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L'attaque du loup désespère les bergers de Canjuers

L'attaque du loup désespère les bergers de Canjuers

Article publié par Var Matin le mardi 27 septembre 2011

Quatre nouvelles brebis ont été tuées ce week-end par le loup. Trois autres gravement blessées ne devraient pas survivre à cette nouvelle attaque sur le plateau de Canjuers. La gorge déchiquetée, la trachée ouverte, on se demande comment cette brebis vit encore. Elle sera forcément sacrifiée, comme deux de ses congénères atrocement mutilées. À quelques pas de là gisent quatre cadavres d'ovins tués ce week-end, qui sans tête, qui les côtes décharnées ou la panse dégoulinante. Au milieu de mouches vertes accomplissant leur macabre devoir, on imagine le supplice enduré par les pauvres bêtes. « Montrez-leur ces images à tous les pourfendeurs de la souffrance animale », lance Philippe Fabre, éleveur à La Roque-Esclapon.

Histoire de famille

Le colosse, par ailleurs président de la Fédération départementale ovine, n'est pas du genre à lever le poing comme ça. Mais lorsqu'il jette un regard panoramique sur ces terres ingrates et caillouteuses auxquelles plusieurs générations se sont accrochées, lui vient comme un sentiment de dégoût. Car ses enfants, Julie et Guillaume rêvent de rester au pays. Mais le pourront-ils ?

Deux cent soixante brebis dévorées en 2010, 400 à ce jour parmi les éleveurs faisant manger leurs troupeaux sur le camp de Canjuers, on ne sera sans doute pas loin des 1 000 l'année prochaine, à en juger par l'excellente reproduction de canis lupus entre mercantour et canton de Comps.

« Certes, le 3 septembre, le préfet Mourier a autorisé un tir de protection sur le camp de Canjuers. Mais, photos à l'appui, quatre louveteaux ont été signalés dans le secteur. Moralité, il en restera toujours trois de plus. »

Effets collatéraux

Parmi les 22 éleveurs qui peuplent le canton, beaucoup songent à baisser rideau. Philippe Fabre estime à plus de 20 000 euros le préjudice que son exploitation a subi cette année. « Et ce ne sont pas les indemnisations de 160 à 200 euros, selon que la bête est pleine ou pas, vieille ou non, qui résoudront le problème »

« Parce que les brebis stressées que l'on ne retrouve pas, introuvables ou englouties en 20 minutes par les vautours fauves du Verdon ne sont pas comptabilisées par ONCCF (Office de la chasse). Parce que les avortements engendrés par l'effet de panique ne sont pas non plus pris en compte. Nous attendions 600 naissances à l'automne, nous n'en avons eu que 300. C'est énorme. »

Enfin, on oublie aussi que les troupeaux sont le fruit de sélections pour ne garder que les meilleures mères. Cela n'a pas de prix, au propre comme au figuré.

Philippe Fabre de conclure : « Des attaques de loups, j'en connais depuis 1991. Nous n'avons rien contre lui tant que les populations sont régulées afin que les bergers puissent travailler comme avant. »

D'ailleurs, début décembre, la FDO et la Confédération paysanne prévoient de descendre avec un troupeau à Draguignan : « Pas pour faire la guerre mais juste pour expliquer aux gens ce que nous faisons et comment nous vivons. » De plus en plus mal, c'est sûr...