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Accueil Pastoralisme Le métier d'éleveur

Le métier d'éleveur

La transhumance se met au tourisme

La transhumance se met au tourisme

Article d'après AFP du 28 juin 2012

Des marcheurs accompagnent des bergers et leurs moutons dans les Hautes-Pyrénées (sud-ouest) lors de la traditionnelle transhumance du printemps AFP/Archives

Chaque été, vaches et brebis montent par milliers dans les estives des Pyrénées: la transhumance est considérée comme une vitrine de leur métier par certains éleveurs qui convient des touristes du monde entier, d'autres pestent contre les nuisances occasionnées par le public.

Poussés par le manque de terres, les éleveurs font monter depuis la nuit des temps leurs bêtes dans ces pâturages de montagne où l'herbe est réputée excellente, libérant leur exploitation pour faire du foin.

"Dans les Pyrénées, on a surtout une transhumance de proximité, les bêtes partent du fond des vallées" à la différence des Alpes où les animaux parcourent de très grandes distances, explique Thierry Marfaing de la Fédération pastorale de l'Ariège.

Mais si après la Seconde guerre mondiale, le transport en bétaillère s'est fortement développé, certains éleveurs choisissent de revenir à la transhumance à pied.

Dans l'estive du Bestou, au dessus de l'étang ariégeois de Lers, Jean-Louis Savignol, éleveur de mérens, cheval rustique des Pyrénées, trie les animaux qui resteront sur place pendant cinq mois et ceux qui passeront l'été dans une autre estive.

Des touristes l'accompagnent car il a décidé de tirer le meilleur parti de la transhumance en organisant des escapades à leur intention. Ils viennent de France mais aussi du Japon, de Nouvelle-Zélande, du Canada ou d'Afrique du Sud, dit-il, expliquant que son activité d'élevage pure est déficitaire. "La transhumance c'est notre vitrine, on montre le beau côté des Pyrénées".

François Martres, éleveur à Betchat (Ariège), parcourt chaque année 50 km en trois jours avec ses 350 brebis pour rejoindre son estive. C'est l'occasion de "faire connaître notre métier d'éleveur en milieu difficile. Et ça fait des retombées pour le pays".

Autrefois, un soulagement

Adeline Bordelet, coordonnatrice des services pastoraux à travers les Pyrénées, constate que le pastoralisme s'est "diversifié en direction du tourisme". "On a des visites et des fêtes d'estives dans certains départements, des coffrets week-end en montagne".

Patrick Caperaa, de la chambre d'agriculture des Hautes-Pyrénées, note que les fêtes pour lesquelles "il y a un véritable engouement" ont changé de sens. "Les gens y trouvent un transfert de culture, des moments ludiques, mais historiquement, les anciens faisaient ces fêtes car le départ des bêtes en montagne étaient un soulagement. Ca délestait l'exploitation".

Nombre d'éleveurs ne veulent cependant pas s'embarrasser de contraintes supplémentaires en s'occupant du public.

Francis Chevillon, éleveur retraité près de Seix (Ariège), critique des fêtes qui prennent parfois des libertés avec les coutumes authentiques. Il organisait des fêtes mais ne le fait plus. "La dernière année, j'avais 300 touristes sur les talons. Je suis responsable de 800 brebis, je fais comment?", demande-t-il, expliquant s'être fâché avec certains touristes et avoir perdu des brebis qu'il a mis trois jours à retrouver.

Certains profitent des projecteurs de la transhumance pour évoquer leurs difficultés. Cette année, les éleveurs de la vallée ariégeoise du Biros ont annulé la fête, découragés par les restrictions d'accès dues à la présence d'un couple de gypaètes barbus, espèce protégée de vautours, à quoi se sont ajoutées, disent-ils, des attaques d'ours.

En attendant, la transhumance permet d'entretenir des espaces "à haute qualité environnementale" qui sans cela se fermeraient et seraient inaccessibles, notent les professionnels, qui aimeraient voir ce rôle davantage reconnu. Certains rêvent aussi d'un label montagne qui "valoriserait ses produits et compétences".

De plus en plus de groupements pastoraux

Alpes-Maritimes : pastoralisme collectif

Article publié par le CERPAM mercredi 25 avril 2012

Les groupements pastoraux (GP) continuent de se développer dans les Alpes-Maritimes. En 2012, il existe 25 groupements pastoraux qui représentent 90 éleveurs regroupés, essentiellement des éleveurs ovins, avec de nombreux transhumants varois et bas-alpins. La grande majorité des GP ont pour orientation principale la production « ovin viande », (17 GP sur 25). Concernant les effectifs, on trouve plus de 37 000 ovins, 1200 bovins, 400 caprins et 96 équins, qui utilisent plus de 24 000 ha répartis sur 52 unités pastorales de parcours ou d'alpage, de la côte jusqu'aux frontières italiennes.

Nombre de ces groupements pastoraux sont engagés activement dans l'amélioration pastorale de leur territoire et/ou dans des contrats agro-environnementaux : un tiers des GP sont engagés dans des MAE sur les sites Natura 2000 du Mercantour et des Entraunes / Gorges de Daluis. De plus, lors des deux dernières années, 7 dossiers d'équipements ont été financés dans le cadre de la mesure 323C du PDRH, essentiellement pour l'abreuvement des troupeaux, l'équipement photovoltaïque des cabanes pastorales, la mise en place de parc de tri, mais aussi avec l'implantation d'une yourte. Du fait de leur nombre croissant et de leur répartition plus large sur le département, leur existence et leur fonctionnement sont mieux connus par les partenaires du pastoralisme. Reste maintenant à faire vivre ces groupements sur le long terme, pour des projets collectifs enrichissants.

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FNSEA : « La présence du loup est incompatible avec le pastoralisme »

FNSEA : « La présence du loup est incompatible avec le pastoralisme »

Interwiew de Xavier Beulin, président de la FNSEA, publiée par Newspress le 9 novembre 2011

Vous étiez à Mônetier-les-Bains dans les Hautes Alpes, le 28 octobre, pour soutenir les éleveurs confrontés à la prédation du loup. Quel est le sens de cette visite ?

Xavier Beulin : Le conseil d'administration de la FNSEA a mis en place une commission « Faune sauvage » pour traiter de la question de la prédation en agriculture, laquelle est devenue une préoccupation majeure. Le loup est un des sujets importants et emblématiques de cette problématique. Il conquiert d'année en année de nouveaux territoires. Il est présent en grand nombre sur le massif alpin et colonise désormais le massif du Jura et des Vosges. Cette évolution incontrôlée du loup justifiait la tenue de la réunion de Mônetier-les- Bains qui a rassemblé les responsables de nos FDSEA de Provence-Alpes-Côte d'Azur, de Rhône-Alpes, du Doubs ainsi que des représentants de Jeunes Agriculteurs, de la FNO et des fédérations départementales ovines. Plusieurs élus s'étaient également joints à nous pour témoigner leur soutien et leur appui. Chacun comprend que l'on ne peut pas d'un côté agir à Paris, à Bruxelles pour organiser la production afin d'obtenir des prix rémunérateurs, bâtir des politiques de qualité, défendre une politique de la montagne..., et de l'autre laisser les troupeaux être détruits par les prédateurs. Aujourd'hui, les éleveurs et leur famille n'en peuvent plus de voir leur travail saccagé et leur revenu amputé malgré les efforts conséquents qu'ils réalisent pour protéger leur troupeau. Les bergers sont découragés. Le moral de tous est atteint.

Le loup est présenté comme un facteur supplémentaire de biodiversité sur les territoires. Qu'en pensez-vous ?

XB : La présence du loup dans les zones pastorales modifie la conduite des troupeaux qui doivent être parqués tous les soirs. Cela conduit d'ailleurs à des piétinements qui nuisent à la flore. Dans le même temps, les éleveurs sont obligés d'abandonner certains secteurs conquis par le loup. Ceux-ci s'embroussaillent et se reboisent avec des essences banales. Sur le plan faunistique, la présence du loup induit une diminution importante des chamois, des mouflons et isards. Contrairement à ce qu'affirment certains chantres de l'écologie, le loup est réellement, par incidence, destructeur de biodiversité. A l'inverse, plusieurs scientifiques du Cemagref ont montré que le pastoralisme contribue à la diversité des espèces végétales et au maintien de la biodiversité des montagnes y compris en altitude. Mais ce pastoralisme, source de biodiversité remarquable, est complètement incompatible avec la présence du loup. Le ministère de l'Ecologie doit prendre acte de ces faits et revoir sa copie sur le dossier du loup.

Justement, quelles sont vos attentes et vos demandes vis-à-vis des pouvoirs publics ?

XB : Le loup n'est plus officiellement une espèce menacée d'extinction depuis l'arrêté du ministère de l'Ecologie du 27 mai 2009. De plus, l'été dernier Nathalie Kosciusko-Morizet a reconnu, dans un communiqué de presse, que les attaques de brebis par des loups avaient augmenté de 25% entre 2010 et 2011. Le temps de l'action est venu et de bonnes résolutions doivent être prises. La FNSEA demande la mise en place d'une véritable régulation de la population de loups. Il faut sortir du système des quotas actuels pour assurer en permanence la défense des troupeaux. A cet égard, nous demandons la reprise immédiate des tirs de défense suspendus depuis un mois. La ministre de l'Ecologie a pris des engagements au cours de l'été pour « permettre à l'ensemble des éleveurs situés dans une zone reconnue à risque de défendre leur troupeau dès les premières attaques sans autre procédure administrative ». Nous attendons maintenant des actes concrets. Nous demandons aussi, conformément à la loi de modernisation de 2010, que l'Etat assume ses responsabilités et se donne les moyens d'effectuer les prélèvements de loups en surnombre pour « assurer la pérennité des exploitations et le maintien du pastoralisme en particulier en protégeant les troupeaux des attaques du loup dans les territoires exposés à ce risque ». La FNSEA s'inscrit dans une recherche intelligente qui allie économie agricole et demandes environnementales. Le pastoralisme illustre parfaitement cette complémentarité. Les pouvoirs publics doivent tout entreprendre pour qu'il continue à en être ainsi sur tous les territoires. Cela passe, avant tout, par un meilleur respect du travail des éleveurs, de leur rôle économique, social et sociétal.

Ariège : le moral des éleveurs au plus bas

Sentein : Le moral au plus bas lors de la foire de descente de la montagne

Article publié par La Dépêche du Midi le 11 octobre 2011

Encore 23 éleveurs exposants cette année. Combien seront-ils en 2012 ? Il y avait, bien sûr, le marché, le vide-greniers, les troupeaux dans les parcs sur le foirail, bref de l'animation. Pour quelqu'un qui vient d'ailleurs, pour le touriste de passage, c'est magnifique. Mais qu'en est-il en réalité ? Pour les éleveurs, les bergers, ce n'est même plus de la colère envers les prédateurs, c'est de l'accablement, du désenchantement, de la déception, du désespoir, du dégoût devant la méconnaissance des réalités sur les estives, la méconnaissance de la vie en montagne, du pastoralisme, gage de biodiversité, gage de préservation de la randonnée, du tourisme...

Un éleveur disait : « Il faudrait qu'un de ces intégristes de l'ours vienne vivre dans une cabane avec un berger, à 2 000 m, pendant quinze jours, pour lui ouvrir les yeux ». Bref, le soleil était là, mais dans les têtes il faisait gris.

Avant la remise des récompenses, le maire de Sentein, Guy Carrieu, a remercié tous les acteurs de cette 33e foire pour le travail accompli et le soutien apporté par la MSA, le Crédit agricole et Groupama. Michel Estrémé, président de Transhumance en Biros, a exprimé le sentiment général qui domine : « Pour la montée aux estives, en 2012, je sais déjà que bon nombre d'éleveurs ne feront plus monter leur troupeau. Que va devenir la montagne ? Une réserve ? »

Daniel Chertier, éleveur, a fait part de son expérience sur les estives d'Urets : deux bergers présents jour et nuit, malgré cela 107 brebis mortes, 10 seulement reconnues par l'ONCF et 50 disparues. Robert Zonch, conseiller général : « Ce cri de désespoir, il faut le transformer en cri d'espoir, faire savoir qu'il y a des femmes et des hommes qui vivent dans ces montagnes ; ils ont autant droit à la vie que les bêtes, les ours ne sont pas en danger, ce sont les hommes et les femmes de ce pays qui le sont... »

Et puis, ressenti par tous comme une provocation : le plan « Vigie », des patrouilleurs chargées de la police environnementale. Ressenti comme une atteinte grave aux libertés.

Pastoralisme, élevage ovin et prédation dans le sud-est de la France

Pastoralisme, élevage ovin et prédation dans le sud-est de la France

Edmond Tchakérian (IE), Jean-François Bataille (IE), Marc Dimanche (SIME), Jean-Pierre Legeard (CERPAM)

1. IMPORTANCE DE L'ELEVAGE OVIN

1.1 Des régions avec une forte spécificité pastorale

Si l'on définit le pastoralisme comme des modes d'élevage qui s'appuient en partie ou totalité durant la campagne sur l'utilisation par le pâturage d'espaces dits naturels, l'importance de ces pratiques est manifeste dans les régions du sud de la France. Les surfaces toujours en herbe peu productives ou parcours y sont nettement majoritaires dans la surface fourragère des exploitations d'élevage à l'échelle de ces régions (voir graphique 1) : 71% en Provence-Alpes- Côte d'Azur (PACA), 65% en Languedoc-Roussillon par exemple.

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