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Jeudi 28 juillet 2011 Le Parisien

Attaques de loups : NKM prête à assouplir les règles d'abattage

Source : Leparisien.fr S.M. avec AFP | Publié le 27.07.2011, 20h06 | Mise à jour : 28.07.2011, 08h56

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Extraits de l'article :
La ministre de l'Ecologie s'est dite prête, mercredi, à assouplir les règles qui permettent aux éleveurs d'abattre des loups sous certaines conditions. Nathalie Kosciusko-Morizet recevait à Paris une délégation d'élus, de représentants agricoles et d'éleveurs alpins lassés du nombre d'attaques grandissant. «On ne part pas à la chasse au loup; le loup est une espèce protégée mais ça n'interdit pas de se défendre», a-t-elle déclaré à l'issue de la rencontre.
«La pression sur les élevages est telle que je crois qu'on peut s'organiser pour la faire baisser», a-t-elle ajouté. Comme solution, la ministre a évoqué avec ces éleveurs la possible mise en place d'un «arrêté de défense automatique qu'on prendrait à l'année sur toutes les zones attaquées l'année précédente». Ces tirs de défense ne sont aujourd'hui autorisés qu'après un arrêté préfectoral consécutif à des attaques avérées. Cette proposition, envisageable pour 2012, sera examinée au cours d'un comité national «loup» qui se tiendra fin août, a précisé le ministère.

«Chaque année, on subit des attaques et on ne peut pas défendre notre patrimoine»

«Cela fait 20 ans que les éleveurs et les élus n'avaient pas été entendus, par les ministres successifs, et je pense que Mme Kosciusko-Morizet a bien compris la problématique du loup dans les montagnes», a réagi le député-maire de Sisteron (UMP) Daniel Spagnou, «plutôt satisfait».

«On est au bout de ce qu'on peut supporter. On a obtenu quelques réponses, il faut voir ce qui pourra être mis en oeuvre rapidement», a pour sa part réagi, prudent, Yves Derbez, président de l'association Eleveurs et montagnes. «Que le loup soit protégé, on n'y voit pas d'inconvénients, mais il ne faut pas pour cela détruire d'autres espèces», a indiqué à l'AFP Jean-Claude Michel, l'un de six éleveurs reçus. «Chaque année, on subit des attaques et on ne peut pas défendre notre patrimoine», a-t-il ajouté, y voyant «un préjudice économique et moral».

«On a une augmentation de la population de loups et une augmentation des attaques en ce moment en France», a encore rappelé Nathalie Kosciusko-Morizet. La population des loups a été estimée entre 170 et 200 individus l'hiver dernier, contre 140 à 170 un an avant en Rhône-Alpes. Selon le ministère, au 25 juillet, 583 attaques ont été recensées depuis le début de l'année dans dix départements pour 2 115 ovins tués. A la même date en 2010, 470 attaques avaient été recensées pour 1 786 animaux tués. Pour 2011, près de la moitié des attaques (272 sur 583) ont été enregistrées dans les Alpes-Maritimes et le Var, mais les Alpes-de-Haute-Provence ont payé le plus lourd tribut (431 ovins tués).

Former les éleveurs au tir

«Les éleveurs ont des possibilités de se défendre mais ils sont parfois découragés en raison de contraintes administratives importantes», a reconnu la ministre. En mai dernier, le protocole de défense actuel avait déjà été renforcé. En vertu d'arrêtés préfectoraux pris ponctuellement, il prévoit la protection du troupeau, l'effarouchement du loup, des tirs de défense à proximité du troupeau et en dernier recours la destruction du loup.

Les tirs de défense sont désormais autorisés au moyen d'une carabine et plus seulement pour l'élévage victime de l'attaque, mais aussi les élevages voisins. Sur ce point, la ministre veut développer la formation des éleveurs pour rendre «les tirs véritablement efficaces».
LeParisien.fr