French Dutch English German Italian Russian Spanish

Revue de presse

Accueil Revue de presse Un loup de mort dans le Vaucluse : la grande parade judiciaire débute

Un loup de mort dans le Vaucluse : la grande parade judiciaire débute

Un loup de mort dans le Vaucluse : la grande parade judiciaire débute

Article publié par Kairn.com le 31 janvier 2012

Nous apprenons, par une source proche de l'enquête, qu'un cadavre de loup a été découvert hier matin (30 janvier 2012) « par un promeneur sur la commune de Bédouin, en forêt communale, vers 1000m d'altitude ». L'information serait banale s'il s'agissait d'un renard trouvé mort en montagne. Mais là, il s'agit d'un loup et encore plus : « un beau mâle de 37-38kg, en parfait état de fraicheur » qui comporte deux blessures par balles apparentes dont le sang n'est pas encore coagulé

La grande parade judiciaire se met en place

Exactement comme s'il s'agissait d'un crime contre humains, et peut-être même pire encore, ONCFS et gendarmerie sont mobilisés avec sans doute plus d'efficacité que pour courir derrière quelques voyous s'attaquant aux personnes âgées. Imaginez, c'est un loup qui est mort. Il faut vite trouver le coupable.

Ainsi donc, gendarmes et fonctionnaires en charge de la police de l'environnement redescendent le cadavre au LDA du Vaucluse pour y être autopsié. Et, selon notre même source : « L'autopsie confirmera rapidement les observations des agents du SD » (traduction : Service départemental de l'ONCFS). Bien évidemment, le procureur de la république de Carpentras est saisi comme pour tous les crimes.

Le découvreur n'est pas n'importe qui.

Nous apprenons que le modeste randonneur qui a découvert cet horrible « crime » avec du sang frais « est un « naturaliste » connu de nos services, participant à une revue touristique sur le Ventoux ». Et il est précisé : « donc des photos ont certainement été faites ». Quelle aubaine ! Des photos de cadavre par le « découvreur » de la scène de crime... immédiatement après le crime... avec du sang frais. Imaginez la belle affaire !

Et une découverte, comme par hasard, par un « naturaliste », immédiatement après le « crime ».... Et sur le bord du chemin probablement décrit pour le guide touristique. En voilà une belle anecdote à raconter dans ce bouquin. Une occasion, comme pour l'ours dans les Pyrénées, de justifier le loup comme « vecteur de développement touristique ».

Qui a tué ce loup ?

En attendant les résultats de l'enquête, il n'est pas difficile d'imaginer que le doigt accusateur des associations et ONG environnementaliste va se porter sur les chasseurs et les éleveurs. Mais entre accusation et réalité il y a parfois un énorme fossé pouvant être comblé par la provocation. Nous avons connu ce type de provocations, pour le moins naïve, autour de la présence de l'ours en 2006 dans les Hautes-Pyrénées et plus récemment en Ariège avec du miel et du verre pilé. Pourquoi pas tirer un loup sur le bord d'un chemin rapidement découvert par un.... Naturaliste ?

Les quelques éleveurs que nous avons pu joindre par téléphone et mails nous disent ne pas savoir. Beaucoup ignorait l'information que nous leur donnions. Mais tous ont eu la même réaction : « un de moins ! » Une réaction qui en dit long sur le ras le bol ressenti par cette profession depuis maintenant 20 ans, sans qu'aucune solution sérieuse ne soit trouvée.

Conclusion provisoire

Le loup est incontestablement une espèce protégée. Des lois régissent ce statut de protection et doivent être respectées. Néanmoins, le loup n'est pas une espèce en voie de disparition. Le statut de protection strict doit-il vraiment s'imposer ?

D'un autre côté, le Code Rural impose à l'Etat d'assurer la protection des troupeaux (Article L113-1 du Code Rural). Cette obligation n'est pas respectée et en 20 ans de présence du loup, personne n'a trouvé la solution géniale pour protéger les élevages, si non, cela se saurait depuis longtemps.

Tant que les pouvoirs publics ne mettront pas tout à plat en toute indépendance des ONG environnementalistes ancrées dans leur idéologie sectaire du « tout sauvage », les conflits existeront et se développeront. Ils sont d'ailleurs la raison d'être d'une multitude d'associations qui deviennent, pour l'occasion, de véritables pompes à fric du néant environnemental. Et puis, il faudra bien un jour, aborder cette problématique en terme de développement durable des montagnes et non plus seulement en terme d'écologie de l'espace sauvage avec de simples lieux récréatifs qui, de leur côté, ont leurs propres acteurs qui imaginent leur développement en se moquant de l'existence et de l'avenir des villages et leurs habitants.

Louis Dollo