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La détresse des éleveurs face au loup

Article publié par Le Figaro, le 17 juillet 2015Loup Figaro

Une récente attaque de loup relance le débat sur la protection des troupeaux. Les éleveurs crient leur colère et leur détresse face à l'inéfficacité des mesures actuelles.

Pour protéger son troupeau, un éleveur de Savoie a abattu un loup lundi à Villarodin-Bourget. L'abattage des loups est strictement interdit en France, mais face à la recrudescence des prédations, des dispositions permettent aux éleveurs de troupeaux attaqués de se défendre. Un plan «Loup», déjà le troisième du nom mis en place par les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture, autorise les «tirs de défense» et les «tirs de prélèvement» - comprendre d'élimination.

19 loups ont été tués sur la période juillet 2014 - juin 2015 par des éleveurs pour protéger leurs bêtes. Un arrêté du 30 juin fixe à 36 le nombre de loups pouvant être tués chaque année dans le cadre de la protection des troupeaux. Ce chiffre a été relevé par rapport à l'année dernière, où le nombre autorisé était de 24. «L'Etat se désengage en déléguant l'autorisation aux éleveurs de tirer sur les loups, peste Olivier Bel, éleveur de brebis dans les Hautes-Alpes et en charge du dossier loup à la Confédération paysanne. Ça devrait être la responsabilité d'un corps spécialisé, et pas aux éleveurs de se protéger eux-mêmes. On a une vie aussi.» Une réponse administrative qui ne répond pas à la réalité selon lui.

«Tout le monde est dans l'impasse»

Ils seraient environ 300 loups dans l'Hexagone, un chiffre en constante augmentation (+ 16 % en 2014, + 20 % en 2013). En parallèle, près de 9 000 bêtes ont été victimes de leurs crocs, brebis et chèvres essentiellement, donnant droit à une indemnisation des agriculteurs. «On est bien dans une situation où l'ensemble des moyens de protection montrent leurs limites, regrette Olivier Bel. Car on est toujours dans une augmentation du nombre d'attaques et du nombre de loups.» Le 11 juillet, des éleveurs ont menacé de bloquer le passage de Tour de France dans les Alpes pour protester contre l'inefficacité de ces mesures.

«Mais tout le monde est dans l'impasse, on n'a pas de solutions et pas de moyens. Ça bloque complétement» modère Olivier Bel. Les éleveurs voudraient une réactualisation du statut strictement protecteur du loup et de la juridiction actuelle. «Aujourd'hui, on nous dit de rentrer nos bêtes à l'intérieur pour les protéger. Mais ce n'est pas viable, on ne va pas se tourner vers un mode d'élevage industriel que la société rejette. Nous sommes attachés à nos animaux.» Et la réponse financière de l'Etat ne résout rien au problème: «C'est le travail de l'éleveur qui est impacté. Il y a des éleveurs qui sont en dépression aujourd'hui et qui ont arrêté l'élevage, ils sont au bout du rouleau.»

Mathilde Belin