French Dutch English German Italian Russian Spanish

Revue de presse

Accueil Revue de presse Les éleveurs de moutons dénoncent le coût du loup

Les éleveurs de moutons dénoncent le coût du loup

Les éleveurs de moutons dénoncent le coût du loup

Article publié le 8 septembre 2012 par La Nouvelle République

Le retour du loup coûte 10 millions d'euros par an en indemnisations et protection des troupeaux, dénonce la Fédération nationale ovine.

A l'heure où les comptes publics se resserrent, les éleveurs de moutons mettent sur la table un argument de poids dans leur combat contre le loup, ennemi héréditaire, et les partisans de son retour en France.

Selon la Fédération nationale ovine, la protection des troupeaux (clôtures, patrouilles en hélicoptère, etc.) et les indemnisations versées aux éleveurs de bêtes attaquées coûtent chaque année 10 millions d'euros d'argent public. Les contrats de protection avec les éleveurs sont passés de 246 en 2004 à 1.031 en 2011, sans enrayer le nombre de moutons tués.

" Le terrain est prêt à en découdre "

« Notre pays cherche de l'argent. Nous avons une solution : la régulation efficace des populations de loups », a résumé hier Serge Préveraud, président de la FNO, éleveur à Availles-Limouzine (Vienne), lors d'une conférence presse organisée près de Montmorillon. Dans le sud de la Vienne, l'élevage de moutons s'est fortement développé à partir des années trente... une fois les derniers loups éradiqués.

Aujourd'hui, le prédateur regagne du terrain dans le sud de la France : « Il est présent dans une vingtaine de départements, dont l'Ardèche, le Lot, la Lozère. Et récemment, en Mayenne, 45 brebis ont été attaquées par des animaux qui sont un croisement de chien et de loup, qu'on peut se procurer sur Internet. »

Résultat, avance la FNO, 5.000 à 6.000 bêtes tuées cette année par les loups. La mortalité des troupeaux en septembre 2012 serait déjà équivalente à celle des douze mois de 2011. « Dans les alpages, des éleveurs ne prennent plus le risque de faire monter leurs bêtes. C'est ça la biodiversité ? On ne fait pas ce métier pour toucher des indemnisations après les attaques. Il faut comprendre l'émotion et le désarroi des éleveurs. Les solutions doivent être rapides car le terrain est prêt à en découdre. » D'autant que les ours, lynx et, de façon plus marginale, les vautours, s'en prennent aussi aux troupeaux.

En s'adressant aux « contribuables », les éleveurs espèrent bien peser sur les deux ministères concernés : « L'Écologie pour le loup, l'Agriculture pour les moutons. Mais c'est " notre " ministère qui paie les 10 millions que coûtent les loups ! »

Sébastien Kerouanton