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NKM : "Le risque de prédation demeure"

Interview de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie publiée dans la Provence par François de Bouchony le 14 novembre 2011

NKM : "Le risque de prédation demeure"

Avez-vous pris connaissance de la lettre ouverte de Mme Bardot ?

Oui, et cette lettre me donne l'occasion de réaffirmer la position de l'État: les textes qui régissent la protec¬tion stricte du loup prévoient la possibilité, par mesure dérogatoire et sous conditions précises, de prélever cer-tains spécimens. L'État encadre cette possibilité, desti¬née à prévenir des dommages importants à l'élevage, et l'accompagne en parallèle d'une condamnation ferme du braconnage.

Pourquoi prélever deux loups supplémentaires d'ici la fin de l'année alors que les troupeaux sont redescendus des alpages. Les défenseurs de la faune n'osent pas imagi¬ner que c'est par pure démagogie préélectorale et surtout en raison d'une traque rendue plus facile par les arbres dépouillés de leurs feuilles et la présence de la neige ?

II n'est en aucun cas question de prélever deux loups d'ici la fin de l'année. Certains troupeaux, notamment dans le sud des Alpes, demeurent exposés au risque de prédation du loup durant l'hiver. D'autres le seront de nouveau alors que le futur quota ne sera fixé qu'au l"juillet prochain, une fois dépouillés les résultats des comptages de l'été 2011 et de l'hiver 2012. Il est impor-tant que dans cet intervalle, les éleveurs concernés soient en position de défendre leurs troupeaux. Il n'est question que d'opérations menées à proximité de ces troupeaux, qui n'impliquent ni n'autorisent la recher¬che ou le pistage actif de l'animal. Si un loup était préle¬vé dans ce cadre, cela diminuerait d'autant le nombre maximum autorisé pour la période 2012-2013.

Avez-vous une estimation précise sur la population de loup dans l'arc alpin et plus particulièrement dans les départements du 04-05-06 ?

On estime que la population de loups comporte en¬tre 180 et 200 individus en France, principalement dans l'arc alpin. Mais l'un des indicateurs les plus perti¬nents en terme de suivi concerne le nombre de zones de présence dite permanente (ZPP), à savoir les zones hébergeant un ou plusieurs individus sédentarisés, et dont la présence a été détectée et avérée pendant au moins deux hivers consécutifs. 27 ZPP étaient dénom¬brées à l'issue du suivi hivernal 2010-2011, dont 15concernent ces 3 départements.

À la suite de la réunion du Groupe Loup à Lyon, les éleveurs ont évoqué l'établissement de quotas jusqu'en 2020, qu'en est-il exactement ?

Aucun plafond ne sera fixé dès à présent jusqu'en 2020. Il a en revanche été question lors de cette réu¬nion de la préparation du prochain "plan national d'ac¬tion loup" pour les années 2013 à 2017 car le plan ac¬tuel s'achève en 2012.