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La part du loup de Anne Vallaeys Libération

Vallée de l'Ubaye

Le Loup mène la danse

Article paru dans Libération sous le titre "La part du loup" le 19/11/2011

17 juillet 2011. Dimanche, 7 heures. Le téléphone. Yves comprend sur-le-champ. A l’autre bout du fil, Sandrine, sa bergère : « On a été attaqué… » Il faut un gros quart d’heure en 4x4 pour grimper aux Charbonnières depuis les hauts de Méolans, le village sentinelle la vallée de l’Ubaye. A l’été, Yves Derbez rassemble ses brebis et agneaux sur ces pâturages. Les bêtes paissent, tranquilles, sous la garde des deux chiens, dans l’enclos électrifié que Sandrine, le soir, déplace au gré des ressources d’herbe fraîche. Fin août, après le sevrage des agneaux, elle conduit le troupeau bien plus haut, vers les alpages du Laverq. Deux cent quarante-huit brebis et trois cent dix-huit agneaux, cette année...

            Plombier-chauffagiste autrefois, devenu éleveur par passion, Yves Derbez est obsédé par ce qu’il a découvert. Un mouroir sous le ciel, des souches de broussailles noircies de boyaux et de sang caillé, carcasses renversées, sanguinolentes, panses gonflées, membres roides, des brebis estropiées, éventrées, mamelles déchirées, chairs lacérées, et sur ce carnage le bêlement rauque des femelles désemparées, en quête des agneaux terrorisés. « Je n’avais pas compris tout de suite, mais la chienne de garde avait été attaquée aussi, les loups l’avaient chopée à la cuisse. Elle avait dû beaucoup travailler, elle était épuisée… » Le parc, effondré, révèle la stratégie du prédateur, son art de déjouer l’obstacle. Les loups attaquent en duo d’ordinaire, l’un distrait les chiens, tandis que l’autre, tapinois, frôlant les fils presque, rôde autour de l’enclos électrifié, soulevant ce mouvement de panique où les brebis, affolées, ramassées, chahutent la frêle clôture protectrice…

            Aux Charbonnières, cette nuit, la curée avait commencé par cette dépouille de brebis, la gueule tranchée au ras des épaules, une technique d’équarrisseur. A moins que ce ne fût ces deux agneaux dont Derbez ne retrouva que charpie. Ebahies par un tel carnage, les silhouettes des agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, ONCFS, revêtues de camisoles blanches, gantées de caoutchouc, ont passé en revue, une journée, le carnage. L’attaque était l’œuvre d’une mère louve et ses louveteaux, conclurent les gardes. Cinquante-trois brebis massacrées, agonisantes, qu’il fallut euthanasier, sept bêtes disparues, huit autres salement amochées. Un seul agneau survivant, « il semble content, il mange, mais le choc fut tel qu’il ne grossira jamais… »

            L’Ubaye se déploie aux confins du Parc national du Mercantour, à équidistance de Gap et du Piémont italien. Quatre-vingts kilomètres de vallons, falaises et précipices, que l’on gagne par les cols, ouverts de mai à octobre, de La Cayolle et de Restefond, Golgotha des grimpeurs du Tour de France. Il faut atteindre le lac de la Madeleine par le col de Larche, dernière commune provençale avant l’Italie occitane, pour être saisi par l’ampleur d’un décor en amphithéâtre : au nord, les cimes du Chambeyron et du Queyras ; à l’est, les reliefs piémontais s’abaissent jusqu’à la plaine de Cuneo ; haute Provence à l’ouest, au sud enfin les parcours des vallons méditerranéens. Schistes et calcaires, un extrême monde souligné du vert tendre des mélèzes qui tranche le camaïeu immense des pelouses rases et des pics. L’herbage d’Ubaye est bénédiction pour les transhumances de Crau. Chaque année, des générations de bergers de basse Provence et leurs troupeaux se répartissent ces quartiers d’alpage. On évalue à quatre-vingt mille les moutons, brebis et chèvres qui de fin juin à mi-octobre estivent dans cette immense bergerie d’herbe à ciel ouvert. Aubaine, ce formidable garde-manger dont le loup dispose ! « Comment voulez-vous qu’il ne fasse pas des cartons dans ces pâturages ? Les meutes mèneraient quelques jours de traque pour un chevreuil, alors que des milliers de brebis leur sont offertes… »

            Samedi 24 septembre. Barcelonnette. Foire agricole de Saint-Michel. Place du Gravier, un océan de toisons grises ondule. Un grondement de bêlements sourds envahit la capitale de l’Ubaye, deux mille brebis ont déjà abandonné l’alpage, on dit « démontagner ». Blouses anthracite des maquignons, tee-shirts et jeans des éleveurs, feutres cabossés des bergers et bergères, le métier se féminise... « Pourtant tu m’avais dit que tu m’aimais encore », Carla Bruni roucoule dans la sono, le vaste foirail caquète, bêle, meugle, hennit, mais à la tribune des personnalités il n’est question que du loup. Yves Derbez : « Qu’il est difficile de faire admettre notre désarroi à des responsables qui ne viennent jamais dans nos montagnes ! Nous le répétons sans cesse : si rien n’est fait, le métier d’éleveurs est condamné à disparaître des alpages, personne n’entend, personne ne nous répond. »

            La veille, convié par la Chambre d’agriculture, Philippe Blachère, en charge du dossier-loup à la Direction départementale des territoires, a planché une heure au moins face aux éleveurs de Haute-Bléone. Deux cent dix-huit attaques imputées à canis lupus depuis le début 2011 dans la vallée ! Cinq cent soixante-dix animaux domestiques massacrés. Ovins en majorité, mais des boucs, des chèvres aussi ; plus inquiétant encore, des bovins, chevaux demi-sang, mulets et chiens déchiquetés au seuil des hameaux… Deux fois plus de victimes qu’en 2010. Une augmentation continue. Pas un ne soufflait mot autour des longues tables disposées en U, tandis que Blachère égrenait des statistiques à frémir. « Dans les derniers mois, 38% des attaques pour une seule victime, peu de changement. Les « grosses affaires », en revanche, explosent, 3,3% ont provoqué entre seize et vingt victimes, 1% entre vingt et une et quarante… Une nouvelle catégorie apparaît : 1,6% des agressions ont laissé cinquante carcasses… »

L’été dernier, les carnassiers ne s’en sont pas pris au seul troupeau Derbez, le week-end du 23 juillet, une semaine après la décimation des Charbonnières, les loups ont attaqué les hauts de la station de Super-Sauze, à deux pas du gîte-restaurant la Cabane à Jo. Cent quatre brebis et agneaux de la famille Caire, étripés, égorgés, disparus en montagne. Jamais vu en Ubaye jusqu’alors…

            Flash-back. 4 novembre 1998. Huit heures le matin. Postés à la Vacherie du Collet, en montagne de Vésubie, des gardes du Parc du Mercantour observent une harde de mouflons à la jumelle. Ils remarquent un chien étrange, accroupi sous un couvert de jeunes mélèzes au-dessus des Sagnes. Oreilles pointant sur les côtés, robe gris foncé, dégradé en clair au poitrail. Les mouflons s’égayent. Un deuxième animal surgit alors, il trotte, de profil, gris comme le précédent. « Un chien très haut sur pattes, plutôt svelte, assez allongé, queue basse, une gueule en dessous du niveau des épaules, raconte un garde. Les deux spécimens demeurent sur la crête, côte à côte, quatre minutes peut-être. Ils ne bougeaient pas leur gueule comme font les chiens. Tout à coup, ils ont disparu… »[1]

            Mai 1993. « Bienvenue au loup, il revient en France ! » Le Parc du Mercantour et la revue Terre Sauvage s’enthousiasment : on doit « protéger comme un trésor ces pionniers de la reconquête animale. Voyons-y des fragments d’âme celtique qui hurlent leur liberté dans la montagne. »

            Disparu depuis un demi-siècle, le « grand canidé » aurait parcouru les crêtes montagneuses depuis son refuge des Apennins italiens, traversé les autoroutes, frôlé hameaux et villages, pour s’établir en Mercantour, cette immense réserve giboyeuse, bouquetins, cerfs, chamois, chevreuils, mouflons et sangliers. Les amis de la nature pavoisent : les loups dans les zones montagnardes, une chance pour le patrimoine ! Les chantres du wilderness s’enflamment : « Emblème symbolique, son existence exprime la liberté absolue. Quand il hurle, son chant fait revivre la nature. Il est le fil ténu qui nous relie à elle et à notre propre nature. Une nature privée de vie sauvage, c’est une nature qui a perdu son âme. » (Terre Sauvage, mai 1993)

            Dilemme, quand même… Le Mercantour abrite aussi des humains. Au même titre que la faune sauvage, éleveurs et bergers ne participent-ils pas de cet écosystème depuis des millénaires ? Or, les mémoires redoutent l’intrus qui reçut de l’évolution « des armes dans la gueule et dans les pieds, de la ruse, de la force, de l’agilité, tout ce qui est nécessaire en un mot pour trouver, attaquer, vaincre, saisir et dévorer », écrit Le Verrier de La Conterie en 1778. D’autant que le loup se repaît volontiers des brebis en pâture…

            « Quand le loup est apparu en Mercantour, le ministère de l’Environnement a dit : « Vous l’avez, à vous de le gérer », rapporte Robert Estachy, alors responsable du Parc en Ubaye. On nous bombardait de notes de service, se souvient-il. Nous avions mission de parcourir les villages pour dispenser la bonne parole : le loup est « moteur » de biodiversité, ne vous inquiétez pas, il n’est pas dangereux, il ne tue que pour se nourrir, aucunement par plaisir. » Le fonctionnaire en convient, cette communication était inadaptée. « Nous n’y connaissions rien, ce sujet vierge n’avait pas été étudié. Le loup nous a très vite dépassés, il avançait trop vite. »

            D’une année l’autre, l’expansion de « la bête » se vérifie, des centaines d’ovins sont broyées sous ses crocs. Plus d’un millier de victimes au premier semestre 2011. Outre des incursions en Dauphiné, dans les deux Savoies, en Valais suisse, un récent bulletin de l’ONCFS confirme la présence du loup dans le Var désormais, en massif de Saint-Baume, sur les plateaux du Vercors, les cantons du Doubs, Jura, de Franche-Comté aux Vosges… En 2009, dix-neuf meutes auraient réapparu dans vingt-six « territoires à loups », des Pyrénées au Cantal. Cent soixante-quatre spécimens, selon les comptages du ministère de l’Environnement, mais sait-on exactement… Le loup, fuyant, est une espèce nomade par excellence, sa progression géographique relève du comportement même de son genre : chaque meute, soit deux à six individus gouvernés par un « couple alpha », sillonne et régente un territoire-refuge de 200 à 400 km2… L’âge venant, les spécimens pubères doivent s’en aller, partir en quête d’un nouvel espace pour fonder leur clan. Errants, ils peuvent parcourir des distances records, huit cents kilomètres en quelques semaines. Qui sait, le loup s’installera peut-être en Limousin, en Champagne, en Lorraine, dans les massifs de Fontainebleau ou de Compiègne. Ne l’a-t-on pas repéré dernièrement outre-quiévrain, du côté de Namur, au plat pays wallon ? Protégé par la Convention de Berne de 1972, puis une Directive européenne en 1992, la « bête grise » est libre d’errer où bon lui semble. Mieux : ému par son charme fascinant, l’homme, son unique prédateur, élève en dogme cette sauvagerie !

            Eleveurs et bergers s’en alarment : qu’adviendra-t-il des petites volailles, du bétail, des animaux domestiques des fermes ? « Si le malheur doit se changer en bien, le loup est l’occasion de pérenniser un nouveau pastoralisme », ose Christophe Bonnet de France-Nature-Environnement. D’autres, plus directs, l’assènent : l’élevage extensif des brebis est incompatible avec le vagabondage des loups ! A les écouter, les moutons, très cons, ne contribuent même pas à la biodiversité de l’Alpe, qu’ils retournent donc à l’étable, qu’ils se contentent de leur destin de « machine à viande » ! Soulevés par la pureté restaurée d’une nature authentique, inviolée, les néo-écologistes rêvent d’une montagne vierge, débarrassée enfin du berger, ce bipède, et des ovins absurdes. Que l’espace soit disponible à la sauvagerie des loups ! Comme si nous observions, profonde rupture anthropologique, l’inversion de notre représentation philosophique de la brebis et du loup. Devrait-on souhaiter la sélection d’un mouton belliqueux, capable de tenir tête, d’affronter canis lupus ? Une équipe de biologistes canadiens s’emploie à l’ensauvagement des moutons, paraît-il…

« Nos bêtes ne sont pas des pions, s’insurge Hélène Caire, éleveuse de grand-père en fille au plateau d’Enchastrayes. Les écologistes, ces gens-là, ne comprennent pas qu’on puisse être attaché à nos brebis, on les élève, on vit toute l’année avec elles. Nous voulons que nos bêtes transhument dans les meilleures conditions. Alors dites-moi, pourquoi livrer nos brebis à la crainte du loup ? Je veux qu’on m’explique ! » Dans la poursuite philosophique d’Elisabeth de Fontenay, la chercheuse Jocelyne Porcher, qui fut éleveuse, écrit : « Dans les conflits entre bergers et défenseurs du loup, les éleveurs ne peuvent pas laisser la « part du loup » comme leur demandent les écologistes, car ils ont un devoir de protection envers leurs animaux qui exclut complètement de les abandonner aux prédateurs. Ce serait un déni profond du sens de leur métier. »[2]

            Eradicateur jadis, l’Etat, patient, avait dressé un arsenal pour se débarrasser de la « grande bête féroce ». Aujourd’hui protecteur, l’Etat moderne déploie des stratégies insensées pour amoindrir les méfaits du loup, effacer les conséquences de sa sauvagerie. Des théories d’experts sont lâchées sur les éleveurs : « Il faut que vos bêtes soient bien menées, attention ! faites comme ça, pas comme ci ! » Un vocabulaire inédit, technocratique, court l’alpage : « regroupement nocturne », « chien de dissuasion », « dispositif électrique de protection », « tir d’effarouchement », « tir de défense ». Règlements et « contrats types » élaborés par des fonctionnaires fleurissent dans les massifs à loup. Les déprédations lupines sont « prises en charge ». 1 million 918.000 euros pour l’hexagone, cette année. De gré ou de force, les éleveurs, humiliés, doivent « signer », sinon ils ne recevront aucune indemnisation en cas d’attaque ! Métaphore d’une gestion économique contre le lien antique du don et de l’échange entre humain et animal domestique. Seront-elles proscrites les « couchades libres » que, d’instinct, les brebis choisissent, la nuit, au sec, dans les vallons abrités des vents forts, sur les crêtes ventilées des quartiers d’août ? Les règlements interdiront-ils aux éleveurs de « soigner » des parcelles éloignées, dévolues au loup maintenant ? Dans l’alpage, la révolte point contre les « lois » de gestion des pâtures. Les bergers devront-ils abandonner les pâturages au crépuscule, ces petites heures qu’adorent les brebis ? Faudra-t-il enfermer les troupeaux désormais ? « Ce n’est pas bien, disent les Caire, les brebis ont besoin d’être tranquilles, paisibles. En fin de journée, à la tombée du soir, nous sommes obligés de les « secouer » toute une heure durant avant de les descendre au parc. » Sans oublier l’érosion du multiple passage des bêtes, le piétinement des concentrations obligatoires…

            Qu’importe les oukases bureaucratiques des structures interministérielles qui ignorent tout de l’étonnante plasticité du loup. Comme les brebis, on ne peut restreindre celui-ci dans un modèle. Philippe Constant, 56 ans, est berger au vallon de Fours : « J’ai subi une attaque de plein jour, un brouillard d’enfer, on ne voyait pas à dix mètres, je ne m’en suis même pas rendu compte… Travailler devient intenable… » Des bergers épuisés « démontagnent », ils redescendent les troupeaux plus tôt dans la vallée, du jamais vu depuis la mobilisation des classes en 1939…

            « De quoi les éleveurs se plaignent-ils, puisqu’ils sont indemnisés ? » renchérissent les écolos amis du loup. Comme si le lien des hommes et des brebis, noué sur le long temps des mythologies, de notre récit antique méditerranéen, pouvait s’échanger contre de la valeur ! « Quand on élève des animaux domestiques, ce n’est pas pour que le prédateur en fasse son ordinaire en un déjeuner de soleil», s’encolère Hélène Caire.

            Entre le puissant lobby naturaliste et la fronde paysanne grondante, l’Etat, écartelé, dispose du privilège ultime, tout de même : la mise à mort de la bête ! Dans le jargon édulcoré d’aujourd’hui, on dit « prélèvement ». Cette autorisation relève du ministère de l’Environnement, à charge aux préfets de la concrétiser. Les conditions du « prélèvement », on dit « protocole », sont draconiennes. Seules peuvent en bénéficier les « unités pastorales » qui ont subi trois attaques consécutives au moins dans un laps de trois semaines et relevant dix-huit animaux massacrés…

            25 juillet 2011. Comptable de cent quatre-vingt-deux déprédations sur son secteur, Sylvie Espécier, sous-préfète de Barcelonnette, élabore un arrêté. D’une durée d’un mois, il autorise un seul « prélèvement » sur l’aire de Barcelonnette, Jausiers, Uvernet-Fours et Enchastrayes. Un point c’est tout. Une course contre la montre s’ébauche alors. Sylvie Espécier sait que les avocats de l’Association pour la protection des animaux sauvages, l’Aspas, s’apprêtent à déposer une requête de suspension administrative. Pendant dix-sept journées consécutives, cent vingt agents de l’ONCFS, trente-huit lieutenants de louveterie et cent trente chasseurs bénévoles passent à l’action ! Des jours de traque sous les mélèzes, de l’aurore à l’aube, entre chien et loup, quand les meutes gagnent ou quittent leurs tanières, en quête de proies. « Seul problème : nous ne savons plus chasser le loup, avoue Dominique Melleton, non sans humilité. Apercevoir le loup est difficile, cherchez-le, il n’est pas là… La traque est très, très compliquée, car ce sauvage est discret, agile. » La nuit ? « Comment identifier les yeux du loup dans un pinceau de phare. Un renard, un lynx, on sait, mais un loup… Si on disposait encore des chiens « créancés » du siècle dernier. Mais quand ils flairent l’odeur pestilentielle du loup, nos chien s’apeurent, et ils reviennent sur nos talons… » Pour dire que les chasseurs revinrent bredouilles.

            Alors, dès le 31 août, la sous-préfète rédige un second arrêté, « compte tenu de l’engagement financier, de l’énergie dépensée, du temps compté, nous avons préféré cibler un territoire où nous aurions plus de chance de croiser le chemin du loup ». Le 20 septembre, en forêt de Thorame-Basse, une louve apparaît dans la ligne de mire d’un agent à l’affût. Le premier canis lupus « prélevé » depuis sa réapparition en Ubaye !

            Près de trois cents éleveurs des massifs alpins, mais des Bouches-du-Rhône encore, des Pyrénées, d’Italie, de Suisse même, ont rallié l’association d’Yves Derbez (eleveursetmontagnes.org). Une pétition républicaine, « Le loup et les indignés de l’Ubaye » circulent dans villages et hameaux.

            Quant au loup, il court…

Anne Vallaeys

 



[1] Enregistrement en ligne, loup.org

[2] Vivre avec les animaux, une utopie pour le XXIe siècle », éd. La Découverte.

 

Lectures

Les Alpages à l’épreuve du loup, Marc Vincent, Maison des sciences de l’homme.

Histoire du méchant loup, trois mille attaques sur l’homme, XV-XXe siècle, Jean-Marc Moriceau, Fayard.

Vivre avec les animaux. Une utopie pour le XXIe siècle, Jocelyne Porcher, La Découverte.