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En PACA, les éleveurs réclament des moyens pour lutter contre le loup

En PACA, les éleveurs réclament des moyens pour lutter contre le loup

Article publié le 21 juillet par La Croix

Face à une recrudescence des attaques, les professionnels ovins de toute la région manifestent ce mardi 21 juillet à Gap (Hautes-Alpes) pour exiger de l'État des actions efficaces.

« Malgré les moyens de protection et une vigilance constante on se fait attaquer par le loup toute l'année. On ne sait plus quoi faire. » Jacques Courron, qui élève 450 brebis à Gourdon dans les Alpes-Maritimes, en a « ras-le-bol » du canidé.
300 loups en France

Malgré ses huit chiens patous et un aide-berger, ce berger de 36 ans a été attaqué vingt fois et a perdu 70 brebis en six mois. Comme nombre d'éleveurs ovins « à bout » de la région, il manifestera mardi 21 juillet au matin dans les rues de Gap (Hautes-Alpes), où le tour de France effectue sa journée de repos.

1 400 brebis convergeront vers la préfecture où une délégation espère être reçue. Le 22 juillet, les éleveurs sensibiliseront le grand public à l'arrivée de l'étape cycliste à Pra-Loup (Hautes-Alpes). « L'élevage est en train de mourir à cause du loup », s'alarme Yves Derbez, président de l'association éleveurs et montagnes.

Protégé par la convention de Berne et la directive européenne « Habitats », le loup réintroduit en France en 1992 a vu sa population tripler pour compter 300 individus. En 2014, 8 560 animaux ont péri sous les crocs du loup en France. Région la plus touchée, PACA concentre 559 des 679 attaques et 2 017 victimes sur les 2 600 recensées au premier semestre 2015. Les Alpes-Maritimes, le Var et les Alpes-de-Haute-Provence demeurent les plus affectés.

Battues inefficaces

« À bout », les éleveurs demandent avant tout « des résultats » face à des battues inefficaces et des dispositifs de défense jugés trop peu réactifs. En 2014, seuls 19 loups ont été abattus alors que le seuil maximal s'élevait à 24.

Pour faciliter la lutte contre le loup, l'État relevé par décret le 30 juin 2015 ce seuil à 36 et assoupli les conditions pour obtenir des tirs de défense, valable toute l'année et durant cinq ans.

Les tirs de prélèvements (abattage) par le personnel assermenté, pourront eux être effectués durant les chasses au grand gibier, à l'affût, à l'approche ou en battue.
Annonce d'une « brigade d'appui aux éleveurs »

« Ces annonces vont dans le bon sens mais L'État doit mettre les moyens pour atteindre le chiffre de 36 dans les faits », exige Francis Solda, président de la fédération régionale ovine

Le 20 juillet, la préfecture des Hautes-Alpes a classé tout le département en unités d'actions. Ses éleveurs peuvent ainsi demander un tir de défense avant même d'être attaqué. Le 18 juillet, le ministère de l'écologie a indiqué la création d'ici à la fin août d'une « brigade d'appui aux éleveurs ».

Dix personnes affectées en priorité en PACA assisteront les éleveurs attaqués et participeront « aux opérations d'effarouchements voire de prélèvements ordonnés par l'État ». En outre, le ministère de l'Écologie va contacter les pays signataire de la Convention de Berne et la Commission européenne pour « adapter les modes de gestion du loup en fonction de l'importance de sa présence sur le terrain ».

Objectif : obtenir à un statut de protection moins contraignant, réclamé par les éleveurs arguant que le loup n'est plus en voie de disparition.

« Même si cela va dans le bon sens, dix personnes ne suffiront pas à quadriller une montagne. Les négociations de Berne prendront-elles beaucoup de temps », estime Jean Paul Compte, président régional des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA).
Corinne Boyer (à Marseille)