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Communiqués de presse de l'association Eleveurs et Montagnes

Communiqué du mercredi 23 avril

Assemblée générale à Sisteron : E&M veut mobiliser les élus locaux

L'association Eleveurs et Montagnes a tenu, mardi 22 avril, son assemblée générale à Sisteron, à l'invitation de Daniel Spagnou, maire de la ville et vice-président de l'association des maires de la région PACA. La situation continuant à se dégrader au risque de menacer toute la filière économique, E&M continue le combat et a entrepris de mobiliser les élus locaux qui sont appelés à venir soutenir la filière.

L'assemblée générale de l'association Eleveurs et Montagnes s'est tenue hier à Sisteron, en présence de plus de 200 éleveurs venus de la région PACA et d'autres départements de montagne. Des éleveurs désespérés et, de plus, en colère, déçus et surpris de ne pas voir davantage d'élus présents à leurs côtés alors que leur situation ne cesse de s'aggraver. D'où la volonté d'E&M d'aller à leur rencontre pour les sensibiliser et les informer. L'association a décidé d'ouvrir ses adhésions aux élus, chasseurs et autres sympathisants décidés à défendre le pastoralisme et à lutter contre la prédation.
Lors de cette AG, E&M a obtenu un soutien important : celui de Colette Charriau, conseillère régionale EELV. « Je prends acte aujourd'hui de la gravité de la situation et m'engage à être votre relais au conseil régional », a-t-elle déclaré aux éleveurs présents à Sisteron. « Elle a compris l'importance de notre filière économique dans la région et se fera notre porte-parole », se félicite Yves Derbez, président d'E&M. Daniel Spagnou, maire de Sisteron, et Pierre Martin-Charpenel, maire de Barcelonnette, ont également confirmé leur soutien à l'association.

Un tableau alarmant

Tous les intervenants invités à s'exprimer durant l'AG ont dressé un tableau alarmant des conséquences de la présence du loup sur toute la filière ovine : éleveurs, coopératives, etc. La profession est soit déjà sinistrée, comme dans les Alpes-Maritimes, soit sur le point de le devenir. Les derniers chiffres exposés par Mme Fournier, directrice de la DDT 04, montrent que le budget consacré aux indemnisations va augmenter. 22 départements ont été touchés en 2013 contre 16 en 2012. 1870 attaques et plus de 7000 victimes ont été recensées en France, selon Mme Fournier qui précise que « la lutte contre la prédation entraîne un surcroît de travail de 600 heures par an pour l'éleveur ».
« 85% des attaques ont été constatées sur des troupeaux protégés et gardés par des patous », a rappelé Marc Dimanche, directeur du CERPAM. Ce chiffre monte à 100% dans les Alpes maritimes, prouvant que les mesures de protection ont bien été mises en place et ne servent à rien. Le loup est présent partout et l'évolution du territoire du loup est « quasi exponentielle », selon M. Dimanche. Il a également montré qu'ailleurs, la cohabitation avec l'animal ne se passe pas mieux qu'en France, contrairement à une idée très répandue. Le loup n'est plus aujourd'hui « le problème des alpages d'altitude. Il concerne l'ensemble de la filière, toute l'année ».

Dégâts collatéraux

Jean-Luc Champion, vétérinaire du Groupement de Défense Sanitaire, a quant à lui fait état des dégâts collatéraux de la prédation sur l'élevage avec le développement sans précédent de maladies comme le ténia et la cœnurose, propagés par les patous et aggravés par le confinement des bêtes dans les parcs. Les loups sont eux aussi porteurs de ces maladies.
Au-delà des éleveurs, c'est donc toute une filière qui est impactée, comme l'a rappelé Sylvain Béhéty, de la coopérative des Bergers du soleil : « Le loup s'attaque aussi à des produits emblématiques comme l'agneau de Sisteron alors que nous avions réussi à relancer la dynamique commerciale et que les ventes augmentent de 15 à 17% par an ! A cause du loup, nous n'arrivons pas à trouver des éleveurs pour faire des agneaux entre septembre et novembre alors qu'on en manque cruellement ! »
Le loup est partout, dans toute l'Europe. Le combat contre l'animal a donc pris une envergure européenne avec la constitution d'un collectif de scientifiques dont la création a été annoncée durant l'AG. Eleveurs et Montagnes est associée à cette initiative.
L'association poursuivra donc sa mission d'information et de sensibilisation, tout particulièrement auprès des élus locaux. Elle prépare maintenant sa participation au prochain Groupe National Loup prévu le 7 mai prochain, à Lyon.

 

 

Communiqué du vendredi 9 mai 2014

Groupe national loup
Le gouvernement va-t-il sacrifier le pastoralisme sur l'autel du loup ?

L'association Éleveurs et Montagnes a participé mercredi 7 mai au Groupe national loup, à Lyon. A sa sortie, le président de l'association s'est insurgé contre la décision du gouvernement qui s'entête à poursuivre une stratégie totalement inefficace malgré les chiffres accablants de la prédation et la mise en danger d'une profession littéralement sinistrée, particulièrement dans la région PACA. E&M se tourne vers les élus locaux et les appellent à dénoncer cette situation et à refuser de sacrifier le pastoralisme au profit du loup

Le Groupe national loup s'est réuni mercredi 7 mai, à Lyon. A sa sortie de la réunion, Yves Derbez, président d'E&M, s'est insurgé contre la décision du gouvernement de poursuivre la même stratégie bien que sa totale inefficacité ait été démontrée. Tout prouve aujourd'hui que la gestion du loup en France est une catastrophe : lors de la réunion du GNL, les chiffres du ministère de l'Écologie montrent que le nombre d'attaques est en progression constante (Lire les chiffres ci-dessous). Les loups se multiplient et augmentent de manière exponentielle. Le nombre de constats et de victimes est toujours en hausse. Et malgré ce résultat totalement catastrophique, le gouvernement persiste. Pendant ce temps, la profession continue à s'enfoncer de manière dramatique et pour bon nombre d'éleveurs, notamment dans les Alpes-Maritimes, la situation est irréversible.

Une fortune dépensée en pure perte

Pour la première fois, le gouvernement a même envisagé de mettre en place des « aides à la reconversion » évoquées ouvertement lors du GNL. Une proposition qui a fait bondir la profession. E&M interroge donc le gouvernement : « A-t-il déjà entériné le fait que la plupart des éleveurs sont condamnés à disparaître pour oser évoquer pareil dispositif ? De plus, si une telle éventualité pouvait être envisageable, que vont devenir les éleveurs des vallées de montagne pour lesquels aucune reconversion n'est possible ? »
« Nous ne demandons pas plus d'argent, nous voulons pouvoir travailler normalement », ajoute Yves Derbez. En 2013, 1426 éleveurs ont signé des contrats de protection pour un montant total de 10,4 millions d'euros. Une véritable fortune dépensée en pure perte puisque les attaques continuent de plus belle, et qui constitue en fait la partie immergée de l'iceberg du coût du loup en France.

Le quota de loups à prélever ne sera jamais atteint

Le gouvernement affirme vouloir rendre les tirs de prélèvements plus efficaces et augmenter le nombre de loups à prélever. A quoi bon puisque le nombre à prélever reste toujours inférieur à sa croissance démographique annuelle?
Comment ajouter foi à pareille proposition quand on sait que le quota n'a jamais été atteint et que le moindre arrêté autorisant les prélèvements est immédiatement contré par les associations pro loups ? 3800 chasseurs ont été formés comme louvetiers. « Ils ont joué le jeu en 2013, constate Yves Derbez. Mais combien de temps le feront-ils et ensuite, comment pourra-t-on les remotiver ? De plus, les éleveurs constatent tous que les attaques s'interrompent quand les louvetiers sont présents sur le terrain mais reprennent dès leur départ. Les loups nous observent et s'adaptent. »

Modifier la convention de Berne

Éleveurs et Montagnes a demandé au GNL de se mettre immédiatement au travail pour obtenir le changement de statut de l'espèce et la modification de la convention de Berne.

Par ailleurs, l'association s'élève contre le danger que représente l'introduction en France de chiens catahoulas. Des associations écologistes cherchent à importer ces chiens de Louisiane, censés compléter le travail des Patous et devenir encore un objet d'études et de subventions parmi tant d'autres. « Ce sont des chiens de chasse à caractère dominant, servant parfois à lever des bovins des marais en les intimidant en groupe. Les catahoulas sont difficilement gérables et de réputation très agressive, voire dangereuse. Ils sont totalement inadaptés à la protection des troupeaux. Ils n'ont d'ailleurs jamais servi à affronter ou courser des loups, alerte Yves Derbez. C'est absolument irresponsable de la part de ces associations. Certains éleveurs mal informés risquent de les utiliser et ensuite, en cas d'accident, ce sont eux qu'on incriminera.»
L'association demande également tant au gouvernement qu'au syndicalisme majoritaire européen et à la Commission Européenne des éclaircissements sur les intentions à l'égard de la profession concernant le confortement de la législation en vigueur et les accords de cohabitation en cours à la Direction Générale de l'Environnement de la Communauté Européenne.
« Si les élus de terrain ne réagissent pas, la profession est condamnée et leurs communes aussi », estime par ailleurs Yves Derbez qui va maintenant aller à leur rencontre pour obtenir leur soutien.

Des chiffres alarmants
Va-t-on laisser le loup proliférer en France sans réagir ?

E&M s'interroge sur les raisons du surprenant optimisme affiché par le gouvernement alors que les chiffres sont plus alarmants que jamais. « Tous les clignotants sans exception sont au rouge », constate le président d'E&M.

En 2013, 21 meutes ont été repérées, réparties sur 31 zones de présence permanente. 18 départements et 300 communes ont été touchés. En 2014, on passe à 27 meutes sur 38 zones de présence permanente.
En 2013, le nombre de communes concernées par une présence régulière a augmenté de 14% et le nombre de communes concernées de manière irrégulière de 17%. En 2013, 266 constats ont été dressés au 1er avril et 905 victimes recensées.
En 2014, on atteint 338 constats au 1er avril avec 1047 victimes. Sachant qu'à cette période de l'année, seules sont concernées les bêtes en extérieur à l'année, on peut s'attendre à des chiffres beaucoup plus élevés lorsque les autres troupeaux sortiront.
74% des constats et 77% des victimes sont concentrées en région PACA. 1426 constats de protection ont été signés en 2013 pour un montant de 10,4 millions d'euros.
Quant au nombre de loups, il est évalué dans une fourchette comprise entre 221 et 381 bêtes. Une projection en 2015 montre qu'on passerait à une population comprise entre 221 et 538 loups. L'espèce n'est pas menacée en France.

Sources : ministère de l'Ecologie et DREAL Rhône-Alpes.

Communiqué du 10 octobre 2013

Didier Trigance condamné à 4000 € d'amendeet 4 mois de prison avec sursis

Didier Trigance dont le procès a eu lieu aujourd'hui au tribunal correctionnel de Nice dans l'affaire qui l'opposait au Parc du Mercantour, a été condamné à 4000 euros d'amende et 4 mois de prison avec sursis.

"Je suis soulagé que ça soit fini, a indiqué l'éleveur à l'issue du procès. Je suis condamné et je vais payer. Mais si la prédation continue comme ça, j'arrêterai le métier. Ca fait 30 ans que je suis éleveur et que je garde en montagne. Ce n'est pas une vie de supporter le stress sans arrêt. Aujourd'hui, il y a atteinte à l'homme. Je suis venu là pour être libre avec mon troupeau. Moi, je ne veux pas mourir avec des chiens blancs et mon troupeau dans un parc. Je veux mourir avec mon troupeau en liberté."

E&M appelle à la mobilisation

A sa sortie du tribunal, Yves Derbez, président d'E&M, a appelé les éleveurs à la mobilisation : "Pour un tribunal, c'est peut-être une décision clémente mais pour nous, il est inacceptable qu'on condamne ainsi un éleveur qui a été provoqué. Nous appelons tous les éleveurs à se mobiliser davantage. Il faut vraiment qu'on se réveille. Aujourd'hui, c'est Didier Trigance qui est jugé mais demain, ça pourrait être moi, ou n'importe qui. Nous sommes très déçus de ce verdict."

Plusieurs attaques par semaine

Pour mémoire, le 8 août 2012, à Saint-Martin d'Entraunes (Alpes-Maritimes), l'éleveur avait pris à parti des représentants du parc du Mercantour venus dresser un constat d'attaque sur son troupeau après que l'un lui ait signifié qu'ils préférait le loup aux moutons. L'éleveur avait réagi à une réflexion de l'un des agents qui lui a dit "préférer le loup aux bergers". Didier subissait à l'époque plusieurs attaques par semaine et en a subi d'autres depuis.

Communiqué du vendredi 20 septembre 2013

E&M se félicite de l'assouplissement du Plan national loup

« Un véritable bond en avant pour le dossier loup »

E&M se félicite de l'assouplissement du Plan loup et demande à participer à la cellule interrégionale afin de pouvoir informer régulièrement les éleveurs de la région PACA

L'association Eleveurs et Montagnes se félicite de l'annonce faite hier, 19 septembre, par le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, d'assouplir le Plan d'action national loup, suite à l'échec de sa mise en place sur le terrain. Lors de battues au gibier, les chasseurs pourront abattre un loup, voire même plusieurs. Pour le bureau de l'association E&M, cette annonce constitue « une avancée particulièrement importante, un véritable bond en avant ».
Les nouvelles mesures surviennent deux semaines à peine après la rencontre à Nice avec la conseillère du président de la République, rencontre au cours de laquelle les représentants d'E&M avaient fait passer le message de l'impossibilité d'appliquer le plan loup en l'état et demandé la mise en place des battues.
« Notre demande a été entendue, se félicite Yves Derbez. Nous sommes fiers aujourd'hui d'avoir obtenu la mise en place de ces mesures, preuve que notre association qui travaille souvent dans l'ombre et sans faire de tapage, obtient des résultats importants !»
Le ministre de l'agriculture a par ailleurs annoncé la création d'une cellule interrégionale spécifiquement dédiée à la lutte contre le loup qui sera mise en place au sein de l'ONCF. « Lors de la rencontre de Nice, nous avions demandé la nomination d'un référent loup régional. La décision ministérielle ne correspond pas exactement à ce que nous attendions, note Yves Derbez. Nous pensons que l'ONCF, peu habituée à communiquer, aura du mal à faire redescendre régulièrement l'information aux éleveurs de manière constructive. C'est une mission que l'association Eleveurs et Montagnes, seule association régionale en PACA, peut assumer. L'association demande donc au ministre de l'agriculture de participer à la cellule interrégionale afin de pouvoir informer les éleveurs du Sud de la France. »

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