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Communiqués de presse de l'association Eleveurs et Montagnes

Communiqué d'Eleveurs et Montagnes du 5 février 2013

Communiqué d'Eleveurs et Montagnes du 5 février 2013

Groupe national loup

« Le plan loup avance à petits pas pendant que le loup avance à grands pas ! » déclare Yves Derbez

Les représentants de l'association Eleveurs et Montagnes ont participé aujourd'hui, 5 février 2013, à la réunion du Groupe National Loup au ministère du développement durable, à Paris. La présentation du nouveau Plan loup 2013-2017 était à l'ordre du jour mais sa rédaction définitive a été repoussée au mois de mars. A la sortie de cette réunion, Yves Derbez, président d'E&M s'est dit « toujours mitigé et inquiet ».

« Le plan loup avance à petits pas pendant que le loup avance à grands pas, a-t-il déclaré. Il n'y a rien de vraiment nouveau, si ce n'est quelques propositions positives et la volonté de bien faire... J'ai peur qu'ils ne mettent pas les moyens nécessaires pour appliquer les nouvelles mesures qu'ils ont évoquées aujourd'hui. Je crains que nous ne soyons finalement très déçus du résultat. »

"Les loups se multiplient et les éleveurs en font les frais"

« Tout se passe comme si le gouvernement avait pris conscience de la situation, comme le prouve la présence pour la première fois des deux ministres de l'agriculture et de l'écologie au Groupe National Loup. Christophe Castaner a présidé le GNL et mené les débats toute la journée de façon magistrale et lui se dit optimiste. Mais nous, nous avons l'impression qu'ils sont empêtrés dans ce dossier. Ils ont la volonté de nous aider mais ne savent pas comment gérer le problème du loup. Ils nous parlent d'augmenter le seuil des tirs de prélèvement mais rien n'est chiffré. Nous n'avons pas pu avoir le texte complet du Plan Loup. On ne nous a communiqué que les têtes de chapitre. On nous balade de réunion en réunion longues et fastidieuses, de palabres en palabres. Pendant ce temps, les loups se multiplient et ce sont les éleveurs qui en font les frais. »

Le problème de la présence du loup dans les parcs nationaux et régionaux va par ailleurs faire l'objet d'une réflexion spécifique dans un groupe de travail créé spécialement pour trouver des solutions. Le GNL se réunira à nouveau fin mars pour continuer l'examen du Plan loup 2013-2017.

Groupe national loup : des avancées

Communiqué d'Eleveurs et Montagnes du 19 décembre 2012

Groupe national loup : des avancées

Yves Derbez, président d'E&M, participait ce mercredi 19 décembre à une réunion du Groupe National Loup (GNL) à Lyon. A l'issue de cette réunion, il s'est montré satisfait mais tient à rester vigilant en attendant la publication du nouveau Plan loup. Il salue les avancées et l'amorce d'un dialogue nouveau avec l'ensemble des participants présents au GNL sur des questions qui n'avaient encore jamais été abordées. « Les ministères ont pris conscience des problèmes économiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés et nous avons l'impression que les associations écologistes l'ont compris aussi. L'important, c'est qu'on arrive à communiquer. Pour notre part, notre profession reste très unie et parle d'une même voix, ce qui est aussi très positif. C'est pourquoi, nous avons des raisons d'espérer. »

Stopper la prolifération des loups

Les éleveurs ont à nouveau réclamé de stopper la prolifération des loups. « La nouvelle méthode de comptage mis au point par Olof Liberg, l'expert suédois, va modifier le nombre de loups à prélever et probablement augmenter les prélèvements, poursuit Yves Derbez. Les tirs de défense accordés aux éleveurs menacés par des loups sont maintenus. Une cellule spéciale d'intervention de proximité va être mise en place en cas de danger pour un troupeau. Elle sera composée de représentants de l'ONCFS, de louvetiers, de chasseurs et d'éleveurs volontaires. Elle sera activée sur décision préfectorale dans les zones de présence permanente du loup où des attaques auront été prises en compte durant l'année en cours ou pendant l'année précédente. Ces mesures semblent signifier que nous avons une augmentation de la densité du dispositif, ce qui constituerait une véritable avancée. Cependant, nous restons très vigilant jusqu'à ce qu'elles soient effectives. »

Se défendre dans les parcs nationaux

Autre sujet abordé pour la première fois en GNL, la question des parcs nationaux et de la possibilité de se défendre sur ces territoires particuliers. « Le seul fait d'évoquer cette question est un progrès », s'est félicité Yves Derbez.

La trame du futur plan loup sera prête pour la fin du mois de janvier et sera débattue au GNL lors de sa prochaine réunion, prévue le 5 février 2013, à Paris. Yves Derbez a déploré l'absence de la ministre de l'écologie et celle de Christophe Castaner, député des A.H.P, et il espère qu'ils assisteront à la prochaine réunion.

Communiqué de presse du mardi 16 octobre 2012

Communiqué de presse du mardi 16 octobre 2012

Yves Derbez, président de l'association Eleveurs et Montagnes, a participé aujourd'hui, mardi 16 octobre, à une réunion du Groupe National Loup qui se tenait au ministère de l'Ecologie. Cette réunion avait pour objet d'examiner les résultats du plan loup 2008-2012 et de travailler à l'élaboration du prochain plan loup 2013-2018.

« Ce ne sera pas facile, il nous faut rester mobilisés mais nous avons enfin des raisons d'espérer, a déclaré Yves Derbez à sa sortie du ministère. Les deux experts mandatés par les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture ont fait remonter des propositions intéressantes. On envisage des solutions qui montrent que tout le monde a pris conscience de ce qui est train de se passer pour les éleveurs et qu'on ne peut pas continuer comme ça. Je me félicite, par ailleurs, que Christophe Castaner, député des Alpes-de-Haute-Provence, ait été nommé représentant auprès du gouvernement de tous les députés français concernés par la prédation. »

« En ouverture de la réunion, Mme Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, nous a clairement fait comprendre qu'on ne peut plus continuer à dépenser sans compter pour le loup à un moment où il y a des restrictions budgétaires partout. Il va falloir trouver des solutions et faire des économies. On nous parle de plan de gestion. C'est selon moi un point très positif. Le gouvernement veut aller très vite et prend le dossier à bras le corps. Il a pour objectif de terminer le nouveau plan loup pour le mois de mars prochain. »

Yves Derbez sera présent aux prochaines réunions du comité national qui se tiendront à Lyon, les 14 novembre et 5 décembre. Quant au Groupe national Loup, il se réunira à nouveau le 19 décembre prochain à Paris.

Un éleveur sous pression craque

Communiqué du 23 août 2012

L'éleveur de Saint-Martin d'Entraunes agresseur des agents du Parc du Mercantour témoigne

Un éleveur sous pression craque

Deux agents de l'Etat ont été agressés le 8 août, à Saint-Martin d'Entraunes, dans les Alpes-Maritimes, par un éleveur de moutons excédé par leurs propos, alors qu'ils étaient venus réaliser un constat après une attaque de loup sur son troupeau. Eleveurs et Montagnes a recueilli son témoignage exclusif. Selon nos informations, l'éleveur a réagi à une réflexion de l'un des agents qui lui a dit préférer le loup aux bergers. Didier a 44 ans et 2200 bêtes en alpage. Il est installé depuis 1985 et son casier judiciaire est vierge...
L'association Eleveurs et Montagnes regrette que des agents de l'Etat aient été blessés mais n'est pas surprise que des éleveurs finissent par en arriver à de telles extrémités, étant donnée la pression à laquelle ils sont soumis à cause des attaques de loups. "Un agent de l'Etat n'a pas à prendre position de cette façon. Entendre de tels propos juste après une attaque, il y avait de quoi perdre son sang-froid, a déclaré ce matin Yves Derbez, président d'E&M. C'était une véritable agression verbale. Si on ne fait pas quelque chose, il y aura d'autres drames qui risquent d'être encore plus graves !"

Ci-dessous le témoignage de l'éleveur.

« Le mardi 7 août, j'ai trouvé 2 agneaux en morceaux dans un vallon et le lendemain un troisième. Le mercredi, j'ai donc appelé comme d'habitude le répondeur de la DDTM pour signaler cette attaque et un quart d'heure après, la DDTM m'a rappelé en me disant qu'elle n'avait pas de vacataire disponible sur place pour faire le constat. Elle m'a signalé qu'un agent du parc était présent sur le col des 30 souches et m'a demandé de lui apporter les agneaux là-bas.

« Il m'aurait fallu plus d'une heure pour sortir les agneaux du vallon et encore une autre pour les apporter au col. J'ai refusé et réclamé qu'on fasse le constat sur place. Le ton est monté. Je lui ai raccroché au nez. Vers 14h, j'ai vu arriver les agents du parc à la cabane. J'ai cru qu'on allait se rendre sur place. L'agent qui devait faire le constat avait une sciatique et ne voulait pas se déplacer. Il était déjà venu chez moi une dizaine de fois faire des constats et tout s'était toujours bien passé. Je lui ai dit que je n'en avais plus rien à faire et que maintenant, je voulais défendre mon gagne-pain. Avec l'agent du parc, il y a avait un stagiaire qui m'a dit de me taire et de m'adresser à leurs chefs, en bas. Le ton est monté et le stagiaire a fini par me dire que de toute façon, lui il était pour le loup et que les moutons, il n'en avait rien à faire. Je lui ai dit de dégager, de foutre le camp. La tension est montée et comme il refusait de partir, je n'ai plus pensé à rien. Je me suis révolté et j'ai fait une connerie. J'ai frappé l'autre agent accidentellement.

« Ces paroles-là, elles n'auraient pas dû exister. Je ne les ai pas supportées. Il faut respecter l'homme et son travail ! Je sais que je n'aurais pas dû faire ça. Je n'avais jamais frappé qui que ce soit de ma vie. Mais il arrive un moment où ça explose. Si j'ai commis cet acte, c'est parce que la pression est trop montée. Depuis le mois de juin, nous avons une à deux attaques de loups par semaine. Avant, ils attaquaient la nuit mais maintenant, c'est en plein jour. Nos patous sont débordés et ne peuvent rien faire. On en est à plus d'une quinzaine d'attaques au total. En ce moment, j'ai 25 bêtes disparues qui ne seront jamais indemnisées. Je continue à retrouver des bêtes mortes plusieurs semaines après, qui elles non plus ne seront jamais indemnisées. Le troupeau est stressé et l'an prochain, nous aurons moins d'agnelage. Notre revenu baisse et si ça continue, ça ne sera plus intéressant. Il faut savoir ce qu'on veut : des bêtes sauvages partout et manger de la merde ?

« Moi je suis là pour m'occuper de mon troupeau et pour donner aux gens des agneaux de qualité. Je ne suis pas là pour nourrir les loups ! Après cette histoire, j'ai eu trois autres attaques et personne n'est venu faire le constat. Le préfet a dû demander à la gendarmerie d'intervenir. Je suis abandonné dans la montagne avec mon troupeau et les loups. »

Propos recueillis le 23 août 2012

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