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Big Bizness - Loup (s)

Big Bizness - Loup (s)

Article publié par Bakchich.info mardi 27 septembre

Le point commun entre la protection du Loup et le sauvetage des banques ? Chaque année c'est le contribuable qu'on tond... Sale destin que celui de mouton.

Petits chaperons – Un des « marronniers » de la télé, c'est le loup. D'un côté, bergers en pleurs ; de l'autre, écolos en chaleur. Hou ! Une chose est certaine, on en a de plus en plus – les sources gouvernementales évoquent 180 loups en France, au moins, de ce côté là, on a une super croissance. Enfin quelque chose qui marche ! On peut en déduire que le Sarkoland est parfaitement adapté à l'expansion des prédateurs  : on s'en doutait, mais nous voilà rassurés.

Horde prix

Je ne vais pas vous emmerder avec des chiffres : de toute façon, selon que vous tapez dans un site écolo ou dans un site berger, vous aurez des décomptes différents, et sur les sites gouvernementaux, ce qu'on fuit le plus, en la matière, ce sont les chiffres suivis de « Euros », si bien que pour définir le coût exact du loup en France, il faut se lever tôt.

Et pourtant, mesdames, messieurs, ces loups, ils sont à vous. Le gibier sauvage, en effet, est en droit res nullius, il n'appartient à personne, donc, c'est, paradoxalement, un bien collectif lorsqu'on entreprend de le chouchouter. Et en effet, les frais relatifs à l'indemnisation de ces bestioles et au suivi de leur population, qui, rappelons-le, est protégée depuis 1979, sont royalement réglés par notre République, c'est-à-dire par ses contribuables.

Il serait donc non seulement élémentaire, mais démocratique d'afficher clairement combien coûte le loup, et faire pareil pour l'ours, au lieu de noyer tout cela dans le budget de la protection de l'environnement... Tenez, prenez les gendarmes : un certain nombre de ces vaillants serviteurs de la sécurité sont affectés à la surveillance des grands prédateurs au titre de la police de l'environnement, mais combien exactement, et pour quel coût ?

Les loups c'est 400 profs ou 500 infirmières

Bon, soyons pas chiens, disons qu'à vue de truffe, l'amour des loups et des ours nous coûte bon an mal an dans les 10 à 12 millions d'euros en frais de surveillance, emplois d'écolos, indemnisation de brebis et fourniture de patous, mais sans compter l'essence des Kangoo de la gendarmerie. Et c'est un minimum, vue l'opacité de la compta. En d'autres termes, 400 profs ou 500 infirmières. Comme pour les curés en Allemagne, on devrait laisser le choix au contribuable de raquer pour le loup ou les infirmières. Moi, depuis mon pontage, y a pas photo, et ma petite-fille trouve pas de place en maternelle, alors...

A la niche !

Le problème, avec le loup, c'est qu'il faut une cartouche pour l'éliminer, et 60 000 balles par tête et par an pour l'entretenir. Alors arrêtez de nous les battre avec les loyers à Paris, les tarifs SNCF et la TVA sur les parcs d'attraction, du pognon, il y en a, même par temps de crise. Demandez aux banques : même notées QQQ, elles feraient des bénéfices.

Le loup, c'est comme les banques  : une espèce à protéger, mais qui nous coûte un bras. C'est pas une niche fiscale, c'est la SPA des carnassiers. Si on laisse tomber les banques, finis les dividendes ? pas sûr : si on laisse tomber les loups, j'ai dans l'idée qu'ils se démerderont. S'il y avait une agence de notation, ils auraient la côte.

Du reste, comme les banques, on se demande à quoi ils servent. On nous a bassiné avec les « créateurs de richesse » que sont les « investisseurs », j'ai déjà tenté d'avancer dans ces colonnes l'idée que, dès lors, s'il y a pas de richesse, c'est qu'ils ne sont pas foutus d'en créer (en tout cas, pour tout le monde) autrement qu'en nous pompant l'oseille, alors, permettez-moi d'insister : que doit-on comprendre lorsqu'on dit, par exemple que « les marchés attaquent la Grèce » ?

Paris, New York, Francfort, Milan, Tokyo, elle est plutôt hard, la horde des Bourses. Il y a la femelle meneuse, surnommée NYSE, sa tanière est à Wall Strett, on écoute tous les soirs si elle a fait son popo, et le lendemain, au point du jour, pour peu qu'elle ait pris des gaz, le reste de la horde fonce attaquer un gibier affaibli, des Grecs qui n'ont même pas de cadastre, des Espagnols qui s'endettent sur cent ans, des portugais ensablés, des Italiens berlusconisés. Et comme pour les loups, une fois la brebis saignée (par gros paquets, si l'on veut être juste, le loup banquier travaille comme les pompiers, sur une grande échelle) , ce sont les Etats qui devraient payer pour les dégats ?

Born to be wild

La civilisation, c'est le truc que le loup n'a pas. Alors, bonne poire, l'humain qui culpabilise facilement pour peu que les assoces se mobilisent, lui fournissent les avantages de la culture, puisqu'au lieu de le scraffer quand il a égorgé des moutons, ce qui serait l'application très con d'une résistance naturelle (heureusement que nos cellules font ça sur les virus !), on raque le berger grassement pour qu'il foute la paix au coupable. Si seulement on faisait ça en Somalie, on dédommagerait luxueusement les mécréants de neuf mois que les loups islamistes massacrent avec la férocité bestiale des vrais allumés de Dieu. Les survivants seraient nourris, au moins, on enverrait Kouchner qui est un peu au chômdu, vous n'allez tout de même pas me dire qu'un gamin de la corne de l'Afrique vaut moins qu'un agneau des Alpes ou une chèvre du Cantal ? Mais le loup, c'est un fantasme, ça fait mouiller les âmes sensibles, tandis que les petits enfants aux bras comme des allumettes en train de crever, avec des mouches partout, dans le giron de maman, c'est un cauchemar, cachez-moi , dit Tartuffe, ces seins vides que je ne saurais voir !

Vite on zappe sur les loups, wild is beautiful, on a tous en nous quelque chose de Steppenwolf, il marche à fond, le coup du fauve aux yeux bleus comme Johnny. Résultat : non seulement on aime les prédateurs, mais on les protège.

Eugenisme des alpages

Eh bien encore une fois, les banques, c'est pareil. Il y a bien quelques zozos qui envisagent, en se tortillant comme si leur canard vibrant se foutait à la masse, de « moraliser » les marchés financiers. Allez donc moraliser les loups ! Les seuls qui les châtient, ce sont les petits escrocs malins qui se barrent avec un gigot, genre Kerviel (son gigot pesait les dettes grecques dans les comptes de la Société Générale, salauds de Grecs !) ou le fute-fute qui a niqué l'Union des Banques Suisses (1,5 milliard). Les G quelque chose qui , hier encore, adoraient les marchés, si naturels dans leurs lois sauvages, sont assez mal barrés pour leur apprendre à se civiliser : le libéralisme, c'est la cage aux vautours, pas la volière aux mésanges ! Il faudrait une sacré sélection naturelle pour les mettre au régime biscottes-carottes-yaourt...

Je ne sais plus qui (mais c'est fort) a dit un jour que les pacifistes, c'étaient des gens qui espèrent que le loup devienne végétarien. Cela règlerait effectivement tous les problèmes dans nos alpages. Quand j'entends parler de « régulation » des marchés financiers, je pense parfois à ce que me dirait le loup, si on lui demandait de filer sa gourde à l'agneau. En attendant, c'est nous qu'on tond...

Séverin Buzinet