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Mende Les éleveurs du Méjean impatients face au loup

Mende Les éleveurs du Méjean impatients face au loup

Article publié par le Midi Libre le 12 septembre 2012
Les éleveurs du causse Méjean se constituent en collectif, pour lutter contre le loup.

Lundi soir, Philippe Vignes a pris un nouvel arrêté préfectoral, "ordonnant une mission particulière de tirs de défense en vue de la protection des troupeaux contre la prédation du loup". Le préfet étend ainsi le précédent arrêté à six nouvelles exploitations "concernées" par des attaques "pour lesquelles la responsabilité du loup n'a pu être écartée". Il autorise des tirs de défense, jusqu'au 20 septembre prochain, "sur les communes de Vebron, Montbrun et Mas-Saint-Chély, et hors zone du Parc national des Cévennes".

Mais pour faire face au grand prédateur qui semble s'installer en Lozère, ces mesures s'avèrent d'ores et déjà "obsolètes", selon des éleveurs du causse Méjean.

Ces derniers ont recensé le nombre d'attaques de ce grand canidé, perpétrées depuis le 6 mai : "En quatre mois et demi, 36 attaques, 14 exploitations touchées, 22 brebis mortes, 90 blessées, quatre chevaux blessés, dont un poulain mort de ses blessures." Autant de dégâts imputables à certainement "deux loups, selon des témoignages visuels fiables", indique André Baret, le maire de Hures-la-Parade.

Les éleveurs de brebis du causse Méjean ont donc vécu un été harassant. "Cela fait quatre mois et demi que l'on milite pour des tirs de défense, détaille Bruno Commandré. La semaine dernière, le préfet a pris un arrêté, mais qui est pour nous une vraie déception. Sous la pression, il en a pris un nouveau, lundi soir. Mais il n'a toujours pas pris les vraies mesures, à savoir que les agriculteurs puissent se défendre. Et pourquoi pas en zone cœur du Parc ? Nous avons l'impression que le préfet et l'administration sont vraiment frileux. Mais si l'on veut conserver l'agropastoralisme, il faut tuer le loup. Nous voulons le tir d'élimination, et en zone cœur." Ils demandent aussi "le tir possible pour les agents et les éleveurs, l'utilisation d'armes à canon rayé".

Impatients de voir disparaître le loup de leur territoire, ces éleveurs du causse Méjean ont donc décidé "de déposer en préfecture les statuts d'un collectif, afin de pouvoir continuer à peser de manière efficiente sur le dossier", annonce Bruno Commandré.

"Le logo de l'association sera une brebis, poursuit André Baret. Cela nous paraît symbolique." Comme l'est le lieu de présentation de ce collectif, la salle des fêtes de Mas-de-Val, propriété des éleveurs du causse Méjean. Car ils entendent bien se "fédérer", et faire entendre leur impatience auprès de l'administration. Tous le répètent en effet : "Le loup n'a pas sa place sur le causse."

THIERRY LEVESQUE