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Vosges : Des traces d'un deuxième prédateur repérées

Coup double pour le loup des Vosges

Des traces d'un deuxième prédateur repérées

Article publié dans le Républicain lorrain le 28 janvier 2012

Le loup des Vosges n'est plus le prédateur solitaire que l'on a longtemps décrit. L'Office national de la chasse et de la faune sauvage a désormais la preuve de la présence, dans le massif, d'au moins un autre congénère.

On s'en doutait depuis un petit moment. La nouvelle est désormais officielle. « Nous avons aujourd'hui la certitude de la présence d'au moins deux loups dans les Vosges », affirme l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) du département.La preuve irréfutable provient des traces laissées par le grand canidé dans la neige. « Nous les avons suivies pendant plus de six kilomètres, sur les hauteurs de Ventron, Cornimont et La Bresse ». Soit sur ce qui constitue jusque-là le terrain de chasse favori de l'animal. « Il faut savoir que les loups ont pour habitude de marcher dans les pas l'un de l'autre. Mais là, à plusieurs reprises, nous avons pu constater des dédoublements et des aiguillages », poursuit l'ONCFS.

La préfecture, elle, préfère « attendre le rapport d'expertise » pour confirmer la nouvelle.

Suite au retour des ovins dans les bergeries, les grands prédateurs ont dû se replier sur des proies plus difficiles : cerfs, chevreuils ou sangliers. Ce qui ne les a pas empêchés de refaire surface le week-end dernier. Une brebis gestante, qui se trouvait à l'extérieur, sur les hauteurs de Baudimont, un hameau de Saulxures-sur-Moselotte, n'a pas résisté à leurs crocs. Portant le nombre de victimes à plus de cent depuis la première attaque, commise dans la nuit du 7 au 8 avril. Là encore, au moins deux traces bien distinctes ont été constatées et sont soumises elles aussi à expertise.

Quelles protections ?

L'incident a ravivé l'inquiétude des éleveurs qui redoutent une nouvelle saison sanglante dès la mi-avril, période à laquelle les ovins regagneront leurs pâturages. « Les dossiers que la préfecture avait décidé de lancer n'avancent pas », peste Jean-Yves Poirot. L'éleveur de La Bresse, qui a déjà payé un lourd tribut, affirme que l'étude de vulnérabilité qui avait été décidée avec la préfecture en est toujours au stade de l'appel d'offres. « Nous sommes dans les temps pour un rapport attendu à la mi-mars », tempère Julien Anthonioz-Blanc. Le directeur de cabinet de la préfète revient sur cette démarche. Elle vise à identifier les pratiques du loup, les périodes d'attaques et les secteurs à risque « afin de définir les mesures de protection les mieux adaptées et de voir le coût que cela occasionnerait. »

Les éleveurs espèrent aussi obtenir un aide-berger à plein-temps, financé à 80 % par l'Etat : « Des textes prévoient qu'il y en ait un pour 280 brebis. Dans les Vosges, on en a un à se partager pour cinq éleveurs. » Jean-Yves Poirot et son collègue Olivier Munsch attendent, enfin, le versement d'une subvention ministérielle afin de s'équiper d'un chien patou. Ce dernier pourrait avoir rapidement du travail. Dans le massif, on parle déjà des futurs louveteaux. L'ONCFS, lui, ne s'avance pas : « Le loup photographié en juillet était un mâle. Mais rien ne nous permet d'affirmer que le second est une femelle. »

Philippe MARQUE