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Attaque de loups à Méolans, carnage chez un éleveur le 16 juillet 2011

Alpes : loups, l'attaque de trop ?

Publié dans La Provence le dimanche 17 juillet 2011 à 16H41

Cette année, 400 bêtes ont déjà été tuées par le loup. L'attaque la plus meurtrière a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi à Méolans, en Ubaye. Éleveurs et élus montent au créneau. Nathalie Kosciusko-Morizet a été saisie

Dans la nuit de vendredi à samedi, que des loups ont attaqué un troupeau de presque 600 têtes. Au 16 juillet, 389 bêtes ont été tuées par le loup et 40 bêtes portées disparues.

C'est sans doute l'attaque la plus meurtrière de ces dernières années. Et peut-être l'attaque de trop pour des éleveurs qui vivent depuis des années dans les Alpes du Sud avec la peur du loup. "Un vrai carnage", commente Emile Tron, le maire de Méolans-Revel. C'est sur cette commune de la vallée de l'Ubaye, à 1300 mètres d'altitude, dans la nuit de vendredi à samedi, que des loups ont attaqué un troupeau de presque 600 têtes, rassemblé dans un parc électrifié.

Une brebis et un agneau ont été dévorés, 38 agneaux ont été tués et presque autant, blessés, ont dû être euthanasiés. Un crève-coeur et une perte financière sèche pour Yves Derbez qui, depuis 2004, fait pâturer les mères et les agneaux dont la production a obtenu le label rouge, agneau de Sisteron, sur les terres de Méolans. "Nés au mois de juin, ils restent ici jusqu'à fin août avant de rejoindre le reste du troupeau, au vallon du Laverq", explique-t-il.

"Un massacre"

C'est Sandra Occelli, sa bergère depuis deux ans, qui a découvert le "massacre". "Je suis arrivée vers 7h30 et j'ai constaté que le parc était vide et défoncé. Je n'entendais plus les mères et leurs petits alors j'ai cherché. J'ai retrouvé le bétail et des cadavres éparpillés sur un rayon de 800 mètres", raconte cette fille d'éleveur. Selon le constat réalisé par les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, cette attaque aurait été orchestrée par une louve et ses petits.

"Pendant que la mère mangeait la brebis, les petits apprenaient à chasser sur les agneaux", raconte le berger. Hier soir, cet éleveur n'avait d'autre alternative que d'imposer à son bétail, affaibli, deux heures et demi de marche pour rejoindre la bergerie où il sera enfin à l'abri. Mais les craintes d'Yves Derbez et d'Émile Tron se portaient vers un autre troupeau stationné à quelques minutes de marche de son alpage. Et c'est chaque fois la même histoire....

"Une situation critique"

Depuis le début de l'année, près de 400 bêtes ont été tuées. La colère monte d'un cran dans les alpages et le député-maire UMP de Sisteron, Daniel Spagnou, l'a relayée hier en écrivant une (nouvelle) lettre à la ministre de l'Écologie, en charge du plan loup. Il y décrit une "situation critique".

"Le prédateur est de plus en plus près des maisons et attaque maintenant en plein jour. Sans des vraies mesures radicales pour la survie de l'élevage (extensif-de qualité label rouge agneau de Sisteron-vitale économiquement avec le premier abattoir ovin d'Europe), c'est toute une filière structurée, éco-responsable, pourvoyeuse de plusieurs milliers d'emplois que vous condamnez". Et d'annoncer que, sans réponse du ministère, les bergers des Alpes du Sud pourraient bien organiser une transhumance inédite cet été, sous ses fenêtres.

Sylvie ARNAUD