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Première attaque de l'année en Ubaye

LARCHE (Alpes-de-Haute-Provence) Première attaque de loups de l'année en Ubaye

Article publié par le Dauphiné Libéré le 3 juin 2012

À moins de 200 m des habitations de Larche, les 455 moutons de Jean-Jacques Lombard paissaient sur les flancs de cette colline avant d'être attaqués le 28 mai par plusieurs loups. Affamés, ils ont dévoré deux de leurs proies sur place. Pour l'une d'entre elles, ne restait que les os. « Aujourd'hui, j'ai gardé le même troupeau, presque au même endroit, juste un peu plus bas. Que faire d'autre ? » commente l'éleveur Jean-Jacques Lombard, ici avec le constat de dommages.

À moins de 200 m des habitations de Larche, les 455 moutons de Jean-Jacques Lombard paissaient sur les flancs de cette colline avant d'être attaqués le 28 mai par plusieurs loups. Affamés, ils ont dévoré deux de leurs proies sur place. Pour l'une d'entre elles, ne restait que les os. « Aujourd'hui, j'ai gardé le même troupeau, presque au même endroit, juste un peu plus bas. Que faire d'autre ? » commente l'éleveur Jean-Jacques Lombard, ici avec le constat de dommages.

La vallée de l'Ubaye vient d'être touchée par une attaque de loups sur un troupeau, à Larche. Ce serait la première de l'année et de la saison d'estive dans les Alpes du Sud. Bilan : onze bêtes tuées, dont huit tardons et trois brebis. Une attaque qui inquiète les 75 habitants de cette commune du parc du Mercantour, près de l'un des lieux de randonnée pédestre les plus fréquentés du parc du Mercantour, le vallon du Lauzanier.

"Pas beau à voir"

« Trois brebis et huit tardons : pas beau à voir... » Le constat de Jean-Jacques Lombard est amer mais presque résigné. Dans la nuit du 28 mai, les loups ont sauté les filets de son grand parc à moutons, situé à flanc de colline, à l'adroit au-dessus du village de Larche, à 200 mètres des habitations. 455 bêtes y paissaient depuis quelques semaines.

« C'est arrivé dans la nuit. Nous avons eu la puce à l'oreille le matin, quand en quittant la maison pour aller travailler, nous avons vu l'une de nos brebis revenir par la route, tremblante et tâchée de sang, avec son agneau. Elle avait dû avoir la peur de sa vie » commente Janine Lombard, adjointe au maire de Larche et mère de l'éleveur. « On les a trouvés au fur à mesure » poursuit l'éleveur. « Le parc est très grand. La première brebis était mangée entièrement, il ne lui restait que les os. La carcasse était bien dans le parc à moutons. Les loups auraient donc sauté pour entrer et sortir, car les filets n'ont pas été rompus. Une autre était mangée à moitié, vivante, avec l'épaule à vif. Les dernières avaient les jarrets dévorés et marchaient sur la pointe des os. On les a saignées, elles souffraient trop. Quant aux agneaux rescapés, beaucoup ont été "pincés" et portent des traces de morsures. »

Selon la procédure, les agents du parc du Mercantour sont venus le jour même. « Jean-Luc Dunand et Ludovic Klein ont procédé au constat, mais ils ne te comptent que les mortes... » commente Jean-Jacques Lombard. Ils ne comptent pas les "goi" (les boiteuses), les victimes du stress, les agneaux orphelins. On est remboursé, certes, mais pas pour les manquantes... Nous avons à ce jour deux disparues. »

La signature du loup ne fait aucun doute. « Nous n'avons pas encore reçu la confirmation officielle, mais rien à ce jour ne porte à croire le contraire » indique Sylvie Espécier, la sous-préfète de Barcelonnette.

Jamais si près des maisons

À l'automne, il y a quatre ou cinq ans, Jean-Jacques Lombard se souvient avoir subi une attaque près du téléski de Larche ou à Certamussat. Mais si près des maisons, jamais. L'éleveur n'est membre d'aucun syndicat ou association, un peu par lassitude de mettre la main au portefeuille pour des résultats difficiles à évaluer.

Aujourd'hui, il a rapproché son troupeau encore un peu plus encore du village, non loin du relais de télévision, mais sans se bercer de grandes illusions. « Les loups, on en a vu encore quatre au fort de Cuguret hier. Ils sont partout. Ça faisait déjà quelques semaines que mes bêtes étaient sorties. Mais rien jusqu'à cette semaine. Maintenant, voyez, on est tranquille depuis quatre jours, mais autant cette nuit, ça recommence. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Je ne vais quand même pas rentrer les bêtes à la bergerie. À cette époque, il fait chaud, il y a beaucoup de mouches. Et dehors, elles mangent jusque tard dans la nuit ! Et puis quand les collègues amèneront des troupeaux de 2000 bêtes, on fera quoi ? » lance l'exploitant agricole et éleveur d'ovins et de caprins.

Francine BURLET