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Communiqués de presse de l'association Eleveurs et Montagnes

Communiqué du 22 août 2012

Yves Derbez à la foire de Thoard : « Eleveurs et Montagnes continuera à se battre ! »

Yves Derbez, président d'éleveurs et montagnes est intervenu en fin de matinée en faveur des éleveurs à la foire agricole de Thoard, ce mercredi 22 août. Il a déploré le peu d'évolution du dossier loup malgré les efforts de l'association. Lire son discours ci-dessous.

Etaient également présents de nombreuses personnalités parmi lesquelles Gilbert Sauvan, député des Alpes de Haute-Provence et Jean-Louis Bianco, président du Conseil général. Comme l'a rappelé Jean-Louis Bianco, lui-même et les deux députés des Alpes de Haute-Provence, Gilbert Sauvan et Christophe Castaner ont décidé de faire front commun pour obtenir la révision de la commission de Berne concernant la protection du loup et sa classification comme « espèce menacée ». « La bataille pour la convention de Berne est commencée et nous voulons la gagner », a déclaré Jean-Louis Bianco. Les trois élus du 04 ont également saisi les ministres de l'agriculture et de l'écologie sur cette question. « Le loup n'a pas sa place dans les alpages. Il faut que des mesures soient prises », a déclaré GilBert Sauvan. Yves Derbez reste quant à lui assez réservé sur ces déclarations qu'il a déjà entendues et attend de voir des avancements concrets.

Discours d'Yves Derbez – Thoard

Mercredi 22 août 2012, 11h30

Je me trouve à nouveau devant vous aujourd'hui, à Thoard, comme l'an dernier à la même date, pour évoquer le problème des prédations et des attaques de loups.

Je dois malheureusement le reconnaître : malgré les efforts de l'association Eleveurs et Montagnes et de toutes les structures concernées, les choses n'ont pas évolué. Durant toute l'année, nous n'avons pas cessé de demander qu'une régulation sérieuse et efficace soit mise en place. Nous avons alerté les élus locaux, les ministres de l'écologie et de l'agriculture, le président Hollande, sur la situation désastreuse des éleveurs.

Nous leur avons expliqué les dangers qui guettent le pastoralisme. Nous avons appelé à l'aide. Nous avons montré que les mesures de protection sont inefficaces, que le loup s'y adapte et continue d'attaquer, même quand les bêtes sont sous surveillance. Les parcs ne les mettent pas à l'abri. Les chiens de protection qu'on nous a demandés d'utiliser posent des problèmes aussi, en s'en prenant aux touristes. Et c'est les éleveurs qui sont montrés du doigt et condamnés !

La réponse de notre ministère de tutelle n'a pas été à la hauteur de nos attentes, loin s'en faut ! C'est l'immobilisme total. Rien ne bouge. Et pourtant quelque chose a changé depuis l'an dernier : nous avons élu un nouveau gouvernement qui nous a annoncé le changement, et le changement, nous a-t-il promis, « c'est maintenant ». C'est justement ce nous n'arrêtons pas de demander, le changement ! Mais il faut croire que nous n'étions pas concernés.

Que font nos nouveaux ministres ? Ils demandent qu'on prenne encore une fois le chemin de la concertation. Ils prétendent défendre le pastoralisme mais ne font rien de concret. A nouveau, nous allons multiplier les réunions, toujours aussi longues et stériles.

Et pendant ce temps, les loups prolifèrent et les éleveurs craquent. Jusqu'à présent, nous avons toujours accepté le dialogue. Nous avons travaillé avec eux et nous les avons écoutés, avec autant de calme et de sérénité que possible. Nous avons participé à toutes leurs réunions. Pour quel résultat ? Aucun !

La ministre de l'Ecologie nous a annoncé une réunion le 31 août prochain pour une évaluation du plan national d'action loup. L'après-midi, un super expert biologiste suédois, M. Liberg, missionné par le ministère de l'écologie, va nous apprendre comment faire avec les loups. Comment cette personne mandatée par le ministère de l'écologie peut-elle être réellement objective ?

Combien de temps va-t-on encore se moquer de nous ? Le loup, on le connaît bien. On sait déjà parfaitement à quoi s'en tenir et on a déjà assez discuté !

Nous voulons des actions concrètes, immédiates, et des résultats ! Depuis des années, les ministres se succèdent et prennent les uns après les autres des mesurettes inefficaces. Nous tournons en rond. Et pendant ce temps, nous subissons des attaques et nos exploitations sont menacées.

Pour les médias, on manipule à qui mieux mieux les chiffres qui sont utilisés à nos dépends. Les attaques ont soit disant baissé cette année dans le 04. En réalité, si l'on fait exception des 2 grosses attaques de l'Ubaye de l'an dernier, exceptionnelles par le nombre de victimes, on se rend compte qu'il y a plus de victimes cette année qu'en 2011.

Et je ne vous parle pas du nombre de loups présents dans les Alpes qui est tellement sous-évalué que ça en devient ridicule ! Quoiqu'en disent les pouvoirs publics et notamment le ministère de l'écologie, la prédation continue à augmenter de manière vertigineuse.

En plus, on sait que les étés secs, comme cette année, les loups ont plus de mal à attaquer. Ils sont plus à l'aise quand il pleut. Cet été très sec explique donc aussi la soit disant baisse des attaques. Mais que va-t-il se passer s'il se met à pleuvoir ? Nous vivons dans l'angoisse. La peur nous suit au quotidien et ça, nous en avons assez.

Même si je suis aujourd'hui amer et en colère, je tiens à vous dire que l'association Eleveurs et Montagnes ne baissera pas les bras. Nous allons continuer à nous battre.

Nous allons bientôt modifier nos statuts pour devenir une association régionale. Nos collègues des Alpes maritimes, du Var et de la Lozère dernièrement vont nous rejoindre. Nous avons rencontré des éleveurs italiens qui eux aussi n'en peuvent plus. Nous sommes de plus en plus nombreux à nous serrer les coudes.

L'existence même de notre association commence d'ailleurs à en gêner certains. C'est bon signe ! Que ces gens-là et les autres sachent bien que nous n'abandonnerons pas tant que nous n'aurons pas obtenu une réelle transparence sur le nombre de loups présents sur notre territoire et une véritable régulation !

Nos ancêtres avaient conclu à la nécessité d'éradiquer le loup. Même si nous ne souhaitons pas forcément en arriver là, je ne pense pas que nous soyons plus intelligents qu'eux...

Communiqué Eleveurs et Montagnes du 27 juillet 2012

Le changement, c'est maintenant ou jamais !

L'association Eleveurs et Montagnes considère que l'annonce, par la ministre de l'écologie, d'un processus de concertation sur le futur Plan national loup est une initiative positive. Yves Derbez, président d'E&M, tient par ailleurs à remercier la députée européenne Rachida Dati pour avoir attiré l'attention du parlement européen sur la situation des éleveurs face aux prédations.

«Pendant 5 ans, le gouvernement précédent nous a fait des promesses et nous n'avons rien vu venir, a déclaré ce matin le président d'E&M. Nous espérions que les choses allaient changer avec ce nouveau gouvernement mais nous craignons aujourd'hui de repartir dans un nouveau cycle de réunions, avec l'impression que l'on cherche à jouer la montre contre nous.

Nous comprenons que la nouvelle ministre de l'Ecologie ait besoin de s'approprier le dossier mais les services de l'Etat y travaillent depuis longtemps et pour nous, le temps presse. Il faut, dès que possible, engager une opération de transparence des chiffres qui mette à jour la réalité du nombre de loups en France et organiser immédiatement une régulation réellement efficace.

L'heure n'est plus à la concertation. Le processus d'analyse du plan loup précédent, de l'efficacité des mesures de protection, a déjà été enclenché. La Drôme a été auditée et les Alpes de Haute Provence le seront en septembre. Nous savons que les mesures de protection sont inefficaces. Et pendant que nos élus réfléchissent, les bergers quittent les alpages les uns après les autres, épuisés après tant de nuits blanches à surveiller leurs troupeaux en vain, persuadés que personne ne leur viendra en aide.

A la fin de l'année, bon nombre d'entre nous auront jeté l'éponge si rien de concret n'est fait d'ici là. Nous allons entrer dans la 2e moitié de l'estive, la plus dangereuse pour les troupeaux. Des attaques ont lieu tous les jours. Pour nous, ce ne sont pas de simples statistiques. Ce sont des drames insupportables, des pertes toujours plus importantes, l'impossibilité de faire notre métier dans des conditions décentes, humainement et financièrement.

Mesdames, Messieurs les députés européens, Madame la ministre de l'écologie, le loup compte-t-il plus pour vous qu'une filière professionnelle rentable et dont la production est appréciée et reconnue pour sa qualité ? Avez-vous mesuré les conséquences de sa disparition dans l'écosystème et le tourisme alpins ?

Le changement, c'est maintenant qu'on en a besoin. »

Communiqué du 20 juillet 2012

Réunion "Loup" de Valence - La mise au point d'Eleveurs et Montagnes

L'association Eleveurs et Montagnes regroupant plus de 300 professionnels de PACA a participé hier à la réunion interprofessionnelle et intersyndicale à Valence (Drôme), consacrée au loup. A l'issue de la réunion, Yves Derbez, président de l'association a fait au nom d'E&M la déclaration suivante : « Dans un contexte tendu, face à des professionnels particulièrement éprouvés par les attaques de loups, il nous paraît essentiel de faire écho à la colère des éleveurs par des actions concrètes et efficaces.

Nous voulons obtenir

• une réelle régulation du nombre de loups,

• la transparence sur les chiffres,

• qu'il n'y ait plus de victimes des prédations,

• que les attaques cessent !

Et pour y parvenir, nous sensibilisons le grand public à la qualité de notre travail, à l'importance du pastoralisme pour la montagne, aujourd'hui mis à mal et menacé. Il nous paraît essentiel de valoriser notre professionnalisme et notre sérieux.

C'est pourquoi nous allons poursuivre ce travail de fond que nous avons entrepris, sans prendre part à des « coups de communication » qui nous semblent coûteux et inutiles. Nous allons continuer à fédérer les éleveurs de nos différentes régions, à travailler avec les associations des autres massifs français, pour que tous nos collègues sachent exactement ce qui se passe et que nos difficultés soient prises en compte par le gouvernement. Nous allons aussi poursuivre les échanges engagés avec nos homologues européens confrontés aux mêmes difficultés que nous. »

Loup – 1ère Rencontre Franco-italienne de Barcelonnette sur la prédation et le loup


  Eleveurs et Montagnes

COMMUNIQUE


Eleveurs et Montagnes – Fédération régionale ovine du sud-est – Jeunes agriculteurs – Fédération départementale ovine – chambres d'agriculture 04,06 et 83 – Association Alte Terre (Val Maïra, Piémont , Italie) – Associazione pastori lombardi

Loup – 1ère Rencontre Franco-italienne de Barcelonnette sur la prédation et le loup 19 juin 2012

De nombreuses personnalités françaises et italiennes se sont réunies pour la première fois mardi 19 juin à Barcelonnette à l’invitation des associations « Eleveurs et Montagnes » et des « Indignés de l’Ubaye » pour échanger sur les conséquences de la prédation du loup sur le pastoralisme.

A l’issue de cette réunion, les participants représentant l’association Eleveurs et Montagnes, la Fédération régionale ovine du sud-est, Jeunes agriculteurs, la Fédération départementale ovine, les chambres d’agriculture 04,06 et 83, les membres de l’association Alte Terre (Val Maïra, Piémont , Italie) et de l’Associazione pastori lombardi ont signé le communiqué suivant :

Ils réclament aux pouvoirs politiques et aux parlementaires

- Une régulation efficace et sérieuse ne mettant pas en danger l’espèce et se substituant aux actuels prélèvements, tout en reconnaissant aux travailleurs de la terre le rôle fondamental d’un pastoralisme durable dont les Alpes ont besoin,

- Une révision de la Convention de Berne, comme la Suisse en a engagé le processus.

- Que ces mesures soient prises avant qu’un drame humain ne survienne qui marquerait l’histoire du pastoralisme alpin, avant que ne disparaisse une activité immémoriale et la qualité de nos paysages, patrimoine de nos vallées. (…)

- de pouvoir travailler normalement, sans que pèse une pression inutile et préjudiciable sur les troupeaux et les éleveurs.

Les représentants du pastoralisme italien et français demandent aux pouvoirs publics italiens et français de communiquer de manière réellement transparente sur le nombre réel de loups installés sur le territoire, ainsi que sur le coût total de la prédation.

Ils rappellent que les éleveurs français ont, dans leur très grande majorité, appliqué toutes les mesures de protection préconisées. Ces mesures ont provoqué des dégâts sur l’environnement en détruisant la qualité des zones pâturées. Malgré les indéniables efforts d’adaptation de la profession, malgré une charge financière de plusieurs dizaines de millions d’euros supportée par le contribuable, la situation actuelle n’est plus tenable.

La prédation est en constante progression depuis 20 ans. Elle a déjà de très néfastes impacts socio-économiques et socioculturels dans les vallées qui n’ont jamais été pris en compte. Elle a aussi un impact négatif sur la biodiversité végétale et animale, lorsque des zones boisées ou des alpages ne sont plus pâturés. Aucun enjeu écologique vital n’est lié à la présence des loups, au moment où d’autres espèces du monde animal sont réellement menacées. Le loup lui, ne l’est plus.

La question des indemnisations n’est pas au centre des revendications des éleveurs qui souhaitent simplement qu’on respecte leur métier.

A l’issue de la réunion, a été décidée la création d’un groupe de travail franco-italien sur le problème du loup, groupe qui pourra être élargi à des participants d’autres pays européens et qui aura pour objectif de contribuer à la rédaction d’une directive européenne sur le pastoralisme.

PRESENT(E)S et PARTICIPANT(E)S

  • M. Luca BATTAGLINI, Professeur Université de Turin
  • M. Michele CORTI, Professeur Université de Milan
  • Mme Marzia VERONA, Docteur en matière forestière, éleveuse
  • M. Arnoldo GIAVELLI, vice président de la Communità Montana Valle Stura
  • M. Stefano MARTINI, Écomusée du Pastoralisme, Communità Montana Valle Stura
  • M. Mariano ALLOCCO, ancien éleveur, ancien Pt de la Communità Montana Valle Maïra
  • Mme Sylvie ESPECIER Sous-préfet de Barcelonnette
  • M. Francis SOLDA, président de la Fédération Départementale Ovine (FDO 04)
  • Mme Anne DUME, Sce de l'Agriculture, Direction Départementale des Territoires (DDT 04)
  • M. Damien ISNARD, Sce de l'Agriculture, Direction Départementale des Territoires (DDT 04)
  • M. Jean DEBAYLE, président d'Estivalp, association des Groupements Pastoraux des AHP
  • M. Frédéric ESMIOL, président de la Chambre d'Agriculture des Alpes de Haute-Provence
  • M. Michel DESSUS, président de la Chambre d'Agriculture des Alpes-Maritimes
  • Mme Catherine STENGUEL, responsable du pôle Élevage et Montagne, Ch. d'Agriculture 06
  • M. Jacques COURRON, éleveur ovin, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs des Alpes-Maritimes
  • M. Guillaume LEBAUDY, ethnologue, Maison du Berger à Champoléon, Hautes-Alpes
  • M. Laurent GARDE, éco-pastoraliste et chercheur au CERPAM, Manosque
  • M. Rémi LECONTE, Maison Régionale de l'Élevage, Manosque
  • M. Émile TRON, maire de Méolans-Revel
  • M. Michel ISAÏA, lieutenant de Louvèterie, Méolans-Revel
  • M. Yves DERBEZ, président de l'association Eleveurs et Montagnes, ainsi que des membres de l'association
  • M. Pierre MARTIN-CHARPENEL, président de l'association Le loup et les Indignés de l'Ubaye, ainsi que des membres de l'association
  • Traducteur : Fabio MARCHESAN

AUDITEURS

Témoins :

  • Anne VALLAEYS, écrivain
  • Jérôme SEGUR, ZED Production, Paris
  • Andrea DAEGLIO et Allessandro ABBA LEGNATI, MU Produzione, Turin

Presse et medias

  • France 3 Provence, La France Agricole, la revue Pâtre, Le Dauphiné Libéré, La Provence, agence Oyopi

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