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Onze brebis tuées à Saint-Dié

Onze brebis tuées à Saint-Dié

Le 11 août 2011 - Article publié dans l'Est Républicain

brebis tuées par des loupsSaint-Dié. Le loup aurait migré vers la vallée de la Haute-Meurthe, selon les observations réalisées hier par un technicien de l'ONC, à la suite d'une attaque de troupeau. C'est un garde-chasse de l'ONF qui a donné l'alerte hier matin, après avoir découvert le cadavre d'une brebis sur la Chaume de Sérichamp. Lorsque le propriétaire du troupeau est monté un peu plus tard, son sang n'a fait qu'un tour. Avec des militaires il a énuméré un à un : onze brebis ont été découvertes égorgées, espacées les unes des autres de plusieurs dizaines de mètres. Les premières conclusions du représentant de l'office national de la chasse, venu dans l'après-midi analyser les dépouilles, confirment les premières hypothèses. Il a regardé les traces sur le cou et analysé la « consommation », la façon dont le prédateur a ingurgité l'animal, en évitant les viscères. Selon lui, il ne fait aucun doute qu'il s'agit bien de l'œuvre d'un grand canidé, et la quasi-certitude que c'est un loup qui a attaqué le troupeau dans la nuit de mardi à mercredi.

« Il faut qu'on puisse se défendre »

Pour l'éleveur le coup est rude. D'autant qu'une majeure partie des brebis du troupeau portent actuellement des agneaux à naître au début de l'hiver. Le bilan financier pourrait donc se révéler lourd. Selon une première estimation, le préjudice pourrait se monter à 17.000 euros. Soutenu par le propriétaire de la chaume, il a dû transporter les carcasses animales. Il a fallu aussi prendre la décision d'abréger la souffrance d'une brebis mordue au cou. « On est prêts à assumer les aléas de la nature, mais il faudrait tout de même que l'on puisse se défendre contre la faune sauvage », a estimé l'éleveur, très amer. Sous le regard de touristes découvrant l'alignement de brebis, il a tenté de rallier l'opinion publique à la cause des éleveurs, notamment dans les Vosges, « ce petit massif où le loup n'a pas sa place ». Suggérant aux « pro-loups, aux Verts ou à Eva Joly, « ces gens dont le salaire ne dépend pas de la réintroduction du loup » de venir monter la garde le soir dans la caravane », le berger a aussi rappelé le « coût pour la collectivité de la politique de sauvegarde du loup, qui avoisine les 36.000 euros par loup, chaque année en France ». Hier des élus de la Haute-Meurthe sont allés dans le sens de l'éleveur, souhaitant favoriser l'agriculture de montagne en préservant le paysage. Le maire de Plainfaing, Patrick Lalevée a suivi le dossier avec attention, mais aussi le conseiller général du canton de Fraize, Jean Claude, qui s'est rendu sur place. Pour l'élu, « il est idiot de vouloir maintenir dans les Vosges un animal qui ne peut subvenir à ses besoins. L'agriculture de montagne n'est pas compatible avec la présence du loup. »

Le troupeau a été regroupé hier soir, gardé par un berger installé dans une caravane. Avec un chien, « mais évidemment sans fusil, puisque c'est interdit. »

Ph.C.