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Les éleveurs face aux prédateurs

Les éleveurs face aux prédateurs

Depuis une vingtaine d'années, l'arrivée des prédateurs a complétement bouleversé l'organisation du travail en alpage.

Voilà pourtant des siècles que l'homme transhume de la plaine vers la montagne. La saison d'été est rude avec un soleil intense et des pluies qui se font oublier. Aussi, l'herbe de basse altitude devient-elle de plus en plus sèche et de moindre qualité. C'est pourquoi les troupeaux montent en alpage, où l'herbe est plus grasse et plus abondante. Pendant ce temps, grâce à cette période d'estive, tandis que le berger payé par les propriétaires des brebis veille sur les troupeaux, les éleveurs peuvent commencer à récolter leurs fourrages et leurs céréales.

Les multiples attaques ont poussé les éleveurs et les bergers à modifier leur façon de travailler. Pour les bergers, il est devenu impossible de laisser les brebis seules ne serait-ce qu'un instant, la présence du loup étant constante.

Les « couchades » naturelles pour les troupeaux ne sont plus possibles. Les brebis sont redescendues chaque soir dans des parcs cernés par des filets électrifiés. Les éleveurs ont été contraints d'investir dans des chiens de protection du fait des attaques à répétition : les patous.

Les attaques de loups provoquent un véritable désastre au sein du troupeau qui va bien au-delà des victimes directes des prédateurs : avortements, stress, blessures, brebis égarées sont courants.

A ce jour, les attaques continuent et la population de loups ne cesse d'augmenter. Chaque début d'estive est maintenant assorti d'une certitude pour les éleveurs : aujourd'hui, les loups sont dans les montagnes et les attaques vont s'intensifier aussi dans les plaines durant l'automne et le printemps. Bergers et éleveurs se sentent incapables de faire face à ce fléau.

Il fut un temps où l'homme avait éradiqué les prédateurs. Aujourd'hui, la simple évocation d'une régulation des spécimens par des prélèvements semble déranger. Pourtant, les troupeaux entretiennent les espaces que tant de gens savent apprécier, la viande produite sur ces alpages permet de nourrir toute une population. Si demain les troupeaux devaient laisser la place aux loups, que deviendraient les éleveurs et que deviendraient ces espaces tant prisés ?