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Faune - Au moins trois loups dans les Vosges

Le Groupe d'Étude des mammifères de Lorraine livre son analyse sur le retour du grand canidé dans les Vosges

Article publié par Vosges Matin le 10 juin 2012

Le loup s'est de nouveau installé en Lorraine. Cela ne fait maintenant plus aucun doute. Mais combien d'individus sont aujourd'hui présents ? La question est plus difficile à trancher. Car c'est un peu paroles d'expert contre paroles d'expert. Un terreau favorable qui fait le lit des plus folles rumeurs. Nourries de l'image que le grand canidé affiche dans l'inconscient collectif. Bref, pas facile de s'y retrouver !

C'est dans ce contexte que le Groupe d'étude des mammifères de Lorraine (GEML) et le groupe « massif vosgien » de l'association Ferus, qui milite pour le retour et le maintien du lynx, du loup et de l'ours, tout en sensibilisant aux conditions d'une meilleure cohabitation prédateurs/hommes, livrent leur dernière analyse de la situation. Et concluent à la présence « d'au moins trois loups dans les Vosges, deux à l'Est sur le territoire de La Bresse, et un à l'ouest sur le secteur de Grand. »

Une position qui va un peu au-delà « du discours officiel qui évalue la population actuelle à deux animaux », précise Yann Lebecel, le président du GEML.

Deux photos

Pour étayer leur réflexion, les deux associations se livrent à un rappel des événements depuis le printemps 2001, quand « quelques témoignages, un cliché réalisé avec un piège photographique et des attaques sur des troupeaux d'ovins dans les Vosges laissent supposer la présence du loup sur le massif ».

Suppositions confirmées rapidement par les expertises de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Le rapport du GEML et de Ferus poursuit avec la photo prise en juillet 2011, « qui montre bien un loup mâle », tandis que les agressions de troupeaux se poursuivent. Rien encore cependant permettant de trancher sur le nombre de grands canidés. « La présence d'un nombre important de proies faciles d'accès entraîne un réflexe chez les carnivores de "sur-chasse" ou "over-killing". » Le plus important consiste donc à évaluer la quantité de viande consommée et non le nombre d'animaux attaqués. « D'après les analyses, elle restait ici assez faible, environ 5 kg en moyenne, soit la ration d'un seul loup. »

Nouvelle avancée en janvier dernier « avec une piste d'au moins deux loups suivie dans la neige, toujours sur le massif vosgien. Le loup se déplace de manière rectiligne, contrairement au chien qui zigzague », notent le GEML et Ferus.

« Lorsque plusieurs loups se déplacent ensemble, chacun met ses pattes dans les empreintes de celui qui le précède, ce qui ne forme qu'une seule piste. De temps à autre, un loup peut quitter cette piste commune, ce qui forme un aiguillage et ainsi renseigner sur la présence de plusieurs individus. D'où la conclusion qu'un deuxième loup, au moins, est arrivé pendant l'hiver, vraisemblablement au cours de décembre. »

Dans le secteur de Grand

Dernier épisode en date : des attaques sur des troupeaux d'ovins dans le secteur de Grand, toujours dans les Vosges, mais à plus de 100 km de là où les loups avaient été repérés.

Pour le GEML, on peut « supposer qu'il s'agit d'un jeune individu encore inexpérimenté dans la chasse, puisque "l'over-killing" est très fort ». Un troisième individu donc, arrivé récemment, « tandis que les agressions toujours recensées dans le secteur de La Bresse font penser que les deux autres individus sont toujours ensemble ».

Sans pour autant qu'une meute (un couple qui établit un territoire et qui se reproduit) soit constituée. Il manque encore de nombreux éléments pour que cela soit une certitude.

Bruno SUSSET