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une louve abattue dans le massif des Monges

Alpes : une louve abattue dans le massif des Monges

Article publié par La Provence le 9 septembre 2012

Le loup qui terrorisait les troupeaux et désespérait les éleveurs dans le Massif des Monges, au nord-est des Alpes-de-Haute-Provence, était une louve. Un animal de 25 kg "prélevé" selon la terminologie administrative, "abattu" dans le vocabulaire écologiste, vendredi en début de soirée par l'une des équipes de traque requise par le préfet pour mettre fin à la pression exercée par le prédateur, dans ce secteur, depuis le début de l'été. Cette femelle adulte dont l'âge n'a pas encore été déterminé avec précision, a été tuée au lieudit "La Roche", près du hameau d'Esparron-la-Bâtie, sur la commune de Bayons.

Depuis le 1er septembre, une dizaine de postes d'affût avait été mis en place dans ce secteur suite à l'arrêté préfectoral du 29 août confiant aux agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), aux lieutenants de louveterie et aux chasseurs habilités, la charge d'éliminer le loup qui sévissait dans le périmètre formé par les communes d'Authon au sud, Bayons à l'ouest, Auzet et Barles à l'est. Vendredi, sous l'autorité du chef de l'ONCFS 04, les équipes se sont mises en place vers 18h30. À 19h15, l'un des postes signalait la présence d'un animal non identifié.

Quarante minutes d'observation

L'observation se poursuivit jusqu'à 19h55, heure à laquelle l'intrus fut formellement identifié comme étant "canis lupus" et aussitôt abattu. La dépouille de la louve qui a bien sûr été récupérée, a été évacuée vers le laboratoire vétérinaire départemental des Hautes-Alpes, à Gap, pour examen et analyses. Les prélèvements d'ADN diront, peut-être, s'il s'agit bien de l'animal auteur des dommages commis dans les troupeaux des Monges malgré les mesures de protection et d'éloignement qui avaient été prises.

C'est en effet pour ces motifs que le préfet Michel Papaud avait pris cet arrêté. Vingt attaques avaient entraîné dans ce secteur la mort ou la blessure de 142 brebis, soit le double de victimes par rapport à l'été 2011.

"Ferus", l'association de protection des grands prédateurs et partie prenante du Comité Loup avait bien évidemment protesté contre cet arrêté qu'elle jugeait "scandaleux et totalement irrationnel" et, bien sûr, "contraire à la directive européenne Habitat et à la Convention de Berne qui protègent strictement le loup."

Conforme au protocole

Pour la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, en revanche, l'autorisation de prélèvement était nécessaire "en raison de la persistance de la prédation et a été déclenchée dans le strict respect du "Protocole loup" en vigueur. "Ces tirs ne nuisent pas au maintien du loup dans un état de conservation favorable dans son aire de répartition naturelle", affirment encore les services préfectoraux.

Ce tir abouti clôt automatiquement la campagne d'un mois lancée le 29 août et qui devait se poursuivre jusqu'au 28 septembre. Néanmoins, deux autres tirs de prélèvement sont actuellement autorisés : l'un par le préfet du Var dans le secteur de Canjuers ; l'autre par le préfet des Hautes-Alpes dans le Dévoluy.

François de BOUCHONY