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Le «Plan loup» n'est pas juste selon certains éleveurs

Le «Plan loup» n'est pas juste selon certains éleveurs

Article publié par La Dépêche du Midi le 7/10/2013

Alors que va se tenir dans les Alpes-Maritimes, à Saint-Martin-Vésubie, du 9 au 12 octobre un symposium intitulé «Vivre ensemble avec le loup ? Hier, aujourd'hui... et demain», la controverse sur le loup reprend du poil de la bête. Avec l'automne et bientôt l'hiver, les troupeaux sont redescendus dans les vallées ou se sont rapprochés des fermes. On devrait logiquement voir diminuer le nombre d'attaques et de brebis tuées. Pour autant, au sud du Massif central, des éleveurs critiquent le «plan loup» 2013-2017.

Vingt-quatre loups à abattre

Hier, le Collectif des éleveurs de la région des Causses, de la Lozère et leur environnement (Cercle) a déposé un recours devant le Conseil d'État contre les trois arrêtés nécessaires à la mise en œuvre du plan loup 2013-2017.

Ce plan, signé en février par les ministères de l'Écologie et de l'Agriculture, encadre la protection du loup - l'animal est protégé par la Convention de Berne (1979) et la directive européenne Habitats. Mais il prévoit les conditions permettant d'en abattre, dans certaines zones, en cas de menaces avérées pour les troupeaux d'ovins.

L'un des arrêtés fixe à 24 le nombre maximum de loups dont la destruction pourra être autorisée durant la première année (2013-2014). En 2012-2013, onze canidés sauvages ont été tués, sept entre 2008 et 2012. Dans les Alpes-Maritimes, notamment dans le massif du Mercantour par lequel le loup est arrivé naturellement en 1990 en provenance d'Italie, le nombre d'attaques est fréquent au point que ce département concentrait, en 2012, 40 % des attaques au niveau national (664) et un tiers des pertes d'ovins (2 417 bêtes).

Pour les éleveurs du Cercle, «leurs intérêts ne sont pas pris en compte à la hauteur de ceux de la préservation du loup». Ils demandent donc que les mesures soient différentes selon les régions concernées. Mais la polémique est loin d'être close.

Dans les Alpes-Maritimes justement, les chasseurs qui venaient d'être autorisés à tuer des loups à l'occasion de battues aux gibiers ont été sommés de cesser, cette liberté inédite ayant été suspendue net vendredi par un juge des référés de Nice.

«L'autorisation de battues pour une espèce protégée au niveau européen constitue un recul inacceptable en matière de protection de la nature», ont souligné les principales associations écologistes, en déplorant que l'État ait pu donner «carte blanche à des chasseurs» sans aucun encadrement officiel.