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Le loup est "officiellement" entré dans le Vaucluse

Le loup est "officiellement" entré dans le Vaucluse

Article publié par la Provence le vendredi 23 mars 2012

Le "plan loup" est désormais activé dans le département sur 21 communes. Le langage administratif est un bonheur : à la suite des attaques de 16 brebis en octobre 2011, "les expertises avaient permis de conclure que la responsabilité du loup ne pouvait être écartée". De quoi faire doucement rigoler (jaune) les éleveurs ovins des Monts de Vaucluse et du Mont-Ventoux, dont certains ont appris, comme la presse hier, que sur la base de ces considérations, le préfet de Vaucluse François Burdeyron avait pris un arrêté... le 23 janvier dernier. Celui-ci met en application le "Plan National Loup" au niveau départemental et, donc, atteste que l'animal est désormais présent dans cinq départements du Sud-Est de la France : Var, Alpes-Maritimes, Hautes-Alpes, Alpes de Haute-Provence et donc, Vaucluse.

L'arrêté ouvre droit à des aides pour la protection des élevages (filets, financement des chiens, et éventuellement aides à l'emploi) et, surtout, à des indemnisations pour les bêtes tuées par le prédateur.

Les éleveurs, nombreux sur les communes concernées (21 au total, et en priorité celles d'Aurel, Bédoin, Monieux, Saint-Trinit et Sault), hésitent eux, entre rire et larmes. Le rire, c'est parce qu'il y a belle lurette qu'ils savent eux, que l'animal, prédateur de moutons, chamois et autres chevreuils est arrivé dans le cadre superbe du Ventoux. Pour preuve : la découverte en janvier dernier d'un loup mort. Et là aussi, le langage préfectoral est suave : "Il y a enquête en cours puisque tuer un animal protégé est un délit. Nous ne pouvons nous substituer au procureur, mais on peut dire que c'est sans doute un loup".

En revanche, les bergers grondent pour deux raisons. "Nous sommes déjà victimes de ce prédateur lors des estives dans les Alpes. Et c'est dur. Maintenant, c'est chez nous !", explique un peu lasse, Emilie, éleveuse à Lioux. Car même si les aides sont là (300 € pour un chien type patou, et 200 € de croquettes !), si les indemnisations sont prévues, "c'est une astreinte considérable, jour et nuit", souligne la jeune femme. La deuxième raison, c'est Marc Giardini (Lagarde-d'Apt), qui reprend la polémique de la réintroduction du canidé, en s'indignant : "Au moment où les aides régressent, il vaudrait mieux dépenser de l'argent pour des hôpitaux. Pour l'heure, ici, le loup, c'est le dahu. Dans cinq ans, il sera un fléau".

Silvie ARIES