French Dutch English German Italian Russian Spanish

Revue de presse

Accueil Revue de presse La ministre Delphine Batho "sensible à la détresse des éleveurs"

La ministre Delphine Batho "sensible à la détresse des éleveurs"

La ministre Delphine Batho "sensible à la détresse des éleveurs"

Article publié par le Dauphiné Libéré le 17 octobre 2012

Selon la ministre, les attaques du loup sont en hausse : "Si l'on se réfère aux attaques indemnisées, elles sont passées de 3 188 en 2004 à 4 913 en 2011 et elles ont encore augmenté cet été".

Quel constat faites-vous du plan loup qui s'achève ?

- D'abord je suis sensible à la détresse des éleveurs dont les troupeaux subissent des attaques répétées. En même temps la France a des objectifs de préservation de la biodiversité et des engagements internationaux qu'elle doit respecter, c'est mon devoir d'y veiller.

À cet égard, un toilettage de la Convention de Berne ou de la directive Habitats est-il envisageable ?

-Non.

Comment abordez-vous ce prochain plan loup ?

- L'enjeu décisif est de soutenir l'agro-pastoralisme pour avoir une montagne vivante, c'est aussi une condition du développement durable. C'est la raison pour laquelle je travaille main dans la main avec le ministère de l'Agriculture, ce qui n'a pas toujours été le cas par le passé. L'objectif est d'aller vers une gestion différenciée et adaptée des mesures face à la présence du loup.

Un plan loup à la carte ?

- Pour être efficace, il faut tenir compte de situations très différentes selon les territoires. Dans certains cas les tirs d'effarouchement sont efficaces et ailleurs les dispositifs de protection ne permettent pas d'éviter les attaques. Il faut que le plan loup s'adapte à ces contrastes.

Quel est l'état des lieux. Les attaques sont-elles en hausse ?

- Oui. Si l'on se réfère aux attaques indemnisées, elles sont passées de 3 188 en 2004 à 4 913 en 2011 et elles ont encore augmenté cet été.

Et la répartition géographique ?

- Dans 12 départements, il y a une présence permanente du loup et 22 où sa présence est régulière ou occasionnelle.

Par rapport au plan actuel, que retiendrez-vous dans le prochain ?

- Ma doctrine est simple : les outils qui ont bien fonctionné doivent être conservés, ceux qui n'ont pas atteint leurs résultats doivent être adaptés. L'évolution significative de la présence du loup nous amène à entrer dans une nouvelle phase de gestion et de régulation, tout en respectant la protection de l'espèce.

À ce propos, que répondez-vous aux éleveurs qui réclament le droit à la légitime défense lorsque leurs troupeaux sont attaqués ?

- Il existe déjà des tirs de défense et d'effarouchement et la conclusion des rapports des services de l'État, notamment en Rhône-Alpes, est qu'ils ont un impact sur la réduction du nombre d'attaques.

Certains éleveurs se plaignent des lenteurs administratives tant dans la mise en place des mesures de protection des troupeaux que dans les indemnisations parfois jugées trop faibles...

- Je suis attentive à toutes les remarques, mais ce qui importe c'est de réduire le nombre d'attaques. La réparation financière n'efface pas ce que les éleveurs subissent par rapport au sens de leur travail et de leurs efforts.

Interview : Georges BOURQUARD