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ALPES DU SUD Loups morts : le compte y est-il ?

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Loups morts : le compte y est-il ?

Article publié dans le Dauphiné Libéré le 8 octobre 2011

Selon l'autopsie pratiquée à Gap, le louveteau femelle retrouvé le 1 er octobre à Prads-Haute-Bléone pourrait être mort d'une chute. Les éleveurs estiment qu'il ne doit alors pas être pris en compte dans le quota.

La peur au ventre. C'est avec ce sentiment qu'Yves Derbez retournait hier avec ses brebis au vallon de Méolans, dans la vallée de l'Ubaye. Précisément à l'endroit où son troupeau s'était fait attaquer par le loup, le 15 juillet dernier. Sauf que depuis, le ministère de l'Écologie a suspendu les autorisations de tirs, après la découverte ces dernières semaines de deux cadavres de loups, dans les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence. Le quota de six prélèvements autorisés en 2011 serait atteint.

"Un accident, ce n'est pas un prélèvement"

Problème, l'autopsie a révélé que la femelle retrouvée morte à Prads-Haute-Bléone (04) pourrait avoir été victime d'une chute. Une analyse toxicologique a été demandée pour détecter un éventuel empoisonnement. En attendant, la décision du ministère est toujours en vigueur, ce qui pose problème à Yves Derbez. « On subit à nouveau les attaques des écologistes, qui ne sont pas satisfaits. Il y a eu six prélèvements accordés ; le compte n'y est pas. J'espère qu'on va pouvoir reprendre les tirs de prélèvement. Un accident, ce n'est pas un prélèvement. »

C'est exactement ce que réclame Pierre-Yves Motte, président de la chambre d'agriculture des Hautes-Alpes. Qui demande « le retour des autorisations de tir de défense pour les éleveurs, seule mesure efficace à ce jour pour contenir les attaques des loups ». « Les éleveurs ne peuvent être tenus pour responsables d'une éventuelle mort suspecte de loup », écrit-il encore dans un courrier qu'il vient d'adresser à la ministre de l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.

De nouvelles mesures l'an prochain ?

Cette dernière a écrit, elle aussi. En réponse à Jean-Yves Dusserre, le président du conseil général des Hautes-Alpes, qui l'avait interpellée sur les conséquences des attaques du prédateur sur l'agriculture et le tourisme haut-alpins. Défendant les améliorations apportées à « l'efficacité du protocole d'intervention sur les loups » et à l'indemnisation des éleveurs, la ministre dit sa volonté de soumettre de nouvelles mesures au prochain "groupe national loup". « Je propose que soit étudiée la possibilité de prendre un arrêté annuel qui définirait un territoire correspondant aux zones où des attaques de loup sont probables. [...] Un seul arrêté préfectoral, en début de saison, permettrait aux éleveurs de ces zones de défendre les troupeaux dès les premières attaques, sans autre procédure administrative » écrit "NKM".

Voilà qui plairait à Yves Derbez. « Dans la vallée de l'Ubaye, nous sommes très largement en tête au niveau de la prédation, mais aucun loup n'a été prélevé » souligne l'éleveur, impatient de participer, en tant que président de l'association Éleveurs et Montagnes, au prochain "groupe national loup". Prévue il y a quelques jours, la réunion a été reportée sine die.

Le ministère joue-t-il la montre, comme le pense l'Ubayen ? Toujours est-il que les tirs de défense et de prélèvement restent suspendus jusqu'à nouvel ordre. « Les troupeaux commencent à redescendre des estives ; il y aura donc un effet mécanique de baisse des prédations, note Sylvie Espécier, sous-préfète de Barcelonnette. Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y en aura plus du tout. »