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Des solutions divergentes sur la question du loup

Des solutions divergentes sur la question du loup

Article publié par le Dauphiné Libéré, le 27 janvier 2012

Un plan national loup 2012-2016 est à l'étude

Le comité technique Loup s'est réuni à Lyon mercredi pour établir un cahier des charges et des critères d'évaluation en vue de créer un plan national. Le problème lié aux conséquences des attaques de loup sur les troupeaux en montagne divise. L'association des Éleveurs et montagnes n'est pas satisfaite des quotas de prélèvements de loups infligés par le ministère de l'Environnement et de l'Écologie tandis que l'association de protection des animaux opte pour d'autres solutions que le tir de défense.

Les tirs de défense suspendus entre novembre 2011 et janvier 2012

Cette réunion du comité technique a été l'occasion pour le président de l'association des Éleveurs et montagne, Yves Derbez, d'exprimer son mécontentement. « Nos revendications ne sont pas nouvelles. Nos troupeaux sont mal protégés. Je ne suis pas satisfait de la réunion. Aucune avance significative n'a été affichée. Le seul point positif est que le ministère s'engage à ne plus suspendre les tirs de défense pour 2012 ».

En novembre dernier, ces tirs de défense avaient été suspendus et n'ont pu reprendre qu'en janvier. « Pendant ce temps-là nous ne pouvions plus nous défendre », s'indigne Yves Derbez qui préconise un contrôle de la prolifération de l'animal. « Il faut lutter pour un contrôle population efficace. Si on laisse le loup pulluler, les éleveurs auront de grandes difficultés ».

Selon lui, les éleveurs font « des efforts énormes, je ne vois pas ce qu'on peut faire de plus. À part peut-être avoir une surveillance humaine 24/24 ou encore de grandes clôtures. Mais nous savons et nous ne sommes pas les seuls à le dire que l'animal s'adapte à beaucoup de choses ».

Des solutions alternatives sont proposées

Du côté de l'association de la protection des animaux sauvages, « les tirs ne sont pas une solution viable. On ne résoudra pas le problème comme cela. Ils peuvent même avoir des conséquences inverses, dans le cas où l'animal est important dans une meute. En déstructurant leur organisation, les animaux sont imprévisibles », détaille Madline Reynaud, directrice de l'ASPAS (Association de protection des animaux sauvages).

La directrice préconise la mise en place de clôtures plus hautes, combinée à une surveillance par des bergers ainsi qu'un chien de protection. « Cela engendre des contraintes mais il y a des aides pour ces dispositifs. Ce n'est pas insurmontable. On devrait les rendre obligatoire. La reproduction sera ainsi ralentie puisqu'elle dépend de la chasse. Cela évite de les tuer ».

Le président de la chambre d'agriculture, Pierre-Yves Motte, opte quant à lui pour une régulation des loups. Tout en préconisant le renforcement de la protection des troupeaux. « Cela implique des contraintes supplémentaires pour des éleveurs déjà dépassés par leur travail. L'augmentation de la taille des clôtures ne suffit pas. C'est reporter le problème chez le voisin. Il faut véritablement améliorer le système de protection et de défense des troupeaux. La meilleure option est de réguler la population ».

Pierre MOMBOISSE