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Vosges - Loup : le permis de tuer est délivré

Vosges - Loup : le permis de tuer est délivré

La préfecture des Vosges autorise le tir de défense autour d'un élevage à La Bresse. Une lutte s'annonce entre éleveurs, soucieux de protéger leurs bêtes, et écologistes, désireux de préserver cette espèce protégée.
Il la réclamait depuis un moment. Jean-Yves Poirot a fini par avoir gain de cause. L'éleveur de La Bresse, qui paye depuis 2011 un lourd tribut face aux attaques à répétition du loup, va désormais avoir le droit de tuer l'espèce protégée. Une autorisation plus qu'officielle puisqu'elle émane de Marcelle Pierrot, préfet des Vosges.

Cette dernière a publié, hier, un arrêté préfectoral allant dans ce sens. L'autorisation est en revanche assortie de règles particulièrement restrictives.

Elle est d'abord limitée dans le temps et prend fin le 15 novembre. Elle n'est ensuite donnée qu'à un seul homme, Jean-Yves Poirot. « Il pourra également demander que ces tirs soient réalisés par un lieutenant de louveterie dans le cadre d'une mission particulière ordonnée par le préfet », précise la préfecture. Le tir ne peut enfin avoir lieu que dans un périmètre restreint, à savoir à proximité des parcelles exploitées par l'éleveur sur le territoire des communes de La Bresse et Cornimont. Jusque-là, seuls les tirs d'effarouchement (c'est-à-dire en l'air) avaient été autorisés, à deux reprises sur le massif. Les tirs de défense constituent une étape décisive dans la lutte que se mènent éleveurs, – soucieux de préserver leur système économique – et écologistes désireux de préserver cette espèce protégée. Réapparue en France en 1992, cette population est aujourd'hui estimée à 200 ou 250. Il s'agit d'une mesure qui intervient à l'issue d'un processus extrêmement encadré. Elle ne peut intervenir que dans une ZPP (Zone de présence permanente), périmètre où la présence du loup a été attestée pendant deux hivers consécutifs. Et qu'après avoir constaté que des mesures de protection ont été prises et qu'elles s'avèrent inefficaces.

Equipé de clôtures électriques, d'un chien patou ou de cerbères, ces machines diffusant la radio et émettant des flashes, Jean-Yves Poirot dispose de tout l'arsenal anti-loup. En vain. L'éleveur a encore fait l'objet de deux attaques la semaine dernière, même si elles ont eu lieu sur une parcelle non protégée. Au total, il revendique « 28 attaques en 2011 et 16 cette année, pour une cinquantaine de bêtes tuées ».

Quand on connaît sa détermination, on sait que l'homme ne fera guère de cadeau à l'animal.

Les écolos « attristés »

Si ces tirs s'avéraient infructueux et que les attaques se poursuivaient, la préfecture pourrait donc par la suite actionner un dernier levier, les tirs de prélèvements.

Ces derniers permettent de tuer l'animal, sans condition restrictive. Le gouvernement a en effet autorisé onze prélèvements cette année et le quota n'a pas encore été atteint.

La décision fait bondir les associations de défense du loup. « Cette décision nous attriste et on la trouve dommageable », regrette Anthony Kohler, animateur du réseau Ferus en Lorraine : « On sait qu'il y a sur le massif un mâle et une femelle. C'est une population très fragile, qui se constitue, et on l'empêche de s'installer. Alors même que l'espèce est protégée par la convention de Berne et qu'elle est considérée comme prioritaire au niveau européen. Il est dommage que les politiques locales ne prennent pas en compte le facteur écologique. Nous sommes sur un front de colonisation. » Une réaction à chaud, avant que l'association ne s'organise pour préparer la riposte...

Philippe MARQUE