French Dutch English German Italian Russian Spanish

Revue de presse

Accueil Revue de presse Le loup se joue de tout

Le loup se joue de tout

Le loup se joue de tout

Article publié par la Provence le 31 août 2012

Le Dévoluy particulièrement touché par la prédation au mois d'août. Le 29 juillet 2005, Nelly Olin, la ministre de l'Écologie, venait rencontrer les éleveurs du Dévoluy en compagnie de la députée Henriette Martinez (UMP). Entendant le récit des attaques de loup, elle versait des larmes sincères mais bien inutiles.

Le territoire dévoluard, c'est 1 000 habitants, 25 000 ovins et… des loups. "Nous sommes pris entre deux meutes, celle de Durbon et celle de Rabou-Céüse" [À L'EST]déplore Bernadette Maltese, maire de la petite commune de La Cluse, où une attaque de loups s'est produite samedi 25 août, vers 18heures, sous les yeux du berger (notre édition d'hier).

Patrick Michel, éleveur et président du groupement pastoral local dont le troupeau a été ciblé par 4 loups, se fait le relais du berger, véritablement estomaqué par le comportement de l'un des prédateurs. "Il a d'abord cru voir des sangliers puis, rapidement, il a bien vu que c'était des loups. L'un d'eux est venu vers lui, s'approchant à 50 m à peine. Le berger a crié en direction de l'animal, à l'apparence maigre, qui a stoppé sa course avant de lui lancer à son tour un coup de gueule. Il a pensé qu'il s'agissait d'une louve car les trois autres canidés étaient plus petits ; des louveteaux sans doute qui, eux, attaquaient les brebis. L'un des loups tirait une brebis par une patte." Au bout du compte, trois brebis ont été tuées et une blessée, deux autres ayant disparu et peut-être ayant chuté dans un ravin.

Selon Patrick Michel encore, les gardes de l'ONCFS venus sur place constater la prédation auraient dit au berger : "Au vu de ce que les loups ont consommé, vous devriez être tranquilles une petite semaine." Pas de quoi rassurer l'homme et son troupeau car les grands canidés seront sans doute enclins à revenir puisque leur attaque s'est déroulée sans difficulté et sans danger pour eux.

L'alpage de Lèche qui a été le théâtre de cette 1ère agression de l'année 2012 — alors que deux ont été menées en 2011 sur le même secteur — est à deux heures de marche environ du village. Si Patrick Michel dispose de patous, des chiens de défense, à proximité de sa bergerie où il garde 160 brebis, il n'y en a pas sur l'alpage de Lèche. "Là-haut, il n'y a que le parc de nuit ; les autres éleveurs du groupement ne sont pas favorables au patou" précise-t-il.

Une veille de jour comme de nuit

Dans le Dévoluy qui ne compte que quatre communes, trois d'entre elles bénéficient depuis le 24 août d'une autorisation de tir de prélèvement, autrement dit un loup peut être tué d'ici le 26 septembre. La Cluse n'est pas concernée pour l'instant. Patrick Michel, également chasseur, a bénéficié d'une formation rapide mercredi soir pour être agréé et, ainsi, pour participer au tir. "Nous débuterons par un tir d'affût et si quelqu'un voit un loup, alors, une battue pourra être organisée."

Simultanément les éleveurs du groupement pastoral se relaient auprès du berger pour l'assister dans sa tâche car il ne peut, seul, veiller jour et nuit dans l'attente d'une nouvelle incursion du canis lupus. Ce même 25 août, le prédateur a attaqué à l'autre bout du Dévoluy, à Saint-Disdier, et a réitéré mardi 28. La faim semble donc faire sortir les loups du bois…

Maurice FORTOUL