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Lozère - Le loup inquiète

Lozère : L'inquiétude monte déjà face au loup

Article publié le 29 juin 2012 par le Midi Libre

Dès que le loup sort de son bois, la Lozère se crispe. Des réminiscences de la bête du Gévaudan reviennent à la surface, qui bien souvent orientent le débat vers son côté le plus sombre. Aussi, l'annonce de la possible installation d'un spécimen solitaire sur le causse Méjean n'est pas passée inaperçue. René-Paul Lomi, le directeur départemental des territoires, le premier, le reconnaissait, en détaillant l'information : "On sent déjà une inquiétude. Nos agriculteurs sont échaudés." D'ailleurs, pour les représentants de l'État dans le département, "l'objectif est de calmer le jeu".

Les chasseurs en première ligne

Les chasseurs lozériens sont bien évidemment en première ligne face au loup. Et André Giscard, le président de la fédération de chasse, juge la présence de l'animal sauvage "tout à fait incompatible, surtout où il a été repéré. Une zone agricole ouverte. Si je me réfère à mes collègues de l'arc alpin, confrontés depuis plusieurs années à la même expérience, tout le monde a été emmerdé, permettez-moi l'expression. Les bergers se sont dotés de patous, qui eux-mêmes sont devenus des problèmes. En plus, sur le causse, nous avons des zones de petits élevages, où les éleveurs accompagnent les brebis. La présence du loup est vraiment très dure à gérer."

Si le département doit être placé en ZPP (zone de protection permanente), cela entraînera des mesures d'effarouchement nocturne. Mais André Giscard préconise "des mesures plus directes, comme des tirs de régulation. Nous sommes en seconde ligne. Et nous ne devons pas nous laisser déborder. Une installation du loup en Lozère n'est pas souhaitable."

Un sujet sensible

Du côté du Parc national des Cévennes, l'arrivée du loup "n'a pas encore fait débat", précise Jean de Lescure, son président. Qui rappelle que "la problématique est gérée par l'État dans le département". Mais pour le conseiller général de Villefort, "si les faits viennent à se confirmer, un débat s'imposera". Il explique d'ailleurs que "les agents du Parc vont participer aux réunions techniques en préfecture". Et à titre personnel, Jean de Lescure reconnaît que "le loup est un sujet très sensible. On sent déjà une grande inquiétude sur le territoire. Est-ce que les méthodes d'élevage sont compatibles avec le loup, je ne pense pas."

Le Département de la Lozère n'a quant à lui pas encore réagi à la présence de ce loup sur le causse. Mais réunis ce matin à Mende, pour une décision modificative budgétaire, les conseillers généraux ne manqueront pas d'aborder le dossier. Avec sans doute de l'inquiétude, pour beaucoup d'entre eux.

THIERRY LEVESQUE