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Loup : craintes de prolifération de l'espèce dans les Vosges

Craintes de prolifération de l'espèce 

Il y a bien deux loups dans les Vosges

Article publié le 2 mars 2012 par les Dernières Nouvelles d'Alsace

Si le deuxième loup est une femelle, des louveteaux ne devraient pas tarder à naître. Indésirable pour les éleveurs et les politiques, inévitable selon les experts : la découverte récente de la présence d'un deuxième loup dans le massif des Vosges relance la polémique sur le retour de l'espèce et les craintes d'une prolifération.

« Il y a au moins deux loups dans le massif, nous en avons eu la confirmation. Le premier avait été identifié, sur photo, comme un mâle, mais nous ignorons le sexe du second », explique le coordinateur du réseau loup et lynx dans les Vosges à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), Alain Laurent.Leur présence a été attestée par une trace dans la neige qui se séparait en deux, observée par l'un des dix experts de l'ONCFS qui travaillent sur le dossier depuis les premières attaques de brebis, en avril 2011.

Depuis, plus de 135 bêtes – dont un poulain – ont péri, au grand dam des agriculteurs qui craignent que le canis lupus ne se reproduise. Février-mars est précisément la période de rut, avant la naissance d'une éventuelle portée en mai. « Le loup est un fléau pour la production ovine », martèle la Fédération départementale des syndicats exploitants agricoles (FDSEA) des Vosges. Le porte-parole des éleveurs victimes des attaques, Jean-Yves Poirot, réclame « des tirs de défense et plus seulement d'effarouchement ». Depuis octobre, le préfet des Vosges a en effet autorisé des tirs dissuasifs, censés effrayer l'animal.

« Si on l'abat aujourd'hui, il reviendra »

Les éleveurs sont soutenus par le député des Vosges François Vannson (UMP), qui réclame une augmentation du nombre des prélèvements annuels de loups autorisés. « Actuellement, sur l'ensemble du territoire national, on en a droit à six. Nous en voudrions deux supplémentaires, pour abattre au moins un loup dans les Vosges ».

« Nous ne voulons pas du loup dans le massif. C'est un territoire trop petit, morcelé, sur lequel on ne peut mettre un système de défense comme dans les Alpes. Et l'indemnisation des éleveurs victimes d'attaques n'est pas une solution en soi », souligne le député, qui se prévaut « d'un large consensus avec les agriculteurs et les élus locaux ».

Mais pour Alain Laurent, ces discours sont « exactement les mêmes que ceux entendus dans les Alpes il y a 10 ou 15 ans, lors du retour du loup ». « Il faut se mettre en tête que le loup s'installera de lui-même dans les Vosges, explique-t-il. Même si on l'abat aujourd'hui, il reviendra, c'est l'espèce qui s'adapte le mieux au monde à tous les milieux naturels ». Outre l'indemnisation des éleveurs, une solution proposée est un aide berger, qui a surveillé les troupeaux l'été dernier et doit revenir à la mi-mars. Un patou va également être installé dans deux exploitations, selon Jean-Yves Poirot.

Disparu depuis plus de 100 ans du territoire alsacien, le loup est réapparu en avril 2011 dans les Vosges. En France, il avait été éradiqué en 1937, avant de se réimplanter naturellement en 1992. L'ONCFS recense 220 individus, essentiellement sur l'arc alpin, mais aussi dans le Massif central et les Pyrénées. Cette espèce protégée progresse de 15 à 20 % par an et étend sa zone de présence vers la moyenne montagne.