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Communiqué du vendredi 9 mai 2014

Groupe national loup
Le gouvernement va-t-il sacrifier le pastoralisme sur l'autel du loup ?

L'association Éleveurs et Montagnes a participé mercredi 7 mai au Groupe national loup, à Lyon. A sa sortie, le président de l'association s'est insurgé contre la décision du gouvernement qui s'entête à poursuivre une stratégie totalement inefficace malgré les chiffres accablants de la prédation et la mise en danger d'une profession littéralement sinistrée, particulièrement dans la région PACA. E&M se tourne vers les élus locaux et les appellent à dénoncer cette situation et à refuser de sacrifier le pastoralisme au profit du loup

Le Groupe national loup s'est réuni mercredi 7 mai, à Lyon. A sa sortie de la réunion, Yves Derbez, président d'E&M, s'est insurgé contre la décision du gouvernement de poursuivre la même stratégie bien que sa totale inefficacité ait été démontrée. Tout prouve aujourd'hui que la gestion du loup en France est une catastrophe : lors de la réunion du GNL, les chiffres du ministère de l'Écologie montrent que le nombre d'attaques est en progression constante (Lire les chiffres ci-dessous). Les loups se multiplient et augmentent de manière exponentielle. Le nombre de constats et de victimes est toujours en hausse. Et malgré ce résultat totalement catastrophique, le gouvernement persiste. Pendant ce temps, la profession continue à s'enfoncer de manière dramatique et pour bon nombre d'éleveurs, notamment dans les Alpes-Maritimes, la situation est irréversible.

Une fortune dépensée en pure perte

Pour la première fois, le gouvernement a même envisagé de mettre en place des « aides à la reconversion » évoquées ouvertement lors du GNL. Une proposition qui a fait bondir la profession. E&M interroge donc le gouvernement : « A-t-il déjà entériné le fait que la plupart des éleveurs sont condamnés à disparaître pour oser évoquer pareil dispositif ? De plus, si une telle éventualité pouvait être envisageable, que vont devenir les éleveurs des vallées de montagne pour lesquels aucune reconversion n'est possible ? »
« Nous ne demandons pas plus d'argent, nous voulons pouvoir travailler normalement », ajoute Yves Derbez. En 2013, 1426 éleveurs ont signé des contrats de protection pour un montant total de 10,4 millions d'euros. Une véritable fortune dépensée en pure perte puisque les attaques continuent de plus belle, et qui constitue en fait la partie immergée de l'iceberg du coût du loup en France.

Le quota de loups à prélever ne sera jamais atteint

Le gouvernement affirme vouloir rendre les tirs de prélèvements plus efficaces et augmenter le nombre de loups à prélever. A quoi bon puisque le nombre à prélever reste toujours inférieur à sa croissance démographique annuelle?
Comment ajouter foi à pareille proposition quand on sait que le quota n'a jamais été atteint et que le moindre arrêté autorisant les prélèvements est immédiatement contré par les associations pro loups ? 3800 chasseurs ont été formés comme louvetiers. « Ils ont joué le jeu en 2013, constate Yves Derbez. Mais combien de temps le feront-ils et ensuite, comment pourra-t-on les remotiver ? De plus, les éleveurs constatent tous que les attaques s'interrompent quand les louvetiers sont présents sur le terrain mais reprennent dès leur départ. Les loups nous observent et s'adaptent. »

Modifier la convention de Berne

Éleveurs et Montagnes a demandé au GNL de se mettre immédiatement au travail pour obtenir le changement de statut de l'espèce et la modification de la convention de Berne.

Par ailleurs, l'association s'élève contre le danger que représente l'introduction en France de chiens catahoulas. Des associations écologistes cherchent à importer ces chiens de Louisiane, censés compléter le travail des Patous et devenir encore un objet d'études et de subventions parmi tant d'autres. « Ce sont des chiens de chasse à caractère dominant, servant parfois à lever des bovins des marais en les intimidant en groupe. Les catahoulas sont difficilement gérables et de réputation très agressive, voire dangereuse. Ils sont totalement inadaptés à la protection des troupeaux. Ils n'ont d'ailleurs jamais servi à affronter ou courser des loups, alerte Yves Derbez. C'est absolument irresponsable de la part de ces associations. Certains éleveurs mal informés risquent de les utiliser et ensuite, en cas d'accident, ce sont eux qu'on incriminera.»
L'association demande également tant au gouvernement qu'au syndicalisme majoritaire européen et à la Commission Européenne des éclaircissements sur les intentions à l'égard de la profession concernant le confortement de la législation en vigueur et les accords de cohabitation en cours à la Direction Générale de l'Environnement de la Communauté Européenne.
« Si les élus de terrain ne réagissent pas, la profession est condamnée et leurs communes aussi », estime par ailleurs Yves Derbez qui va maintenant aller à leur rencontre pour obtenir leur soutien.

Des chiffres alarmants
Va-t-on laisser le loup proliférer en France sans réagir ?

E&M s'interroge sur les raisons du surprenant optimisme affiché par le gouvernement alors que les chiffres sont plus alarmants que jamais. « Tous les clignotants sans exception sont au rouge », constate le président d'E&M.

En 2013, 21 meutes ont été repérées, réparties sur 31 zones de présence permanente. 18 départements et 300 communes ont été touchés. En 2014, on passe à 27 meutes sur 38 zones de présence permanente.
En 2013, le nombre de communes concernées par une présence régulière a augmenté de 14% et le nombre de communes concernées de manière irrégulière de 17%. En 2013, 266 constats ont été dressés au 1er avril et 905 victimes recensées.
En 2014, on atteint 338 constats au 1er avril avec 1047 victimes. Sachant qu'à cette période de l'année, seules sont concernées les bêtes en extérieur à l'année, on peut s'attendre à des chiffres beaucoup plus élevés lorsque les autres troupeaux sortiront.
74% des constats et 77% des victimes sont concentrées en région PACA. 1426 constats de protection ont été signés en 2013 pour un montant de 10,4 millions d'euros.
Quant au nombre de loups, il est évalué dans une fourchette comprise entre 221 et 381 bêtes. Une projection en 2015 montre qu'on passerait à une population comprise entre 221 et 538 loups. L'espèce n'est pas menacée en France.

Sources : ministère de l'Ecologie et DREAL Rhône-Alpes.