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TALLOIRES : 17 brebis tuées par le loup

TALLOIRES : 17 brebis tuées par le loup

Article publié par le Dauphiné Libéré le 18 août 2012

« Il n'y a rien à faire, il n'y a rien à dire », lâche Serge Burnet, résigné face aux épreuves qui s'amoncellent sur son élevage de moutons. Alors qu'il vient de découvrir ce vendredi matin une brebis tuée par le loup, la 16 e en moins de 20 jours, le jeune éleveur fait un constat sans appel : 10 % du troupeau des brebis mères anéanti, 16 agneaux condamnés à mort car sans leur mère plus de nourriture et plus de protection, 3 ans de travail de sélection mis à terre, 15 jours de retard dans les foins.

« C'est une année foutue. Nous sommes démontés » résume Honoré, son père. Depuis quelques jours, plus que la peur, c'est le dégoût qui envahit les éleveurs. Ainsi, vraisemblablement, le loup a fait peur cette nuit à une vache de la famille Lathuraz qui, affolée, s'est enfuie et s'est cassée une hanche : elle a été abattue ce vendredi après-midi.

Il ne s'était jamais rien passé dans ce secteur montagneux proche d'Annecy, jusqu'à ce que le loup arrive dans le massif de la Tournette, côté lac de Talloires. Une première.

Tout le monde de la nature savait depuis quelques mois, mais personne ne dit étonnamment rien. On estime que 4 loups ont commis ces massacres, ayant établi leur tanière dans le secteur. Les éleveurs se disent esseulés, peu de personnes s'intéressant en fait à leur drame. Le rôle de l'Etat est évoqué. Les autorités ont refusé en effet des tirs d'effarouchement pour éloigner les loups, aucun « prélèvement » n'a été décidé, terme approprié pour désigner l'abattage de loups.

Le travail est titanesque pour Serge, 40 ans, et son père, 70 ans. Depuis trois semaines, ils doivent monter eux-mêmes des filets électrifiés pour renforcer la zone de protection, le tout sur leur dos, soit environ 25 kg pendant 1h à 1h30 de marche. Ils doivent se contenter d'obstruer certains passages. Mais, plus grave, les animaux sont stressés et totalement désorientés : « Les moutons sont tous bizarres » remarque Honoré. Même la vue du chien de berger leur fait peur, les animaux sursautant à la première crainte.

Autre conséquence inattendue de cette situation : une quinzaine de vautours fauves et de corbeaux charognards ont pris leurs quartiers s'intéressant non seulement aux cadavres, mais aux animaux esseulés. Derrière un fait divers, tragique, c'est en fait une vraie question de société qui est posée : l'effondrement de la nature. Les éleveurs sont unanimes : partout où le loup est passé, les éleveurs ne viennent plus, la nature n'est plus entretenue, la vie s'en va. Inexorablement.

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Georges BISE