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Haut-Doubs : Le loup a disparu depuis le mois d'octobre, mais tout le monde le voit encore

Haut-Doubs : Le loup a disparu depuis le mois d'octobre, mais tout le monde le voit encore

Article publié par le Pays.fr le 11 février 2012

L'Office national de la chasse et de la faune sauvage n'a pas de nouvelle du loup dans le haut Doubs depuis le 4 octobre, date de la dernière attaque à Arc-sous-Cicon. Mais depuis quinze jours, il semblerait qu'un canidé rôde sur le plateau de Maîche.

Un agneau d'un troupeau appartenant à un éleveur d'Arc-sous-Cicon, entre Morteau et Pontarlier, a été dévoré par un canidé de grande taille dans la nuit du 4 octobre 2011. Pour les agents de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) la piste du loup a été en­vis­agée. Faute d'éléments tangibles, car aucune photo ou analyse ADN n'a pas pu confirmer la présence de l'animal, les spécialistes ont conclu prudemment à une « attaque de canidé, loup non exclu ».

Un loup a été tiré à la balle à chevrotine, le 4 septembre, par le fils de Vincent Maire, éleveur de Lachapelle-d'Huin dont les troupeaux ont été attaqués (lire ci-dessous).

« Nous avons envoyé des spécialistes avec des chiens spécialement dressés pour repérer éventuellement l'animal blessé, mais cela n'a rien donné, explique le capitaine Emmanuel Renaud, de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. Aucune trace de poils, ni de sang. Malgré la présence de nombreux chasseurs dans le secteur à l'occasion de l'ouverture de la chasse, aucun indice n'a pu être relevé. »

Aujourd'hui, il est difficile de retrouver dans la neige des empreintes de loup, les traces pouvant se confondre avec celles du chien.

« Alors, on ne sait pas s'il est parti, ou s'il est dans des combes inaccessibles. En hiver, il ne peut pas s'attaquer aux moutons, car ceux-ci sont enfermés dans les bergeries. Et le loup peut se nourrir de chevreuils ou de chamois, qui ne manquent pas du côté du Creux du Van, dans le Jura suisse. Nous restons en alerte permanente », explique pour sa part Betty Plaquin, agent technique responsable du réseau Sagir (réseau de surveillance épidémiologique des oiseaux et des mammifères sauvages terrestres en France).

« Depuis une quinzaine de jours, des infos loups arrivent à l'Office, poursuit le capitaine Renaud. On voit le loup partout et notre travail est d'aller vérifier. La plupart des témoignages indiquent que le loup est vu à la tombée de la nuit. Alors, nous avons un faisceau d'informations assez constant qui donne une probable présence de l'animal sur le plateau de Maîche. Il aurait été vu à Grand'Combe-des-Bois, au Russey et près de Charquemont. Nous restons très attentifs, surtout que les témoignages proviennent de chasseurs, d'agriculteurs et de naturalistes. »

« Le loup peut rester discret durant plusieurs mois, notamment en hiver, mais nous attendons à le voir revenir au printemps, et cela pourrait être du côté de Charquemont. D'où cet état de vigilance accru dans notre service », souligne Betty Plaquin. Dernièrement, deux chèvres ont été retrouvées mortes à la suite d'une attaque d'un prédateur du côté de Vaufrey, mais il pourrait s'agir d'un lynx. « Il y a même eu une succession de prédateurs, alors nous enquêtons comme sur une scène de crime à la recherche du moindre indice, ajoute Le capitaine Renaud. Mais dans ce cas-là, il peut s'agir d'un lynx qui a été suivi par des sangliers, ou encore par un renard, car en hiver la nourriture est rare. À coup sûr il s'agit d'animaux différents, mais vraisemblablement pas de loup. » Attendons le retour des beaux jours pour voir, peut-être, le loup rôder à nouveau dans le haut Doubs.

Jean Becker