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DIGNE-LES-BAINS Un éleveur condamné pour la morsure de son chien patou

Article publié par le Dauphiné Libéré le 1er juin 2012

La loi oblige les éleveurs d'ovins à s'équiper de chiens patous afin de protéger leurs troupeaux des attaques du loup. A Gréoux-les-Bains, Francis Solda s'est entouré de 27 chiens conformément à la règlementation. L'éleveur, également président de la fédération départementale ovine, président du CERPAM et membre du comité loup, comparaissait hier devant le tribunal correctionnel de Digne-les-Bains pour répondre de blessures involontaires.

Le 24 avril 2010, son chien Balboa avait mordu un cycliste à l'arrière du genou. La victime présente à l'audience a rappelé les faits : « Je me suis arrêté pour boire et pour vérifier que mon ami me suivait. A ce moment-là, un chien a surgi des fourrés, il m'a mordu tranquillement et il est reparti comme si de rien n'était ». D'après le souvenir de la victime, « le troupeau de brebis se trouvait à 500 mètres de l'endroit ». A la barre, Francis Solda qui a subi une attaque du loup dans le massif de Lure à l'été 2011 interroge : « Le chien a t-il complètement tort ? » Pour la juge Wacongne, la question ne fait aucun doute, « le chien doit mordre le loup, pas les humains », d'autant que Balboa avait déjà mordu. Cependant, « la protection d'un chien patou est de 800 mètres autour du troupeau », explique l'éleveur. D'ailleurs, selon son avocate Me Delphine Rixens, « la coexistence de l'activité pastorale et du tourisme pose des difficultés : les chemins de VTT répertoriés ou non sont susceptibles de couper l'espace des brebis ». A cela, l'éleveur a souligné l'obligation formelle édictée par la loi de se munir de chiens de protection. Mais pour le tribunal comme pour le procureur, « le gardiennage des chiens patous n'est pas le problème du tribunal mais celui du pouvoir règlementaire qui gère la cohabitation entre le loup et l'agneau. »

Durant l'enquête, Balboa a été présenté devant plusieurs experts comportementalistes qui ont établi un risque de morsure élevé dans un parc ouvert. Depuis, Balboa a changé de vie et coule des jours heureux de toutou de compagnie. Son maître a été condamné à 1200€ d'amende dont 600€ avec sursis.

Katy CANTAGREL