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Loups: les bergers manifestent à Brignoles-Var

Loups: les bergers manifestent à Brignoles

Article publié par Var Matin mardi 27 mars 2012

Une centaine de bergers provençaux ont manifesté hier à Brignoles, avec cinq cents brebis, pour marteler qu'ils sont menacés par l'augmentation du nombre de loups dans la région.

Les éleveurs ont tiré la sonnette d'alarme, hier à Brignoles, à la faveur de la Foire. Selon eux, le prédateur ne cesse de gagner du terrain, et les méthodes de protection son insuffisantes. On protège le loup à tout prix, par tous les moyens, pendant que nos bêtes sont massacrées. Car la seule vraie espèce en voie de disparition aujourd'hui, c'est nous, les bergers, et le pastoralisme ! » Commencée sur un ton léger et des images bucoliques - un défilé de 500 brebis dans le centre-ville de Brignoles - l'action des éleveurs d'ovins a rapidement tourné au grave, hier. Rassemblés dans le cadre de la Foire agricole, à l'initiative de la Fédération ovine du Var et de la Confédération paysanne, une centaine d'éleveurs venus de toute la région et même d'un peu plus loin ont exposé leur calvaire quotidien face à l'expansion du loup.

« Pas loin du littoral... »

« Quand les premiers sont arrivés dans le Var, vers Comps et Canjuers, on nous a pris pour des gagas. Aujourd'hui, leur population est estimée à deux cents sur l'ensemble de l'arc alpin. Mais à vrai dire, personne ne peut le dire. Vu la fréquence des attaques, cela pourrait tout aussi bien être le double... » Le président de la fédération ovine du Var, Philippe Fabre, ne connaît que trop bien le sujet. « Le loup est présent depuis 1992 chez moi, à La Roque-Esclapon. 250 de mes bêtes y sont restées l'an passé... » Le prédateur gagne chaque année du terrain dans le Var. « Il est désormais présent dans tout le haut Var, de Comps à la Sainte-Baume. Et a déjà été vu dans des plaines, comme à Avignon ou Valence. Il n'y a donc pas loin à ce qu'il se rapproche du littoral... »

Jean-François Bataille, de l'Institut de l'élevage, a rappelé quelques éléments fondamentaux. « Environ 2 400 éleveurs, soit 740 000 brebis, travaillent dans la zone concernée, souvent de manière extensive et pastorale, donc exposés au loup. Cette méthode d'élevage ancestrale a façonné nos paysages, et continue de le faire. Mais lorsque la présence de loups est avérée, on abandonne des secteurs entiers, qui retournent en friche... » Les bergers sont donc décidés à montrer les crocs devant le prédateur. « Il n'y a pas trente-six solutions. L'État doit enfin prendre ses responsabilités dans ce dossier, et établir une régulation des effectifs de loups, comme cela se fait pratiquement dans le monde entier, à deux exceptions près, la France et l'Italie. »

« Faire comprendre notre problème »

Ils ont eu l'occasion d'être entendus par la députée Josette Pons, également président de la commission agriculture du conseil général, et par le président de la chambre d'agriculture, Alain Baccino, qui leur a témoigné son complet soutien. « Il faut faire comprendre notre problème à la population, concluait un éleveur. Nous ne souhaitons pas l'éradication du loup. Mais à ce jour, il est extrêmement protégé. Alors que, par exemple, j'ai dans mon troupeau une race locale en voie de disparition. Et qu'elle soit laissée en proie, cela ne semble pas déranger les écologistes défenseurs du loup... »