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Brassac. Enquête sur le loup du Sidobre

Brassac. Enquête sur le loup du Sidobre

Article publié le 13/11/2013 par La Dépêche

Un chevreuil a été dévoré par un gros prédateur le 1er novembre à proximité de Brassac . L'hypothèse d'une attaque commise par un loup est prise au sérieux par l'ONCFS, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage qui a reçu des photos très explicites prises par un riverain.

Cet habitant du village a été réveillé au petit matin par les cris d'un animal. Dans la journée, à une centaine de mètres de chez lui, l'homme a découvert la carcasse d'un chevreuil dévoré aux deux tiers par un gros prédateur. Contactée par ce témoin, la fédération départementale des chasseurs a émis l'hypothèse d'une attaque commise par un loup.

L'ONCFS confirme cette piste tout en restant très prudent. «On s'en tient aux faits. Il n'a pas été possible de voir la carcasse puisque cela remonte à plusieurs jours» explique Pascal Pouzens, le responsable de l'office qui a transmis les clichés au «réseau loup». «Nous attendons que les experts se prononcent à partir des images.» Au vu des clichés, Pascal Pouzens confirme que le chevreuil a bien été attaqué par un grand canidé, peut-être un loup, «compte-tenu de la quantité de nourriture prélevée. On sait que cet animal peut manger en une seule fois, huit à dix kilos de viande, ce qu'un chien ne fera jamais». Mais le directeur regrette de ne pas avoir été alerté plus tôt. «Il faut remercier cet habitant qui a eu la présence d'esprit de faire des photos de très bonne qualité, mais nous n'avons été alertés qu'une semaine après les faits. Il n'est plus possible de faire des relevés sur place de poils ou d'excréments, qui auraient permis une analyse génétique».

Selon le responsable de l'ONCFS, aucune présence de loup n'a été signalée dans le Tarn depuis 2008 et les empreintes relevées dans la Montagne noire. «Au niveau national, l'aire d'expansion de l'espèce s'accroît. Des individus peuvent rechercher de nouveaux territoires en faisant 2 à 300 km. Or, nous sommes à proximité de zones où l'espèce est présente, en Lozère, dans les Pyrénées-Orientales, en Ariège. On s'attend un jour ou l'autre à voir cet animal dans le Tarn» indique Pascal Pouzenc qui rappelle que le loup ne présente aucun danger pour l'homme : «C'est un animal difficile à observer, qui fuit l'homme.»

Éleveurs inquiets

Du côté des éleveurs, l'arrivée possible de ce prédateur inquiète. C'est ce que confirme Philippe Jougla président de la Fdsea Tarn. «J'ai déjà entendu des cas d'attaques de vautours sur des agneaux. On sait aussi qu'il existe des loups sur le Larzac. Ce n'est pas loin des Monts de Lacaune. Il y a une certaine fatalité à le voir arriver dans un avenir proche. C'est un prédateur dont nos pères se sont débarrassés il y a un siècle, c'est regrettable de le voir revenir.» Lui-même éleveur de brebis, agneaux et vaches laitières à Anglès, Philippe Jougla craint de possibles attaques sur des troupeaux. «Nos plus sérieux concurrents anglais et irlandais n'ont pas ce problème. Ce n'est pas demain qu'on verra des loups dans ces pays.»
Éric Berger