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Haute-savoie : 9e attaque de loup à Entremont

Haute Savoie - Entremont

Loup - C'est la neuvième attaque subie par Gilles Donzel cet été

Article publié le 9 octobre 2011 dans le Dauphiné Libéré

Neuf moutons tués à l'entrée d'Entremont

Dans le pré de Malvoisin, pourtant protégé par un enclos surmonté par un fil barbelé, neuf moutons (une brebis et huit agneaux) ont été égorgés dans la nuit de vendredi à samedi, à 20 m des maisons. En tout, Gilles Donzel a perdu 29 moutons en neuf attaques de loups depuis le 3 août.

Les attaques de loup, Gilles Donzel connaît. La première, il l'a subie en 2001. Mais cette année, la coupe est pleine : « C'est la neuvième attaque depuis le 3 août, expliquait-il hier, mi-résigné, mi-révolté, devant le triste résultat de la dernière attaque. J'avais descendu le troupeau dans la vallée mercredi. Les bêtes étaient dans un enclos, protégées par du fil barbelé, à 20 m des premières maisons. Mais ça n'a pas arrêté le loup. À croire qu'il nous a suivis... »

Résultat, neuf moutons tués (une brebis et huit agneaux) dont deux entièrement dévorés. « J'ai dû en achever quatre, qui étaient encore vivants, raconte-t-il ému. Après, on dira que le loup n'est pas nuisible... »

« Je l'ai vu trois fois »

Gilles Donzel a appris à le connaître au fil des années. Rien que cette année, il l'a vu à trois reprises, en alpage : « La première fois, c'était un gros mâle. Je l'ai surpris en train d'égorger un agneau de 35 kg à 25 m de moi. J'ai crié et tapé dans mes mains. Il m'a regardé, a mordu l'agneau et l'a tiré en arrière sur 300 m jusque dans les bois en me regardant. Il n'a pas eu peur... »

Les autres fois, c'était un jeune loup : « Je gardais les bêtes près d'une falaise, bordée d'arbres. Elles semblaient nerveuses. J'ai pris les jumelles et entre deux sapins, j'ai vu le loup, bien en face, à 30 m de moi, qui me regardait aussi. Je suis allé droit sur lui avec mon chien de troupeau. Il s'est levé, a fait demi-tour et est parti tranquillement. Le lendemain, il a tué une brebis. C'était samedi dernier. »

Malgré les clôtures électriques, les patous et les tirs d'effarouchement, rien ne semble pouvoir empêcher le prédateur de s'en prendre aux moutons de Gilles Donzel. Même aux portes d'Entremont. En 10 ans, le berger a perdu une centaine de brebis et d'agneaux à cause du loup. Alors il n'en peut plus.

« Moi, à la base, je ne suis pas foncièrement contre le loup, mais comment peut-on continuer à travailler comme ça, avec des animaux qui osent attaquent en plein jour en alpage ou la nuit au milieu des maisons ? Les bêtes devaient rester au pré dans la vallée jusqu'au 11 novembre. Là, je vais devoir les rentrer et les mettre à la paille. Ça fait des frais en plus et l'herbe ne sera pas tondue. Mais ça, personne ne s'en soucie... »