Eleveurs et prédations Eleveurs et Montagnes - Actualités et informations sur le pastoralisme, l'élevage et les difficultés liées à la prédation par le loup dans les Alpes http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations Tue, 02 Jun 2020 00:49:35 +0000 Oyopi CMS v6.1.25 fr-fr L’élevage pastoral face au Loup - Conférence de Laurent GARDE le 26/10/2013 à La Palud sur Verdon http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/977-lelevage-pastoral-face-au-loup-conference-de-laurent-garde-le-26102013-a-la-palud-sur-verdon http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/977-lelevage-pastoral-face-au-loup-conference-de-laurent-garde-le-26102013-a-la-palud-sur-verdon

Conférence de Laurent GARDE (CERPAM) le 26/10/2013 à La Palud sur Verdon (04)

“L’élevage pastoral face au Loup”

Préambule :

Laurent GARDE est écologue et technicien pastoral au Centre d’Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée (CERPAM, cf. www.cerpam.fr), structure reconnue pour son expertise en élevage au niveau national. Il a organisé récemment le séminaire “Protéger les troupeaux contre la prédation - De l'alpage à l'exploitation” qui s’est tenu les 3 et 4 juin 2013 à Valdeblore (06) et coordonné l’ouvrage édité par le CERPAM et Cardère Editions “Protection des troupeaux contre la prédation” paru en Janvier 2013.

La conférence du 26/10/2013 à La Palud sur Verdon s’inscrit dans un contexte de présence de 3 ou 4 nouvelles meutes de loups sur le territoire du Verdon (confirmées sur Canjuers Ouest, Soleilhas et Argens, très probable sur le Montdenier, cf. réunion du Groupe National Loup du 14/10/2013).

Plus de 150 personnes étaient présentes à la conférence avec une forte participation d’éleveurs du Var et des Alpes de Haute Provence mais également des Alpes Maritimes.

Résumé de la conférence :

La première partie de l’exposé a montré comment la fabrication contemporaine du “mythe du loup gentil” par les amis du prédateur repose sur un étonnant paradoxe : le loup n’aurait jamais attaqué l’homme, mais nos anciens auraient connu une peur panique de l’animal. Les textes montrent au contraire que les ruraux avaient une connaissance pratique d’un loup généralement inoffensif pour l’homme (ex : “les loups fuyaient à vue”), dont il fallait craindre seulement la déviance de comportement pouvant entraîner chez de rares individus des attaques mortelles comme celles recensées par l’historien Jean-Marc Moriceau (quelques milliers de cas étalés dans toute la France et sur trois siècles et demi). L’objectif réel de ce mythe du loup gentil est de disqualifier comme irrationnels ceux qui ne veulent pas du loup pour les dégâts qu’ils causent sur les troupeaux.

Lorsque les premières attaques surviennent sur des troupeaux domestiques la responsabilité de “chiens errants” est fréquemment évoquée. Or si des problèmes de chiens divaguant peuvent exister (chiens que l’on voit, souvent un chien du voisinage que l’on connaît) le “chien errant” n’existe pas en tant qu’animal subsistant seul dans la nature (cf. enquêtes de terrain menée sur 293 troupeaux représentant 145 000 ovins). Des chiffres cités par des associations de défense du loup ont été inventés et s’avèrent 10 à 30 fois supérieurs aux résultats recensés.

La stratégie européenne (Conseil de l’Europe / Directive Habitat) s’est attachée au développement des prédateurs sauvages (“Guilde des prédateurs” concernant : lynx, ours, glouton, chacal, loup). La population de loups est estimée entre 12000 et 15000 individus au niveau de l’Europe (hors ancienne Union soviétique). Il y a un souhait d’établir des connexions entre les différentes populations (Italie, France, Suisse, Espagne, Balkans, Etats Baltes, Scandinavie) afin de reconstituer une population européenne et un brassage génétique (les Vosges étant ainsi un carrefour).

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Vers 1800 la population de loups en France était estimée à 5000 individus, soit une 50 à 100 par département. Les concentrations les plus fortes se trouvaient en Bretagne et sur une diagonale centre ouest / nord est en zone de moyenne montagne. 100 000 ovins étaient tués par an, soit 20 ovins tués par loup et par an. Les départements dans lesquels le loup est réapparu en 1er (territoires du sud est avec présence d’ovins) ont quasiment reconstitué leur densité historique.

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La “crise de l’élevage ovin” n’impacte pas les zones de montagne (Alpes, Pyrénées, Vosges) dans lesquelles le nombre d’ovins n’a pas chuté (au contraire des zones comme le Limousin ou le Poitou Charente, régions qui disposent d’alternatives à l’élevage ovin). Avec une augmentation douce du cours de l’agneau, la filière ovine n’est pas une filière à l’agonie. La spécificité en région Provence-Alpes-Côte d’Azur est la présence d’un élevage très pastoral, basé en moyenne à 71 % sur les parcours, 17% sur les prairies permanentes et 12% sur le distribué (fourrages, concentrés). Les parcours sont vitaux pour la survie de cet élevage.

Des moyens de protection des troupeaux ont été mis en place dans les zones sujettes à la prédation. Lorsqu’une meute de loups est territorialisée une protection toute l’année est nécessaire, 24h / 24, 7 jours / 7. Les 2 niveaux de protection minimum sont : la nuit un parc électrifié + chiens de protection, le jour gardiennage + chiens ou clôtures électrifiés + chiens. Des parcs de pâturage sécurisés deviennent nécessaires (clôture en 5 fils bien électrifiée et nécessitant entretien régulier). Si l’on parvient à sécuriser les parcs de pâturage on évite d’affecter la conduite en lots. Mais les contraintes sont fortes comme le risque de présence de chiens sans berger, l’entrave à la faune sauvage ainsi que le coût très élevé de ce type de parcs, et les réticences nombreuses chez tous les acteurs. Personne ne sait réellement comment on va pouvoir gérer sur les exploitations soumises à la prédation toute l’année. Dans le passé le regroupement des bêtes dans des parcs ou des bâtiments était nécessaire pour une production économique (traite pour le lait ou fumier). La main d’œuvre était également bien plus abondante, sans exigence sociale. Enfin la pression de destruction des loups était forte. Actuellement les moyens de protection garantissent de moins en moins une sécurité des troupeaux et on peut difficilement envisager le retour à des conditions de vie du Moyen âge.

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L’analyse de l’évolution du nombre d’attaques montre une très forte augmentation pendant une dizaine d’années, puis une stabilisation en 2005-2008 due à la généralisation des moyens de protection. Mais depuis 2009, l’augmentation est à nouveau très forte. Elle est centrée sur les départements 04 - 06 - 83. En effet, sur la haute montagne non méditerranéenne, la situation est “globalement maîtrisée” mais il y a un problème centré sur les montagnes méditerranéennes (estives plus boisées, troupeaux dehors toute l’année, conduite étalée en raison de la présence d’agneaux au pâturage, 40 % de parcours boisés).

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Cette brutale dégradation s’explique par des changements de comportement du loup avec des attaques en plein jour, en présence du berger. Le loup adapte son comportement en fonction du ratio risque / profit. En l’absence de risque, il insiste vers les troupeaux et apprend à déjouer les moyens de protection qui sont ainsi dévalués. Il y a adaptation du loup à l’attaque de troupeaux et perte d’efficacité des moyens de protection, d’autant plus que ce comportement est transmis aux jeunes. A titre d’exemple en Roumanie 450 loups sont tués légalement par an en Roumanie (abattage par garde-chasse), 400 en Espagne. En France “on a fabriqué une aberration”, il y a une perte de la maîtrise de la situation. Les choses se jouent au niveau européen (déclassement de la directive Habitat) mais la révision ne peut être que globale avec accord des 28 Etats.

La vision de l’homme présent en montagne, façonnant les paysages, créateur de produits de terroir entre en opposition avec une vision “d’ensauvagement des massifs” de type Yellowstone aux Etats-Unis transposée en France.

 

 

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web@oyopi.com (Super User) Les éleveurs face à la prédation Mon, 18 Nov 2013 13:07:27 +0000
Une étude sur l'impact du loup dans le massif des Glières http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/434-une-etude-sur-limpact-du-loup-dans-le-massif-des-glieres http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/434-une-etude-sur-limpact-du-loup-dans-le-massif-des-glieres Annecy et sa région

Massif des Glières : une étude sur l'impact économique et environnemental du loup

Article publié par l'Essor savoyard jeudi 31 mai 2012

Le loup a fait son grand retour dans le massif des Glières. Les acteurs de la question se sont réunis dernièrement pour lancer une grande étude sur l'impact de la présence de l'espèce. Le loup a fait son grand retour dans le massif des Glières. Les acteurs de la question se sont réunis dernièrement pour lancer une grande étude sur l'impact de la présence de l'espèce. Associations de chasseurs, environnementales et acteurs principaux de la question ont décidé de lancer conjointement une étude sur les conséquences de la présence du loup dans le massif des Glières. Les résultats sont attendus pour la fin de l'année.

Il y a quelques jours, une première réunion s'est tenue avec les principaux acteurs de la question du loup aux Glières. Étaient présents, les présidents des associations communales de chasse agréée (ACCA) du massif des Glières, l'Office national des forêts, la chambre d'agriculture, les Jeunes agriculteurs, la FDSEA (fédération départementale des syndicats exploitants agricoles), le service économique agricole 74, des lieutenants-louvetiers... Et également le président de la fédération des chasseurs de la Haute-Savoie, André Mugnier.

Ensemble, ils ont approuvé et lancé un projet d'étude sur la présence du loup dans le secteur. « Depuis son retour en 2004 en Haute-Savoie sur le massif des Glières, les acteurs de ce milieu montagnard se posent des questions sur les impacts positifs et négatifs du loup et cherchent à avoir des réponses à leurs questions », analyse André Mugnier.

Approche sur la gestion de l'espèce

Le département avait connu en 2009, suite à la présence d'une meute importante de loups (9 individus au minimum, selon les estimations faites de l'époque), ce qui avait engendré un fait sociologique conséquent vis-à-vis de cette population. Pour éviter qu'une telle situation conflictuelle ne se reproduise, le président de la fédération des chasseurs de Haute-Savoie a estimé qu'il fallait lancer cette année une étude "loup" sur le territoire des Glières et des Aravis. « Cette étude, en partenariat avec d'autres acteurs locaux, constituera une base d'information sur le retour du loup sur le département et permettra d'avoir une approche sur la gestion de l'espèce », confirme André Mugnier.

Une stagiaire, qui s'occupe aussi du plan Médialoup (initiative nationale), a été embauchée pour gérer cette étude. Un état des lieux du massif des Glières va donc être réalisé sur différents milieux et acteurs du territoire. « On veut voir quel a été l'impact de l'arrivée du loup sur les plans économique, environnemental, sociétal. Mais aussi savoir comment s'est comportée la faune ainsi que le tourisme », poursuit le président de la fédération. Cet état des lieux va résumer et collecter toutes les données possibles et réalisables depuis 2004. « C'est une étude innovante et complexe, qui fera ressortir des éléments sur le retour du loup, afin de détecter les attentes et les problèmes locaux », lance André Mugnier, « c'est avec l'aide des partenaires qu'une étude sociologique sera réalisée via le déploiement de questionnaires » . Ces derniers permettront d'avoir le ressenti des utilisateurs de la montagne et des habitants du massif sur cette question.

Vers une zone réservée ?

Un véritable bilan pour pouvoir faire des propositions de gestion de l'espèce tout en restant dans les conventions internationales de protection de l'animal. « Et pourquoi pas envisager une zone d'expérimentation réservée pour les loups. Car l'espèce appartient à la biodiversité et on doit se poser la question de savoir comment cohabiter en prenant en compte les différents paramètres touristiques, agricoles et de la faune sauvage » . Une prochaine réunion de travail est programmée pour la fin juillet et les acteurs de la question espèrent obtenir les conclusions de cette étude pour la fin décembre 2012 ou le début de l'année 2013.

LEILA LAMNAOUER

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web@oyopi.com (Super User) Les éleveurs face à la prédation Wed, 04 Jul 2012 08:50:09 +0000
Ours - Dialogue constructif sur l'estive d'Arréou http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/222-ours-dialogue-constructif-sur-lestive-darreou http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/222-ours-dialogue-constructif-sur-lestive-darreou Ours - Dialogue constructif sur l'estive d'Arréou (Couserans – Seix)

Communiqué de l'Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d'Ariège-Pyrénées publié le 9 septembre 2011 à télécharger ici

A la demande de M. le Sous-Préfet de St Girons, chargé de la gestion du dossier ours pour le département de l'Ariège, l'ASPAP a organisé hier sur l'estive d'Arréou (Seix) une visite de travail et d'information. De nombreux éleveurs étaient venus de toutes les estives du Couserans qui subissent en continu les attaques des ours. Le technicien ovin de la Chambre d'Agriculture était aussi officiellement présent. Tous ont expliqué comment ces attaques se produisaient quels que soient les moyens adoptés pour tenter de les éviter, et la façon dont, au delà des bêtes mortes et de la souffrance de celles blessées, elles déstructuraient totalement les troupeaux : bêtes enfuies et disparues, très grande difficulté à faire retrouver sa sérénité et sa cohérence au troupeau, conséquences induites par le stress : avortements, baisse de fertilité, pertes importantes de poids. Ces attaques ont aussi des conséquences humaines : travail et fatigue supplémentaires pour les bergers, écoeurement pour eux et pour les éleveurs au point qu'aujourd'hui nombreux sont ceux qui envisagent très réellement d'arrêter alors que leur passion pour ce métier reste entière.

L'ASPAP remercie les  éleveurs présents malgré le beau temps et les foins en retard qui les attendaient en bas : sans leur façon très riche et constructive d'argumenter très calmement leur refus de l'ensauvagement, la journée n'aurait pas eu la dimension qui a été la sienne. Elle remercie aussi Gérard pour nous avoir ouvert son estive, Emmanuel Trocmé pour ses analyses qui venaient corroborer les dires des éleveurs, et la Chambre d'Agriculture de l'Ariège pour l'avoir officiellement mandaté. Beaucoup reste à faire, mais cette journée de travail et d'échange a sans doute été un moment important dans cette lutte que nous menons depuis des années contre l'ensauvagement du massif et pour le développement et la relance d'un pastoralisme qui est la clef de la richesse de notre territoire et de son avenir : richesse humaine, richesse de sa  biodiversité, de ses productions durables, et de ce tourisme de randonnée que permet le maintien  de ses paysages ouverts. C'est bien un enjeu global d'aménagement du territoire que les éleveurs couserannais sont venus défendre à Arréou. 

Télécharger le fichier PDF avec photos et carte des attaques d'ours

Contact : aspap.contact@gmail.com

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web@oyopi.com (Super User) Les éleveurs face à la prédation Mon, 12 Sep 2011 06:17:43 +0000
Loups ou fromage ? Le cas du fromage de Cabrales dans les Asturies http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/165-loups-ou-fromage-le-cas-du-fromage-de-cabrales-dans-les-asturies http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/165-loups-ou-fromage-le-cas-du-fromage-de-cabrales-dans-les-asturies Loups ou fromage ? Ensauvagement ou développement économique et écologique ? Le cas du fromage de Cabrales dans les Asturies.

I) Introduction

Un des amis asturiens de l'ADDIP, Luis Aurelio Gonzáles Prieto, vient d'écrire avec la collaboration de Isabel Marcos Curevo-Arango un très beau livre illustré de splendides photos de José Díaz : « el libro del Cabrales – el sabor del saber » : le livre de Cabrales – la saveur du savoir1.

Le livre est une somme sur l'histoire, la situation présente et l'avenir d'un des fromages les plus emblématiques des Asturies : le Cabrales, produit dans une des zones les plus connues du massif cantabrique des Picos de Europa puisqu'on y trouve le sommet emblématique de la chaîne, le Picu Uriellu de son nom asturien, plus connu sous celui de Naranjo de Bulnes, un des hauts lieux de l'escalade en Espagne (carte en II, page 3).

Le prologue du livre est écrit par Juan Luis Rodríguez Vigil qui fut Président de la Principauté des Asturies entre 1991 et 1993. Licencié en droit, il est aussi l'auteur de divers travaux consacrés aux montagnes communales asturiennes gérées par les communautés locales concernées, ainsi qu'à l'inquisition asturienne et notamment à une sorcière du XVII°, Ana María García, une des rares « femmes loups » de l'histoire de la sorcellerie en Espagne ... mais qui finalement ne fut ni torturée ni condamnée par l'inquisition lors de son procès en 1648.

Il est aussi question de loups dans le prologue de Juan Luis Rodríguez Vigil à l'ouvrage de Luis Aurelio, nulle sorcellerie cependant, au contraire une réalité bien plus concrète et redoutable. Comme d'autres fromages asturiens aujourd'hui menacés pour les mêmes raison, le Gamoneu notamment, le Cabrales est fabriqué à partir du lait de vaches, chèvres et brebis. L'arrivé massive du loup, aujourd'hui espèce protégée, dans les montagnes concernées où jusqu'alors il était systématiquement éliminé dès qu'il pointait son nez a une conséquence redoutable : devenus légalement impuissants face à ses attaques, les éleveurs dans certaines zones ont cessé d'élever les petits ruminants, ou se trouvent confrontés à des pertes incessantes.

Dans les deux cas, c'est directement l'avenir de ces fromages qui est menacé alors qu'ils sont très recherchés, de très haute qualité gustative dans leur fabrication traditionnelle d'une extrême complexité. Disparaît alors un produit on ne peut plus écologique dans ses modes de production, et source de richesse et développement économique pour les villages concernés.

Je traduis ci dessous le passage de ce prologue consacré à cet inquiétant problème.

B. Besche-Commenge, ASPAP/ADDIP

1/ Edité par le Consejo regulado del Queso de Cabrales et la Fundacion Cabrales, D.L. : AS – 2012/2011 – aec l'aide du Cosrocio del Oriente de Asturias, du Gouvernement autonome de la principauté des Asturies, du Ministère espagnol de l'Environnement du Milieu Rural et de la Marine, et des programmes européens FEADER et Leader.


II) - Traduction des pages 11-12 du prologue :

(notes explicatives et carte sommaire de situation des lieuxà la fin - B. Besche-Commenge, ASPAP/ADDIP]

« Le livre ne pouvait faire l'impasse sur quelques uns des problèmes directement liés au bétail et au pastoralisme et qui rendent particulièrement difficile le développement du fromage de Cabrales. Il s'agit très concrètement de la difficulté à continuer aujourd'hui l'élevage sous ses formes traditionnelles et de la nécessité d'adopter des systèmes à la fois plus efficaces et plus humains. À mon sens, cela est possible en substituant les technologies informatiques et électroniques à l'homme et aux chiens pour le contrôle des troupeaux. Mais un préalable est incontournable : garantir que le petit bétail (1) puisse pâturer librement dans les Picos de Europa sans risquer de périr sous les crocs des bêtes sauvages.

« Éviter la destruction des troupeaux est une priorité qui exige le contrôle ou l'élimination du loup dans les estives et pâturages que parcourt le petit bétail. En effet, loups, brebis et chèvres sont purement et simplement incompatibles, il en est ainsi depuis des siècles, et aucune de ces espèces ne s'est transformée ces vingt dernières années au point d'être devenue compatible avec l'autre.

« Aujourd'hui comme hier, où il y a le loup il ne peut y avoir des brebis, et vice versa. Et cela n'a rien à voir avec la protection du milieu ni n'implique quelque agression que ce soit contre l'environnement. Une grande partie du paysage des Picos de Europa a été façonné par les bergers de Cabrales au cours de milliers d'années, et nul ne peut dire qu'ils n'aient pas bien, et même remarquablement bien, protégé ce milieu et la nature. On leur doit la qualité actuelle de l'environnement et des paysages dans les estives et les pâturages de montagne.

« Car ces espaces sont en grande partie d'origine anthropique, fabriqués au cours des siècles par les bergers avec leurs brebis et leurs chèvres. Ils nous ont été transmis jusqu'à aujourd'hui où il nous est possible d'offrir à nos visiteurs, touristes, montagnards, écologistes, cette nature et cette beauté qui les caractérise. Ces terrains sont le fruit d'un ancestral régime de chemins d'accès aux estives, que nous connaissons bien grâce aux relativement récentes ordonnances de pâturage de Bulnes et Camarmena en 1780, qui ne font que reprendre des normes sûrement millénaires.

« Pendant des siècles et des siècles, les estives des Picos ont été utilisées par les petits ruminants, et tout au long de ce temps les hommes de Cabrales ont tout fait pour que leur bétail puisse pâturer sans risquer sa vie. De la lointaine année 1610 nous est parvenue l'ordonnance de chasse aux loups dans le « chorco » de Corona sur la commune de Valdeon (2). Elle ne fait que reprendre des ordonnances coutumières aux racines bien plus anciennes, que l'on retrouve sous des formes similaires dans tous les Picos de Europa. Il est donc bien évident que la nécessité de contrôler ou éliminer les loups des estives parcourues par les petits ruminants n'a pas surgi d'un coup aujourd'hui, motivée par je ne sais quelle fantaisie ou méchanceté politiquement incorrecte.

« Sur ce sujet, je partage l'avis de l'auteur du livre, Luis Aurelio G. Prieto : je crois que l'on ne doit pas envisager la relation loup/bétail de façon émotionnelle ni épidermique, mais rationnellement, avec son intelligence. Par exemple, vaches et chevaux peuvent cohabiter et, de fait, en de nombreux endroits des Asturies ils le font sans problèmes majeurs, essentiellement parce que vaches et chevaux se défendent en sorte que ne périssent sous les crocs des loups que les bêtes faibles, malades, ou vieilles. A la fin, le dommage est payé et le problème est clos (3).

« Pour le petit troupeau, la situation est totalement et radicalement différente dans les Picos. Les brebis ne se défendent pas et, normalement, les loups ne s'en prennent pas à des bêtes isolées mais mettent en pièce les troupeaux. Et lorsque qu'ils tuent plusieurs brebis, ce ne sont pas seulement ces bêtes précises qui disparaissent mais c'est toute la cohérence du troupeau en tant que tel qui explose, rendant alors sa gestion impossible, ce qui ne peut être indemnisé : cette perte en effet est irréductible à la valeur propre de chaque bête tuée. En outre le dommage perdure bien au delà de la mort proprement dite : il persiste jusqu'à ce que le berger victime ait enfin réussi à réorganiser dans son troupeau le regroupement des chaleurs pour les femelles, et celui des mise bas.

« A Cabrales, brebis et chèvres sont indispensables pour fabriquer ce fromage qui génère développement et bien être pour les habitants. C'est la principal produit de la région. Son histoire indubitable ne souffre aucune contestation quant au respect de l'environnement et aux principes de base de l'écologie. Aussi l'administration publique a-t-elle l'obligation de fixer clairement ses choix :

ou opter pour le développement du village et le maintien des sources de richesse de ses habitants ; et dans ce cas promouvoir et développer le fromage qui nécessite le lait des brebis et des chèvres ; ou au contraire s'opposer de façon claire et consciente à ce développement en favorisant la présence du loup dans les estives et pâturages sur la base de nouveaux critères environnementaux d'origine très récente, à la rationalité douteuse, d'imposition purement administrative, et totalement étrangers à ce qui a toujours existé en tout temps et tout lieu.

« On ne peut aujourd'hui exiger des bergers des Picos de Europa une vie de renoncement totale aux relations familiales ni au confort élémentaire comme c'était le cas général autrefois. Ils doivent pouvoir aller et venir chez eux pour dormir, entretenir des relations normales avec leur entourage, mais sans vivre pour autant la peur au ventre à l'idée de retrouver, à leur retour, leur troupeau ravagé. Il n'est pas davantage possible d'exiger sur les estives la présence des gros chiens, les « mastines », capables d'affronter les loups en l'absence du berger : leur férocité et leur caractère soupçonneux les rend dangereux pour les randonneurs.

« Sur tous les plans, mieux vaut continuer ce qui s'est toujours fait et qui n'a jamais porté préjudice à l'environnement des Picos : ni le produit de quelque décision administrative que ce soit, pas davantage la gestion d'un quelconque fonctionnaire, mais l'héritage historique d'un peuple et d'une culture, le pastoralisme de la montagne asturienne.

« Il suffit simplement de maintenir ces principes que le Professeur Luis Aurelio G. Prieto détaille dans ce livre que j'ai le plaisir et l'honneur de préfacer et dont la lecture m'a été aussi agréable et profitable qu'elle ne manquera pas de l'être pour ses autres lecteurs. »

Traduction et notes : B. Besche-Commenge, ASPAP/ADDIP

Notes du traducteur :

1) En asturien "la recella/reciela" = troupeau composé de petits ruminants, ovins et caprins.

2) Les "chorcos" étaient des pièges à loups vers lesquels des rabatteurs poussaient la bête ; le « chorco de los lobos » à Corona, dans la vallée de Valdeón (versant léonais des Picos de Europa], est célèbre pour l'ordonnance de 1610, la plus ancienne connue, qui règle le fonctionnement de cette battue. Elle associait quasiment tous les habitants du village, les femmes aussi dans certains cas, selon une stratégie très ordonnée où chacun devait jouer un rôle précis à une place précise afin que le loup ne pût faire autrement que finir dans le piège.

L'ordonnance fut régulièrement retranscrite pour être appliquée, en 1912 encore. La Revista Comarcal Montaña de Riaño, n° 34, a publié en juin 2010 un article de Lorenzo Sevilla Gallego, "El Chorco de Corona: 400 años", illustré de photos d'une de ces battues : http://www.revistacomarcal.es/Revista_34/chorco.html

3) (voir carte page suivante] Situation pour la zone de Cabrales, mais sur l'autre versant asturien du Parc des Picos où les vaches ont presque totalement remplacé le petit bétail les loups se sont adaptés à ce nouveau garde manger etattaquent indifféremmentveaux, génisses etvaches quel que soitleur état de santé.

En 2007 déjà, le nouveau responsable des estives de la zone de Cangas des Onis déclarait: «Les continuelles attaques des loups sur les troupeaux ovins ont entraîné la transformation du secteur qui s'est alors orienté vers l'élevage bovin. A présent, les loups commencent à s'en prendre aux veaux, ce qui explique l'augmentation des pertes depuis quatre ans: elles passent de 15 animaux morts en 2004 à 36 en 2006. » (El Comercio Digital, 28 août 2007], Conséquence : le nombre de bovins qui estivent chute à son tour. Photos que m'avait données l'ancien responsable de ces estives :

Quant aux chevaux : les attaques incessantes des loups ont conduit certains éleveurs de la race emblématique des Asturies, l'Asturcon, à ne plus les conduire sur certaines montagnes. En 2007, un des piliers de la relance de la race, Anton, m'expliquait que sur sa montagne, El Pedrorio, les loups avaient tué 20 adultes ou poulains en 2005, 14 en 2006, il n'en montait plus que quelques uns en 2007 et gardait les autres, les plus beaux, dans ses près autour de la capitale des Asturies : Oviedo.

Sur cette montagne, proche de la capitale asturienne, l'évolution était la suivante en 20 ans : de plus de 350 juments mères et poulains à une cinquantaine ; de 250 vaches accompagnées de leurs veaux à 16 vaches, mais sans veaux, proies trop faciles pour les loups, ce qui a entraîné une modification des modes d'élevage et dates de vêlage : les éleveurs sont passés d'un mode extensifàun mode intensif, industriel, avec tout ce que cela suppose d'artificialité ; quant à brebis et chèvres, il y en avait près de 2000, il en restait moins de 250, l'un des propriétaires qui en avait monté malgré tout 35 ce printemps 2007, n'en avait plus que 2 à l'automne ... les plus vieilles ! Quatre mastins pourtant (chiens non seulement de protection mais de lutte] suivaient alors le troupeau en permanence.


1/ Edité par le Consejo regulado del Queso de Cabrales et la Fundacion Cabrales, D.L. : AS – 2012/2011 – aec l'aide du Cosrocio del Oriente de Asturias, du Gouvernement autonome de la principauté des Asturies, du Ministère espagnol de l'Environnement du Milieu Rural et de la Marine, et des programmes européens FEADER et Leader.

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marion.lurcel@gmail.com (Marion) Les éleveurs face à la prédation Mon, 08 Aug 2011 08:44:10 +0000
La position de Jean-Louis Bianco, député des Alpes de Haute-Provence http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/163-la-position-de-jean-louis-bianco-depute-des-alpes-de-haute-provence http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/163-la-position-de-jean-louis-bianco-depute-des-alpes-de-haute-provence La position de Jean-Louis Bianco, député des Alpes de Haute-Provence

Le loup : La multiplication des attaques du prédateur est une épreuve de plus qui n'est plus supportable

Article publié sur le blog de Jean-Louis Bianco, député des Alpes de Haute-Provence, le 28 juillet 2011

Jean-Louis Bianco a pris connaissance, via le site « la buvette des alpages » du courrier que l'association FERUS lui a adressé à la suite des prises de position du Conseil général et de lui-même au sujet du loup.

Il rappelle que ses propos ont été ceux d'un homme en colère et profondément affecté par la situation d'une profession en désarroi.

En effet, le pastoralisme, au-delà de sa contribution environnementale, est avant tout une activité économique qui fait vivre des hommes et des femmes qui n'ont cessé de prouver leur capacité à s'adapter face à des changements incessants de politiques, de réglementation, d'attentes sociétales...

Mais comment s'adapter perpétuellement à un prédateur opportuniste, adaptable et capable d'apprécier le rapport risque / profit d'une tentative de prédation ?

Rappelons aussi qu'un seuil de prédation incompressible a été observé là où le loup est présent dans une zone d'élevage extensif. Ce seuil est lié au type de système d'élevage et non à la qualité de travail des éleveurs. Il correspond à ce que l'on peut appeler la vulnérabilité intrinsèque des systèmes d'élevage face à la prédation. Ce risque est important dans les Alpes du Sud françaises où les troupeaux ovins sont élevés pour leur viande : les effectifs des troupeaux sont importants, la main d'œuvre est rare et chère, la durée de pâturage est longue (8 à 12 mois).

Cela signifie qu'une part de la prédation pourrait être éliminée par un gros effort d'adaptation des systèmes d'élevage et de protection des troupeaux, mais qu'il restera toujours une prédation présente. Comment faire accepter cela aux éleveurs ? Qui est prêt à accompagner ces changements radicaux de pratiques ?

Le député s'est fait le relais de la colère des éleveurs. Il a souhaité en outre répondre à certaines affirmations de l'Association.

« Le nombre de loups lui n'augmente pas » :

L'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et les services de l'Etat s'accordent sur le fait que la population de loups dans le département augmente. Plus précisément l'ONCFS estimerait une trentaine d'individus dans le département en 2011 contre une vingtaine en 2010.

Si l'effectif minimum retenu d'après les comptages hivernaux semble de façon générale stabilisé ou en diminution, l'augmentation des attaques depuis 2009, la dispersion du loup de l'Ubaye à l'ensemble des massifs des Alpes de Haute-Provence, la modification de la répartition annuelle des attaques qui aujourd'hui ne se concentrent plus seulement sur juillet et août mais sur l'ensemble de l'année confirment l'estimation de l'ONCFS : le nombre de loups augmente incontestablement sur le département !

« Les victimes sont très correctement indemnisées » :

Les indemnisations ne permettent de compenser que les préjudices matériels. En effet, la prédation a des conséquences directes, mais aussi des conséquences indirectes, graves pour l'exploitation (avortements des brebis, stress entraînant des difficultés de conduite du troupeau et d'engraissement...). Par ailleurs, elle accroît de façon conséquente la charge de travail du berger car ces derniers sont désormais des gardiens de troupeaux de jour comme de nuit.

Aujourd'hui la grande majorité des éleveurs des zones concernées a adopté les techniques de protections préconisées : aides bergers, chien de protection, parc de nuit aux abords des cabanes.

Mais au-delà d'un bilan d'attaques en augmentation, qui prouve les limites de ces techniques, celles-ci posent des problèmes collatéraux :

– la gestion d'un salarié (aide berger) dans des conditions de vie rudimentaires (cabane de berger, promiscuité, ...) s'avère très difficile ;

– la cohabitation des chiens de protection avec les randonneurs ou les riverains est source de conflits nouveaux ;

– l'obligation de ramener chaque soir les troupeaux en enclos dégrade les pelouses de montagne du fait d'incessants allers et retours : cela empêche une bonne gestion pastorale et fait perdre plusieurs heures d'alimentation par jour, ce qui pose problème surtout aux femelles qui sont en fin de gestation. Le retour systématique en enclos n'a de sens qu'en élevage laitier, pour la traite du matin et du soir.

Aussi, ces techniques de protection posent autant de problèmes qu'elles n'en résolvent.

« Un conseiller général réclame la régulation du loup » :

Le retour du loup est souvent présenté comme le signe de bonne santé retrouvée des écosystèmes. Et nous pouvons que nous réjouir d'une nature ayant retrouvé ses droits.

Toutefois, en France les parcs nationaux et régionaux sont aussi pour la plupart des espaces pastoraux.

Très opportunistes en matière alimentaire, les loups ne se comportent pas en clé de voûte des écosystèmes régulant les effectifs excédentaires d'herbivores sauvages, mais ils préfèrent les proies faciles comme les animaux d'élevage.

Par ailleurs, le nombre croissant d'attaques diurnes (40 % des attaques en 2010) révèle l'adaptabilité rapide du loup aux mesures de protection et sa présence de plus en plus fréquente aux abords des bergeries confirme que ni la présence des hommes ni celle des bergers ne les décourage.

Il semble que nous sommes donc confrontés à des loups qui en l'absence prolongée de toute action de gestion, ont exacerbé leur comportement opportuniste. Afin d'éviter la généralisation du braconnage, il faut développer au plus vite des techniques d'effarouchement actif, visant à recréer chez les loups une aversion vis-à-vis de l'homme et de son bétail. Il faut aussi organiser un suivi, permettant de capturer et d'éliminer si nécessaire les loups à problème et mettre en place une gestion des meutes, à l'instar d'autres pays (Suède, Espagne,...).

S'il est juste d'affirmer que l'existence du loup est légitime au nom du maintien de la biodiversité de la faune sauvage, il apparaît pertinent au vu des données officielles (200 individus au sein de l'arc alpin) de s'interroger à nouveau sur le fait que l'espèce Canis Lupus soit encore une espèce menacée. Etant suffisamment abondante en Europe de l'Est et en Italie notamment (sans oublier que les effectifs en France ne cessent d'augmenter), le loup pourrait ne plus faire partie de la liste des espèces protégées au titre de la Convention de Berne.

Enfin, l'Etat se doit de protéger les personnes et les biens. Si le loup met en danger les troupeaux, il lui appartient de réaliser les effarouchements, d'organiser les protections et d'assurer la régulation.

Dans ce sens, Jean-Louis Bianco propose de réhabiliter le métier de louvetier dans le cadre d'un plan de gestion de l'espèce.

« Le loup n'y est pour rien dans la crise que rencontre la filière ovine » :

L'élevage ovin du Sud-Est a su mieux résister que la plupart des grandes régions ovines françaises, qui ont connu une décroissance continue de leur cheptel brebis viande. Cette capacité de résistance s'est appuyée notamment sur des combinaisons originales entre taille des troupeaux, performances zootechniques, redéploiement pastoral et positionnement par rapport au second pilier de la PAC. Mais, ces équilibres restent fragiles et dépendants entre autres de l'évolution des réglementations et de la conjoncture du marché mondial qui pèse sur le secteur ovin.

La multiplication des attaques du prédateur est une épreuve de plus qui n'est plus supportable.

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marion.lurcel@gmail.com (Marion) Les éleveurs face à la prédation Sun, 07 Aug 2011 06:43:18 +0000
Hautes-Alpes : Nouvelles mesures contre le loup http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/104-hautes-alpes--nouvelles-mesures-contre-le-loup http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/104-hautes-alpes--nouvelles-mesures-contre-le-loup Hautes-Alpes : Nouvelles mesures contre le loup Article du Dauphiné Libéré du 19 juillet 2011

Après les nombreuses attaques du loup dans le Dévoluy, sur le plateau de Bayard et au Monêtier-les-Bains, la préfecture des Hautes-Alpes a pris de nouvelles mesures. Les lieutenants de louveterie pourront désormais effectuer des tirs avec tout type d'armes et notamment celles de 5e catégorie (carabine). De plus, la Direction départementale des territoires a reçu l'éleveur de Saint-Laurent-du-Cros ayant subi des dommages sur le plateau de Bayard. Il pourra mettre en place des mesures de protection et d'effarouchement plus adéquates (filets électrifiés et électrificateur pour parcage de nuit, dispositif sonore et lumineux, financement d'un aide berger). À l'heure actuelle, rappelle la préfecture, 26 arrêtés autorisent la réalisation de tirs de défense. De son côté, la députée Henriette Martinez a saisi Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Écologie, en dénonçant une « situation intenable : le loup est aux portes de Gap ».

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marion.lurcel@gmail.com (Marion) Les éleveurs face à la prédation Thu, 21 Jul 2011 08:53:27 +0000
La préfète des Hautes-Alpes renforce les mesures contre les attaques de loup http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/100-la-prefete-des-hautes-alpes-renforce-les-mesures-contre-les-attaques-de-loup http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/100-la-prefete-des-hautes-alpes-renforce-les-mesures-contre-les-attaques-de-loup La préfète des Hautes-Alpes renforce les mesures contre les attaques de loup

Grenoble, 18/07/2011 - AFP

La préfète des Hautes-Alpes, Francine Prime, a annoncé lundi dans un communiqué la mise en place de nouvelles mesures pour faire face à la recrudescence des attaques de loup. Des lieutenants de louveterie ont été missionnés pour apporter un appui aux éleveurs. Ceux-ci pourront effectuer des tirs à la carabine pour défendre certains troupeaux, comme ceux en alpage à Agnières-en-Dévoluy et à Monetier-Les-Bains. Vingt-six arrêtés préfectoraux autorisant la réalisation de tirs de défense ont par ailleurs été pris dans le département, selon la préfecture.

Au 18 juillet, 47 attaques imputables au loup ont été dénombrées dans les Hautes-Alpes, occasionnant la mort de 263 ovins. Douze autres attaques sont en attente d'analyse, afin de déterminer la responsabilité du loup. En 2010, 144 attaques de loup avaient causé la mort de 538 ovins dans le département. Lundi, Daniel Spagnou, député-maire UMP de Sisteron, dans le département voisin des Alpes-de-Haute-Provence, a sommé la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet de réagir aux attaques du loup contre les troupeaux. "J'en ai assez de ces attaques du loup (contre) les troupeaux. (...) Je trouve scandaleux que vous ne preniez pas les mesures radicales qui s'imposent", a-t-il écrit dans une lettre ouverte.

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marion.lurcel@gmail.com (Marion) Les éleveurs face à la prédation Wed, 20 Jul 2011 13:48:05 +0000
Loup : le ministre rappelle les règles aux préfets http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/99-loup--le-ministre-rappelle-les-regles-aux-prefets http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/99-loup--le-ministre-rappelle-les-regles-aux-prefets Loup : NKM rappelle les règles aux préfets

Publié par Europe1.fr avec AFP le 19 juillet 2011 à 19h52. Mis à jour le 19 juillet 2011 à 19h52

La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciuscko-Morizet, sommée par un député UMP* de prendre des "mesures radicales" après la recrudescence des attaques de loups contre des troupeaux, a appelé mardi les préfets à mettre en oeuvre un dispositif renforcé avalisé en mai. "On n'a pas attendu les dernières attaques pour réformer le dispositif d'intervention et permettre aux préfets d'être plus réactifs", a affirmé la ministre de l'Ecologie.

"Le loup est une espèce strictement protégée mais il est possible, quand toutes les méthodes de prévention (des attaques) s'avèrent inadaptées ou insuffisantes, d'avoir des interventions sur les loups", a rappelé NKM. Le nouveau plan d'intervention prévoit toujours une chronologie de réponses - protection du troupeau, effarouchement du loup, tirs de défense à proximité du troupeau et en dernier recours la destruction du loup.

Le nombre de spécimens qu'on peut tuer reste fixé à 6 pour 2011/2012, mais le dispositif renforcé introduit pour les éleveurs la possibilité de suivre des formations pour obtenir le permis de chasse et faire des tirs de défense, c'est-à-dire de tuer un loup à proximité du troupeau.

*Daniel Spagnou, député des Alpes de Haute-Provence

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marion.lurcel@gmail.com (Marion) Les éleveurs face à la prédation Wed, 20 Jul 2011 09:08:59 +0000
Loup : le ministre rappelle les règles aux préfets http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/97-loup--le-ministre-rappelle-les-regles-aux-prefets http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/97-loup--le-ministre-rappelle-les-regles-aux-prefets Loup : NKM rappelle les règles aux préfets

Publié par Europe1.fr avec AFP le 19 juillet 2011 à 19h52. Mis à jour le 19 juillet 2011 à 19h52

La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciuscko-Morizet, sommée par un député UMP* de prendre des "mesures radicales" après la recrudescence des attaques de loups contre des troupeaux, a appelé mardi les préfets à mettre en oeuvre un dispositif renforcé avalisé en mai. "On n'a pas attendu les dernières attaques pour réformer le dispositif d'intervention et permettre aux préfets d'être plus réactifs", a affirmé la ministre de l'Ecologie.

"Le loup est une espèce strictement protégée mais il est possible, quand toutes les méthodes de prévention (des attaques) s'avèrent inadaptées ou insuffisantes, d'avoir des interventions sur les loups", a rappelé NKM. Le nouveau plan d'intervention prévoit toujours une chronologie de réponses - protection du troupeau, effarouchement du loup, tirs de défense à proximité du troupeau et en dernier recours la destruction du loup.

Le nombre de spécimens qu'on peut tuer reste fixé à 6 pour 2011/2012, mais le dispositif renforcé introduit pour les éleveurs la possibilité de suivre des formations pour obtenir le permis de chasse et faire des tirs de défense, c'est-à-dire de tuer un loup à proximité du troupeau.

*Daniel Spagnou, député des Alpes de Haute-Provence

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marion.lurcel@gmail.com (Marion) Les éleveurs face à la prédation Wed, 20 Jul 2011 09:08:59 +0000
Réactions du député D.Spagnou et du maire de Méolans http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/91-lettre-ouverte-de-daniel-spagnou-au-ministre http://www.eleveursetmontagnes.org/eleveurs-et-predations/91-lettre-ouverte-de-daniel-spagnou-au-ministre Un député crie au loup

Publié le 18 juillet 2011 à 19h54 et mis à jour le 18 juillet 2011 à 19h54 sur www.europe1.fr par Marie-Laure Combes avec Noémie Mayaudon et AFP

Daniel Spagnou demande à la ministre de l'Ecologie de réagir aux attaques contre les troupeaux.

Déjà plus de 400 moutons victimes du loup dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes depuis le début de l'année. La colère des éleveurs monte. Et les appels à la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, se multiplient.

"La situation n'a jamais été aussi critique"

Dans une lettre ouverte publiée lundi, le député-maire UMP de Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, Daniel Spagnou, somme NKM de réagir aux attaques de troupeaux. "J'en ai assez de ces attaques du loup sur les troupeaux. Loin de s'améliorer, la situation n'a jamais été aussi critique", écrit Daniel Spagnou. "Je partage la colère qui gronde dans nos montagnes, je comprends la révolte des éleveurs (...) Je trouve scandaleux que vous ne preniez pas les mesures radicales qui s'imposent", ajoute-t-il.

"Je vous le demande solennellement et avec gravité ! Que comptez-vous faire dans les jours qui viennent pour mettre fin aux saccages?", insiste l'élu, reprochant à la ministre de continuer à "soutenir aveuglément" le loup aux dépens des éleveurs.

"Nous sommes envahis de loups."

Un autre maire en appelle lui aussi à la ministre. Emile Tron, élu de la commune de Méolans-Revel où près de 80 moutons ont été tués ce week-end, craint qu'avec la multiplication des attaques de loups, éleveurs et vacanciers quittent la vallée. "Nous sommes envahis de loups. Il y en a une vingtaine sur notre commune", assure-t-il sur Europe 1, ajoutant que les prédateurs "n'ont plus peur de rien".

Le maire du petit village menace donc de démissionner si la situation ne s'améliore pas. "Je ne peux pas cautionner de tels risques pour les habitants et les éleveurs de ma commune", dit-il. Seule solution pour Emile Tron, les éleveurs doivent être autorisés à abattre un loup qui aurait attaqué un troupeau.

Dans les Vosges, le loup fait aussi parler de lui. Sa présence dans le massif a été authentifiée par une photographie prise par les caméras de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage le 8 juillet dernier.

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marion.lurcel@gmail.com (Marion) Les éleveurs face à la prédation Tue, 19 Jul 2011 06:10:25 +0000