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Alpes : faut-il avoir peur des loups ?

Alpes : faut-il avoir peur des loups ?

Article publié le 5 juin 2015 par La Provence

Les récentes attaques en meute à Seyne-les-Alpes pourraient prouver que le prédateur change de comportement
Une attaque sur un cheval au Castellard, en décembre dernier, des attaques de jour, et maintenant une attaque en meute sur un troupeau de bovins sur la commune de Seyne ... Pour une fois les "pros" et "anti" loup sont d'accord : "On avait jamais vu ça".
Côté chiffres, les conclusions ne sont pas moins inquiétantes. Si en 2015, à l'échelle nationale, le nombre de constats a baissé de 12,6 % par rapport aux résultats enregistrés entre janvier et mai 2014, la tendance reste à la hausse dans les Alpes du sud. Selon la Direction départementale des territoires, dans les Alpes de Haute-Provence, 54 constats de dommages ont été enregistrés sur les cinq premiers mois de l'année 2015, contre 36 l'an dernier et 30 en 2013. Dans les Hautes-Alpes, l'orientation est la même. Les attaques sont passées de 10 à 26 en deux ans, sur la même période.

Les témoignages recueillis mercredi dernier dans le pays de Seyne ne font pas que confirmer la présence accrue du prédateur. Ils laissent entendre que le prédateur pourrait être en train de changer de comportement.

Des faits exceptionnels

"Voir douze loups ensemble avant la reproduction cela me semble suspect", commente Patrick Boffy délégué local de Ferus, association pour la conservation du loup. "Au printemps, les loups sont dispersés. Il est plus probable de voir des groupes de cette taille à la fin de l'été, quand les jeunes sont là. Il n'y a pas dans le secteur des proies sauvages qui permettraient à des meutes de se nourrir", poursuit-il avant de tempérer ses propos : "Il se peut toutefois que ce soit quelque chose d'exceptionnel". Une "exception" qui inquiète fortement les habitants de Seyne. Les chasseurs habitués de la commune auraient ainsi observé une forte baisse du gibier de la forêt tout comme de la population de chevreuils. Ce qui aurait impliqué des déplacements en meute pendant l'hiver et désormais un risque accru pour les bovins. Une analyse partagée par le maire Francis Hermitte.

Pas question de sombrer dans la psychose

Pas question pour autant de sombrer dans la psychose. Dans ce sens, chez Ferus, les partisans du loup rappellent que "les attaques contre des vaches adultes sont très rares" et surtout que ce prédateur ne s'en prend pas à l'homme. Du côté de la sous-préfecture, à Barcelonnette, les services de l'État travaillent sur le dossier, pleinement conscients de la progression des "dégâts imputables au loup".

À l'écoute des éleveurs, les responsables du dossier soulignent que la responsabilité du loup n'est pas engagée sur tous les constats d'attaques et qu'il faut faire "attention aux extrémismes".

Point de vue partagé sans aucun doute par le maire de la Seyne qui s'apprête à faire voter ce soir, en conseil municipal, une motion contre le loup. Une motion, mais pas un arrêté autorisant les opérations de tir par tous les citoyens. Une mesure volontairement provocante, mais aussi illégale, déjà adoptée dans quatre communes haut-alpines (Pelleautier, St-Sauveur, Baratier, Les Orres) et que les maires bas-alpins refusent toujours de mettre en place.
Tanguy Cohen