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Le loup, un problème qui ne connaît pas de frontières

Les prédations posent les mêmes difficultés aux éleveurs italiens et français

Article de Sylvie Arnaud paru dans la Provence du 20 juin 2012

Amener les professionnels transfrontaliers de l'élevage à se rencontrer pour échanger autour de la problématique liée à la prédation des troupeaux par le loup et (ordre le coup à l'idée que le prédateur fait moins de ravages de l'autre côté de la frontière étaient l'objectif de la première rencontre franco-italienne organisée, hier, à la Communauté de Communes Vallée de l'Ubaye.

Cette rencontre était initiée par deux associations : le loup et les Indignés de l'Ubaye, emmenée par Pierre Martin-Charpenel, et Éleveurs et Montagnes, présidée par Yves Derbez.

Toute la journée, éleveurs, élus, universitaires, sous-préfète, président de la Chambre d'agriculture... ont longuement échangé et ainsi pu constater que le loup pose aux éleveurs italiens les mêmes difficultés qu'à leurs homologues français. Les mesures de protection ont les mêmes limites de part et d'autre de la frontière, les loups ont le même impact sur la faune sauvage des deux pays et il est aussi difficile en Piémont qu'en Ubaye de connaître leur nombre exact... Alors que les Italiens pensent que le prédateur vient de France, de l'autre côté de la frontière on lui attribue des racines dans les Abruzzes.

Autre difficulté partagée des deux côtés de la frontière : faire entendre !a voix du berger et de L'éleveur face aux défenseurs du loup. En se fédérant au sein de l'association Éleveurs et Montagne qui devrait bientôt prendre une ampleur régionale, en multipliant les liens avec d'autres pays européens, en bénéficiant de soutien comme celui de l'association "civile" des Indignés. Les éleveurs français commencent à voir l'opinion publique prendre la mesure de leur désarroi... et à espérer que comme la Suisse en a engagé le processus, la convention de Berne puisse être révisée. Les Italiens vont les imiter et se fédérer pour parler d'une même voix et informer le grand public au carnage qui ne manquera pas de se jouer cet été dans les alpages.

Pierre Martin-Charpenel a ouvert les débats avec Michel Lanfranchi, président de la CCVU, Sylvie Espécier, sous-préfète, Yves Derbez d'éleveurs et Montagne, et Francis Solda, président du Cerpam.
Les éleveurs, universitaires et élus italiens participaient à cette rencontre.

Au nez des bergers et patous

Chargée du loup depuis 1999, date de l'apparition du prédateur dans les Monges. Anne Dumé de la Direction départementale des territoires, a pu suivre l'évolution de la prédation au fur et à mesure de l'expansion et la progression de sa population. En 2004, avec la mise en place de moyens de protection, les attaques et le nombre de victimes ont diminué. Cette stabilisation s'est poursuivie jusqu'en 2009, date à laquelle une nouvelle hausse de la prédation a été remarquée avec l'augmentation du nombre de meutes. Parallèlement, son service a aussi pu noter une modification dans le comportement et les stratégies de prédation des loups. Aujourd'hui, ils attaquent en groupe, de jour, des troupeaux gardés, au nez et à la barbe des bergers et des patous ! De plus, les attaques ne se limitent plus à la période d'estive, dans les pâturages de montagne. Plus de la moitié d'entre elles interviennent à l'automne et au printemps dans les départements alpins. Ailleurs, elles frappent les troupeaux toute l'année. Sur 96 troupeaux touchés, 80% l'ont été une à deux fois et 20%, plus de cinq fois avec un pic de douze attaques.

LES CHIFFRES DE LA PRÉDATION

Si les éleveurs italiens ont des difficultés à obtenir les chiffres de la prédation dans leur pays, en France, le compte est bon. Dans le 04, au 1er juin. 22 attaques ont déjà été recensées (26 en 2011 pour la même période), 17 ont été indemnisables car imputées au loup, avec 60 victimes dont 54 ovins, 4 caprins, 2 ovins. Au niveau de la région, la prédation progresse avec 238 attaques et 766 victimes. Pierre Martin-Charpenel rappelait que le nombre d'animaux tués a plus que doublé en 4 ans, il est passé de 408 à 873 en 2011.