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Trois attaques en un mois à Neufchâteau, Vosges

VOSGES : Le loup est dans la plaine

Article publié le 11 mai 2021 par Le Républicain lorrain

Spectacle désolant pour Robert Morlot, de Grand, qui a subi trois attaques consécutives et perdu dix bêtes. En un mois, le prédateur a massacré 38 bêtes à l'ouest du département, près de Neufchâteau.

La vision fait froid dans le dos. Sept cadavres de brebis, jetés à même le sol, attendent depuis quatre jours l'équarrisseur dans une cour de ferme. Celle de Robert Morlot, à Grand dans les Vosges. Une nuée de mouches se complaisent au beau milieu de cette odeur pestilentielle. Mais les dépouilles ont vécu des assauts bien plus violents ce week-end. Deux ont été éventrées au niveau de la panse. De manière à ce que le canidé se délecte de ses morceaux de prédilection: les viscères rouges. «À chaque fois, il consomme le foie, les poumons et le cœur et laisse les intestins et les tripes», constate l'éleveur face à ce spectacle de désolation. Les cinq autres sont quasiment intactes. Hormis à la gorge, où elles ont été saisies. Gratuitement. Juste pour le plaisir de tuer.

Se faire justice

Le loup, ou plutôt les loups des Vosges, ont encore frappé. Grande nouveauté: si on les savait bien implantés sur les hauteurs du département, une attaque a encore été enregistrée à La Bresse fin mai, les voilà désormais dans la plaine. Plus exactement dans l'ouest du département, à une vingtaine de kilomètres de Neufchâteau. Dans une zone très rurale et forestière, située aux confins de la Haute-Marne et de la Meuse. Depuis le 6 avril, en l'espace d'un mois, ce secteur a enregistré la bagatelle de quatorze attaques. Sur cinq communes proches de Grand. Le tableau de chasse s'élève à 38 bêtes massacrées.

Le «croqueur en série» y a trouvé un frigo à sa démesure. Cinq éleveurs d'ovins y ont installé environ 2500 bêtes. Quatre ont pour l'instant été touchés. Ensemble, ils ont essayé de dissimuler l'affaire. Pour pouvoir se faire justice eux-mêmes. En vain. L'espèce protégée n'est pas tombée dans leurs pièges. Et continue à les narguer. L'affaire s'étant peu à peu ébruitée, ils ont décidé, jeudi, de lever le voile. Robert Morlot ne décolère pas. Le week-end dernier, il a subi trois attaques consécutives pour dix pertes : «Tous mes copains sont prêts à m'aider et à prendre leur fusil. Les écolos n'ont qu'à venir surveiller mon troupeau. Le loup est en train de décimer un cheptel qu'on a mis deux générations à construire.» Il pointe rageusement du doigt la forêt au loin, où l'espèce est censée se cacher. Un immense corridor écologique qui va de Commercy (55) à Chaumont (52). Son beau-frère et voisin, Michel Mongin, en est à treize pertes. Premier à sortir ses bêtes, dès février, il a subi les trois premières attaques, entre le 6 et le 8 avril : «La dernière à vingt mètres des premières habitations.» Preuve que la nouvelle bête des Vosges ne craint personne.

Pas (encore) de tir possible

Peut-on tirer sur le loup des Vosges? Jeudi, plusieurs médias ont affirmé que oui à la suite d'une dépêche AFP diffusée en début d'après-midi. Elle expliquait que onze loups pourront être tués en 2012/2013, contre six individus de cette espèce protégée lors de la période précédente, selon un arrêté publié jeudi au Journal officiel français. Alors qu'un second arrêté, également publié jeudi, annonçait que trois départements (le Haut-Rhin, les Vosges et la Haute-Saône) rejoignait les neuf départements dans lesquels cette réglementation s'applique: Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Drôme, Isère, Pyrénées-Orientales, Savoie, Haute-Savoie et Var.

Jointe jeudi soir, la préfecture vosgienne explique que si l'arrêté en question permet désormais cette possibilité, le département doit obligatoirement passer par différentes étapes avant d'en arriver à cette extrémité, totalement exclue pour l'instant.

Philippe Marque