboscuro.
Le loup est présent dans le Piémontais depuis une dizaine d'années. En Italie, les éleveurs se posent les mêmes questions qu'en France : pourquoi les premiers loups qui seraient arrivés "naturellement" en France depuis l'Italie en 1992, ne se sont-ils pas arrêtés sur ces contreforts piémontais si propices à leur espèce ?

L'embroussailement gagne du terrain

Historiquement, il y avait autrefois une grande rivalité entre les vallées basses (pauvres) et les vallées hautes (riches). Si les vallées hautes possédaient quelques parcelles de châtaigniers dans les vallées basses, elles gardaient jalousement en revanche ses larges espaces pastoraux des altitudes. Aujourd'hui, avec une pointe d'ironie, les intervenants ont fait remarquer que le loup a au moins réussi à réunir les vallées hautes et basses dans une lutte commune !
Il y a 10 ans encore, dans le piémontais il était très commun de trouver de petits groupes d'ovins, de 5 à 10 brebis "tondeuses" chez la plupart des propriétaires et dans les petites exploitations pluri-agricoles. L'été, l'ensemble des groupes, petits et moyens, était réuni sous la garde d'un berger. Le loup a détruit cette tradition et par là même l'entretien des petites parcelles - l'embroussaillement gagne chaque année de plus en plus de terrain.
Dans le Piémontais, toute l'organisation a changé : les grands troupeaux réunissant plusieurs propriétaires se font de plus en plus rares. Même les groupements de 200 brebis sont décimés, surtout par temps de brouillard.

Veaux et mules attaqués

Un éleveur a remplacé ses ovins par des bovins au fond d'une des vallées, pensant qu'il aurait moins de problèmes. Mais les loups ont attaqué plusieurs de ses veaux cette année ainsi qu'une mule. Les Italiens ont remarqué que la taille des meutes s'agrandit, signe que les loups sont bien nourris.
En Italie aussi, le loup change aussi de comportement. Il n'hésite plus à attaquer près des bâtiments. Au nord des Appenins, les loups ont attaqué 4 chiens de protection. "Une raison de plus de ne pas s'embarquer avec les chiens de protection", estiment les éleveurs piémontais. Contrairement aux éleveurs des Abruzzes, les Piémontais rechignent à prendre des chiens de protection.
Pour clore la rencontre, la délégation a proposé que l'on crée un parc ethnographique pour sauver l'homme, l'élevage et la montagne d'extinction, un parc pour sauver les derniers mohicans alpins ! http://www.ruralpini.it/Inforegioni-09.09.13-ZPS-a-salvaguardia-del-montanaro.htm

http://www.alteterre.org/2013_03_01_archive.html

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