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Le bilan de la prédation en 2009

Le bilan de la prédation en 2009

Article extrait du dossier "Pastoralisme, loup, prédation" paru dans le numéro de l'Espace Alpin du vendredi 22 janvier 2010

Au niveau national, la pression du loup augmente. Si le nombre d'attaques constatées en 2008 était de 810, ce chiffre grimpe à 992 en 2009. Le nombre de victimes augmente également : de 2737 dont environ 50 par dérochement, on passe à 3161 animaux surtout des ovins mais aussi 122 caprins, 54 bovins, 6 équins et 1 chien. Le cheptel des Alpes maritimes est bien plus touché que l'année précédente. Avec 784 victimes constatées (645 en 2008). Même cas de figure pour le Var : de 37 attaques  constatées on est passé à 172 avec 442 victimes. Le nombre d'attaques est croissant dans tous les départements concernés sauf la Haute-Savoie. Par contre, il y a des disparités quant au nombre de victimes constatées puisque les Hautes-Alpes, la Drôme et la Savoie voient le nombre de bêtes touchées baisser. Ce qui veut dire que les mesures de protection ont quand même une certaine efficacité.

Plus parlant encore, le nombre d'autorisations de tirs de défense et de tirs de prélèvement accordés. Sur 59 tirs de défense, la palme revient aux Alpes maritimes avec 47 autorisations ; cela veut dire que les éleveurs jouent le jeu alors que dans les départements où la prédation est subie depuis 10 ans, la profession n'y croit plus (3 tirs de défense accordés dans le 04 et 2 dans le 05, 1 en Savoie...). Le piètre nombre de tirs de prélèvement accordés dénonce par là même l'inefficacité du système. Un tir dans la Drôme, un en Haute-Savoie. Résultat : un loup prélevé.

Les retombées de la mesure de protection des troupeaux ( 323 C1)

Les éleveurs ne renâclent plus à contracter ce type de contrat avec l'Etat ; contrat dans lequel ils s'engagent à appliquer des mesures de protection. Fin novembre, le nombre de contrats signés était de 796 portant sur 947 unités de conduite. Pour 2009, le total des engagements s'est élevé à 5 252 794€ et il a été payé aux éleveurs 1 245 764€ ; chiffre qui est bien en dessous du coût réel de la prédation pour les éleveurs ! La palme du nombre de contrats revient aux Alpes de Haute-Provence (179) suivi de près par les Hautes-Alpes (128), vieux territoire de présence du loup. On observe que le gardiennage renforcé (applicable en cercle1) a la faveur des éleveurs avec 708 contrats soit 833 unités de conduite. A ce titre c'est 1 092 810€ qui ont été versés. Il s'agit en majorité de l'embauche de bergers ou d'aide bergers. La création de parcs de regroupement mobiles électrifiés porte sur 405 contrats alors que les parcs de pâturage de protection renforcée ne concernent que 78 contrats. Les chiens de protection envahissent les alpages : ils sont 807 a être déclarés et leur achat et leur entretien a coûté 6 7181€ à l'Etat. Par contre, pas un seul euro n'a été dépensé en 2009 pour les analyses de vulnérabilité.

Plus particulièrement dans les Hautes-Alpes

Si l'on observe le nombre de constats réalisés dans les Hautes-Alpes, sur les 5 dernières années, on constate qu'après un pic en 2006, une chute vertigineuse en 2007, une poussée en 2008, la baisse est effective en 2009. Attention, cela ne veut pas dire que la pression du prédateur baisse car, selon la profession, l'attaque de loup est tout simplement moins reconnue par les gardes de l'ONCFS. Il y a eu 157 constats non indemnisés en 2009 et une augmentation de la proportion de dommages exclus. S'il en fallait une preuve, elle est d'ailleurs contenue dans le graphique lui-même. En effet, le nombre de constats ayant reconnu la responsabilité du loup est, en 2009, similaire au chiffre de 2005 ; sauf qu'en 2005 le nombre de constats était de 104 et qu'en 2009, il est de 119 ! Le Queyras est toujours en tête des secteurs les plus  touchés par la prédation même si le nombre de constats loup et de victimes est en baisse notable. Arrivent en second, le Buëch et le massif de Ceüse qui explosent les chiffres par rapport à l'année précédente. Idem dans la Clarée avec plus 10 constats loup.

Les dommages

Le montant des indemnisations est d'environ 900 000 €. Le nombre de constats augmente de 22,5% (992 contre 810 en 2008) ; le nombre de victimes indemnisées augmente moins fortement de 15,5% (3161 contre 2737). Pour l'Etat, cela veut dire que la protection a des effets positifs. Les éleveurs commencent à avoir une autre lecture : pour eux, « la baisse du nombre de victimes indemnisées est la traduction d'une certaine réticence à reconnaître une attaque de loup » (usages du terme «indéterminé » ou « grand canidé » plus fréquents) ce qui exclut l'indemnisation. En 2009, le coût du loup en dépenses directes est de plus de 6 millions d'euros (soit 461 fois le revenu moyen d'un éleveur ovin) ; chiffre auquel il faut ajouter les dépenses administratives (agents, fonctionnaires) et les frais de structure.